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Grèves et mouvements sociaux en Grèce

01/21/2009

(source: OCL 21/01/09)

Les employés de la compagnie de traitement de l’eau de Thessalonique sont en grève et occupent leur immeuble (malgré la terreur que leur imposent leurs employeurs), afin d’être sûr qu’il n’y aura pas de problème avec l’approvisionnement en eau. Ils s’opposent à la privatisation de la société, la corruption interne et demandent plus d’embauche.

Le grand axe routier entre Athènes et Thessalonique (500 kms) semble particulièrement prisé des constestataires sociaux : Ce sont les travailleurs du textile (« Textile-Unis ») qui en ont d’abord fait le blocus en fin de semaine dernière. Les employés de 14 sites sont au chômage technique depuis avril et attendent que des solutions financières soient trouvées pour redémarrer. Ils menace de débarquer à Athènes.

Et puis, lundi dernier, ce sont des agriculteurs qui ont barré la route et se sont rassemblés dans le centre de la plaine de Thessalie (autour de Larissa, situé entre Athènes et Thessalonique). Ils protestent contre la baisse du prix du coton, du blé, du maïs et du lait. Ils veulent que soient fixés des prix planchers et que le prix des carburants et des pièces détachées pour le matériel agricole soit soumis à un stricte contrôle. Ce mouvement d’agriculteurs tend à se généraliser à tout le pays. En particulier en Crète où différents rassemblements se sont produit, surtout sur l’axe La Canée, Réthymon, Héraklion, avec comme objectif de couper la Crète en deux. Les revendications touchent les produits locaux : huile, légumes, agrumes, viticulture, élevage, apiculture, bref tout ce qui touche le fameux “régime crétois”. Il faut dire que la commercialisation de ces produits est entre les mains de cartels mafieux et spéculatifs qui poussent à faire disparaître les plus petits agriculteurs en vue de constituer de plus grosses unités de production (en Crète le processus n’est, heureusement, pas encore achevé), ce qui a comme conséquence l’exil sur le continent, pour certains qui iront grossir les banlieues athéniennes et travailler à vendre des tickets d’entrée au Parthénon. Les Crétois veulent rester sur l’île ( sans doute encore des « nationalistes » qui ne comprennent pas le charme de l’universalisme et de l’expansion du capitalisme qui veut en faire des prolétaires n’ayant que leur classe et le genre humain comme patrie !). Hier , mardi, le mouvement s’est encore étendu : un aéroport a été bloqué en Crète, alors que le gouvernement appelait les agriculteurs à « éviter l’extrémisme ». Les blocages de routes se produisent dans tout le pays.

Enfin, dans le secteur de la santé, un mouvement se dessine contre l’utilisation du secteur public, en l’occurrence les ambulanciers, par le secteur privé. Des arrêts de travail se sont produits à plusieurs reprises.

La manifestation de Larissa samedi dernier

Jeudi dernier nous vous annoncions qu’une manifestation nationale était projetée par le mouvement, en particulier par les groupes anarchistes, à Larissa, dans le centre du pays pour la solidarité envers les personnes emprisonnées et accusées en vertu de la législation antiterroriste.

Cette manifestation a eu lieu samedi et fut un réel succès : regroupé plusieurs milliers de manifestant dont plus de 2000 anarchistes à partir de 15 h. Auparavant, cars, trains et voitures affluaient de toutes les villes du pays pour constituer la plus grosse manifestation que Patras ait connu depuis longtemps.

Slogans, diffusions de tracts, graffitis, les gens ont vu quelque chose de fort différent de ce qu’annonçait la police à savoir une probable destruction de la ville par les anarchistes. Ces derniers, séparés du reste de la manif d’environ 100 mètres n’ont détruit que les guichets et banque et les caméras de surveillance. Un groupe s’en est pris à un supermarché, pour s’emparer de produits qui pont été distribués aux paysans présents ce jour-là en ville pour vendre leurs production.

Finalement les deux cortèges, malgré la volonté des leaders de gauche, se sont rejoints. En fin de manif des fascistes protégés par la police ont tenté d’attaquer la queue du cortège. Ils ont ensuite voulu pénétrer dans la faculté de médecine occupée.

Liens:: http://oclibertaire.free.fr/spip.php?breve69
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  1. 02/03/2009 9:12

    Les paysans Crétois font monter la tension

    Aux 1500 agriculteurs débarquant de Crète Dimanche et lundi est venu s’en ajouter un second groupe de 100 à 200, ce matin, pour renforcer leurs camarades.
    Outre les revendications d’abaissement de la TVA, primes attribuées par dixième d’hectare pour favoriser la petite agriculture, contrôle sur les restructurations des terres et des cultures, la question de fond est la volonté farouche de pouvoir vivre en Crète et de ne pas avoir à grossir les rangs des précaires à Athènes, tout en conservant leur mode de vie. Mais dans l’immédiat, il s’agit d’obtenir le droit d’aller jusque dans le centre d’Athènes porter ces revendications. Le motif invoqué du refus est que les tracteurs n’ont pas la licence leur permettant de circuler en dehors de leur zone de travail.
    L’arrivée des renforts de 200 autres Crétois a une nouvelle fois transformé le port en une zone de bataille rangée avec la police, si bien que l’on parle maintenant de « bataille de Crète » pour le port du Pirée. Une délégation représentant les 2000 agricuteurs présents a rencontré une délégation du ministère en « terrin neutre », sur un bateau, le « Kriti I ». Les propositions n’ont été ni acceptées ni rejetées, la discussion se poursuit. Le gouvernement tente de mettre en garde les agriculteurs contre d’éventuelles « infiltrations » de leur mouvement.

    Vous remarquerez la couleur des drapeaux sur les photos, l’effigie du Che, il doit s’agir d’étudiants et de jeunes marginaux qui se sont emparés des tracteurs ! Et qui ont poussé le vice jusqu’à se déguiser en Crétois ! Nous disions il y a u peu plus d’un mois que l’avenir du mouvement se trouvait, en autre, dans l’élargissement au secteur primaire. Nous y voilà. Mais pas de cri inutiles de victoire… Ce n’est pas une insurrection, juste la preuve que la société grecque est profondément marquée par ces deux mois de lutte, bien au-delà des couches en furent les fers de lance.

    Les socialistes du PASOK jouent leur partition en réclamant le retrait des forces de l’ordre et la démission du ministre de l’Intérieur. Papandreou en personne est venu serrer quelques mains calleuses dans le port du Pirée.

    Les incidents avec les forces de l’ordre se mutiplie également en Crète même. Des grèves de solidarité commencent à se produire : taxis, points de vente des carburants, les banques et les services municipaux sont souvent bloqués par des manifestants.

    Du coup, l’attentat de cette nuit (voir nouvelle précédente) passe au second plan.

    Plus d’infos et photo sur [->http://oclibertaire.free.fr

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