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Accalmie en Guadeloupe, où les négociations reprennent

02/20/2009

(source : AFP 20/02/09)

La Guadeloupe, entrée vendredi dans un deuxième mois de blocage par la grève, a connu une nette accalmie sur le plan des violences et s’apprêtait à débattre de nouvelles propositions de l’exécutif.
La nuit de jeudi à vendredi s’est avérée “globalement beaucoup plus calme que les précédentes”, a indiqué à l’AFP la préfecture de l’île.
“Il n’y a eu aucun magasin pillé ou incendié”, et les pompiers sont intervenus 17 fois, contre 40 la nuit précédente.
Les forces de l’ordre ont procédé à trois interpellations, dont “la plus notable” a été effectuée à Gosier après “des tirs sur les forces de l’ordre”, a-t-on précisé de même source. Quelque 39 interpellations avaient été effectuées dans la nuit de mercredi à jeudi, qui avait été la troisième à être marquée par des violences.
Nicolas Sarkozy, rompant un silence public qui lui a été beaucoup reproché, a reçu jeudi soir à l’Elysée les élus de l’outre-mer, auxquels il a promis d’agir pour ramener la paix civile.
Le chef de l’Etat, qui doit se rendre en Guadeloupe en avril pour y ouvrir une série de consultations, a aussi annoncé un effort de l’Etat de 580 millions d’euros pour les départements d’outre-mer (DOM), dont une large part consacrée à un effort particulier sur le Revenu de solidarité active (RSA).
C’est par ce biais que le gouvernement entend permettre une hausse de presque 200 euros des plus bas salaires (jusqu’à 1,4 fois le salaire minimum).
Le patronat aurait à accomplir une part de l’effort, sous la forme d’une prime exonérée de charges, d’un montant variable selon les entreprises, et qui serait versée par les employeurs pendant 2 ans.
La mesure concernera en cas d’accord quelque 45.000 Guadeloupéens. C’était la principale demande insatisfaite du LKP.
Le leader du Collectif contre l’exploitation (LKP), Elie Domota, a annoncé quelques heures plus tard la reprise, vendredi à 15H00 (20H00 à Paris), des discussions officiellement interrompues depuis une semaine.
M. Domota s’est toutefois montré extrêmement circonspect, jugeant “particulièrement floues” les propositions faites par Nicolas Sarkozy.
Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo, qui est apparu en retrait ces derniers jours, s’est montré “prudent” vendredi matin quant aux chances de réussite de l’accord.
“Ce n’est pas parce que la solution est sur la table que l’accord est conclu”, a-t-il dit sur Canal+.
Malgré la “bonne volonté” de l’Etat, a-t-il ajouté, “si on n’a pas un accord des syndicats et du patronat, on n’y arrivera pas”, a-t-il déclaré sur Canal+.
“Le point dur, je l’ai dit depuis le début, ça ne m’a pas fait que des amis, c’était le patronat, qui considérait que tous les efforts salariaux qu’il devait faire devait être compensé à 100% par l’Etat”, a poursuivi M. Jégo.
Ce qui a été dit jeudi est “une avancée significative”, bien que subsistent des “interrogations sur la question de l’articulation entre la prime et le RSA”, ont indiqué des sources patronales locales à l’AFP.
Au-delà de la négociation elle-même, Nicolas Sarkozy a pris jeudi soir la dimension sociétale de la grève.
Dans une allocution spéciale sur RFO, il a évoqué l’arrière-plan historique du conflit, qui s’est emparé de territoires marqués par l’esclavage, parlant d’un passé fait d’”injustice” et reconnaissant qu’il restait “beaucoup de chemin pour construire ensemble une République vraiment fraternelle”.

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