La Réunion : La Sucrière de la Réunion licencie
(source : Clicanoo 20/02/09)
Décidé une réorganisation en profondeur avec, à la clé, un plan social sans précédent sur l’île depuis le début de la crise. Il porte sur la suppression d’un peu plus de soixante-dix postes parmi les permanents et les saisonniers. La colère gronde dans l’usine du Gol où les salariés ont débrayé hier matin.
Le plan social annoncé cette semaine par la Sucrière de La Réunion est le premier du genre par son ampleur dans le département depuis le début de la crise économique. Il porte au total sur la suppression d’un peu plus de soixante-dix postes au sein de l’entreprise filiale du groupe Quartier Français. La direction de la SR a annoncé cette semaine la couleur aux représentants du personnel : “La suppression de 60 postes en CDI et le non-renouvellement de 38 postes de saisonniers, 5 postes en CDI seront modifiés avec un passage à temps partiel (…) cette réorganisation prévoit la création de 26 postes en CDI qui seront pourvus par des reclassements internes en priorité”. Soit 74,5 équivalents temps plein qui devraient passer à la trappe dès cette année. “Le plan social porte sur toutes les catégories de salariés de l’entreprise que ce soit les cadres, les agents de maîtrise ou les ouvriers et même un membre du comité de direction”, détaille Bernard Pétin, président de la Sucrière de la Réunion. L’usine du Gol à Saint-Louis devrait être la plus touchée même si les réductions d’effectifs doivent concerner aussi les différents sites de la SR dans le Sud ou de l’Est. L’objectif de l’entreprise est d’économiser ainsi 1,5 million d’euro sur sa masse salariale. C’est évidemment le volet le plus sensible du plan de réorganisation de la SR qui veut cette année “trouver 3,5 millions d’euros d’économie” assure son président. L’entreprise a déjà des solutions “à portée de la main” pour réaliser deux millions d’euros d’économies en réduisant ses dépenses en interne et en développant ses recettes grâce aux sucres spéciaux.
LES DÉPENSES AUGMENTENT, LES RECETTES NON
“Si on veut assurer la pérennité de l’entreprise nous n’avons pas d’autres choix”, souligne Bernard Pétin. Il s’agit de redresser la barre après deux années consécutives qui se sont achevées sur des résultats déficitaires pour près de 5 millions d’euros au total. Les perspectives pour 2009 ne sont pas plus encourageantes. “Une entreprise, sur trois exercices déficitaires ne peut pas assurer sa pérennité”, considère le président de la SR. Cette dégradation de la situation économique de l’entreprise n’est pas le fruit du hasard. La direction pointe du doigt plusieurs explications. “Les volumes produits sont très inférieurs aux volumes attendus”, regrette Bernard Pétin. Il rappelle que dans le cadre de la réforme de l’OCM Sucre, adoptée en juillet 2006, l’objectif de production a été fixé pour La Réunion à un minimum de deux millions de tonnes dont 70 % pour Sucrière de la Réunion à l’horizon 2014. La moyenne décennale stagne toujours à 1,8 million de tonnes de canne. Des performances qui s’expliquent par des raisons conjoncturelles notamment en 2007 entre le volcan et la météo, mais surtout structurelles avec une réduction des surfaces cannières. “Entre 2004 et 2007, elles se sont réduites de 6 % au profit de l’étalement urbain, c’est considérable” note le président de la SR. Pour compléter le tableau, la situation économique de l’entreprise s’est dégradée avec “l’augmentation des coûts” poursuit-il en citant le gasoil, l’acier, les produits chimiques, les charges salariales, sans oublier “le sureffectif de la Sucrière de la Réunion depuis la fermeture de Beaufonds en 1996”. Les dépenses augmentent, les recettes non, c’est “l’effet ciseau”. Il est d’autant plus difficile à éviter quand le prix de vente du sucre et le prix d’achat de la canne aux planteurs sont fixes. Direction et représentants du personnel ont rendez-vous une nouvelle fois lundi prochain. Le dialogue social risque d’être très compliqué si on en juge par la première mobilisation hier des salariés de l’usine du Gol. La première mais certainement pas la dernière
Pierre Leyral
Les chiffres de la SR La Sucrière de la Réunion (SR) est une filiale du groupe Quartier Français qui la contrôle à hauteur de 58 %. La SR traite 70 % des cannes produites à la Réunion. Que ce soit directement à l’usine du Gol qu’elle détient ou par contrat avec Bois Rouge pour les cannes des plateformes SR de l’Est. La Sucrière de la Réunion affiche un chiffre d’affaires annuel d’environ 87 millions d’euros. D’après son président, la SR a été déficitaire de 2,5 M€ en 2007, entre 2,2 et 2,5 M€ pour 2008 et les prévisions concernant 2009 tablent sur un déficit de 2,5 millions d’euros. Les effectifs de l’entreprise sont de 189 CDI et de 290 saisonniers qui travaillent durant les six mois de la campagne sucrière.
La balance cocos menacée Dernière plateforme à accueillir les charrettes boeuf, la balance des Cocos aux portes de la Rivière Saint-Louis est clairement menacée par la réorganisation de la Sucrière de la Réunion. “On va en discuter”, reconnaissait hier le président Bernard Pétin. La fermeture de ce site défendu depuis des années par le monde agricole serait tout un symbole. La fin d’une époque
Les chiffres de la SR La Sucrière de la Réunion (SR) est une filiale du groupe Quartier Français qui la contrôle à hauteur de 58 %. La SR traite 70 % des cannes produites à la Réunion. Que ce soit directement à l’usine du Gol qu’elle détient ou par contrat avec Bois Rouge pour les cannes des plateformes SR de l’Est. La Sucrière de la Réunion affiche un chiffre d’affaires annuel d’environ 87 millions d’euros. D’après son président, la SR a été déficitaire de 2,5 M€ en 2007, entre 2,2 et 2,5 M€ pour 2008 et les prévisions concernant 2009 tablent sur un déficit de 2,5 millions d’euros. Les effectifs de l’entreprise sont de 189 CDI et de 290 saisonniers qui travaillent durant les six mois de la campagne sucrière.
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