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Madagascar: Les syndicats réclament 25% de hausse

01/25/2009

(source : AllAfrica 23/01/09)

Le taux de l’ajustement des salaires fixé à 10% par l’État est loin de satisfaire les syndicats. Certains estiment qu’une hausse de 25% est un minimum face au coût de la vie. D’autres suggèrent la révision de la valeur du point d’indice. Selon une source patronale, c’est la fourchette de hausse de salaire revendiquée par les syndicalistes pour 2009. L’information a été confirmée hier par un responsable syndical. Mais les discussions n’en sont qu’au stade préliminaire.

Plusieurs rencontres sont encore programmées entre les deux parties avant d’aboutir à un consensus. Mais déjà les syndicalistes ont fixé la barre plus haut cette année. Et même si le taux maximum qu’ils réclament a peu de chance d’aboutir, l’augmentation pourrait être plus élevé que celle de l’année dernière.

«Je pense qu’une hausse de 25% est exagérée, ne serait-ce qu’en prévision de l’inflation que cela risque d’entraîner. En tout cas, nous allons consulter tous nos membres concernant leur possibilité respective», s’exprime le président d’un groupement d’entreprises qui participe aux négociations.

Le débat sur le salaire peut prendre une nouvelle dimension cette année. Outre la hausse annuelle, «qui n’est qu’un simple rattrapage par rapport au taux d’inflation» d’après certains syndicalistes, l’idée de formaliser un mécanisme de prime de performance et de productivité est aussi évoquée. C’est un des meilleurs moyens qui favoriseront l’amélioration des revenus des travailleurs.

«La mise en place d’un espace de dialogue global sur les conditions de travail est opportune pour discuter de sujets comme la hausse de l’impôt sur le revenu ou celle du tarif de la Jirama. C’est un moyen de préserver la paix sociale qui reste fragile», déclare Constant Raveloson, président de la Conférence des travailleurs malgaches (CTM).

Pour le secteur privé, la négociation salariale est une initiative des patrons et des syndicats qui se tient chaque année à la même période. Le consensus qui en sort, est ensuite proposé au gouvernement pour être rédigé sous forme de loi et répercuté sur le montant du salaire minimum.

L’année dernière, le consensus s’est limité à 10,16%, portant le salaire minimum d’embauche de 63 000 à 70 000 ariary. Côté patronal, le Groupement des entreprises de Madagascar et l’Union des entreprises malgaches sont les principaux chefs de file dans les négociations. Les salariés, quant à eux, sont représentés par des syndicats tels que la CTM, le Tolon’ny Mpiasa et le Fisemare.

Les syndicalistes reprennent une revendication qui date de plusieurs années. Il s’agit d’ajuster le salaire minimum actuel à l’équivalent des 50 000 ariary exigés en l’an 2000. Ce montant correspondrait au budget nécessaire pour qu’un ménage puisse vivre décemment. Aujourd’hui, les syndicalistes sont partagés concernant cette valeur équivalente par rapport au coût actuel de la vie. Certaines organisations parlent de 450 000 ariary, d’autres la rabaissent à 350 000 ariary. Par rapport à ces montants, les augmentations annuelles ne sont que de simples réajustements, indispensables pour essayer d’absorber le taux d’inflation.

 

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