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Belgique : DAF Westerlo :: Des profits, mais 1 642 emplois supprimés en un an

02/23/2009

(source : PTB 23/01/09)

« La veille on nous félicitait pour la bonne qualité de notre travail, le lendemain on nous annonçait la suppression de 874 emplois. C’est à n’y rien comprendre » s’indigne un syndicaliste.

Gaston Van Dyck

Ce qui ne plaît pas non plus c’est que la direction l’a annoncé le 16 février via la presse et que les travailleurs qui étaient chez eux l’ont appris avant leurs collègues qui se trouvaient à l’usine. « Quand j’y repense, cela me met en colère », raconte un ouvrier, qui ne parvient toujours pas à digérer le fait que la semaine avant, la direction incitait les ouvriers de l’usine d’essieux à augmenter la cadence.

Les travailleurs sont aussi consternés. « Contre la crise, un simple ouvrier ne peut rien entreprendre », écrivait un journaliste du quotidien De Morgen en reprenant les paroles d’un ouvrier. Lors de la très courte asssemblée du personnel organisée le 17 février, la direction s’est contentée d’écraser tout le monde avec une série de chiffres « du marché » et de présenter sa mesure sous un jour flatteur. En septembre 2008, DAF produisait encore 245 camions par jour, en janvier elle en produisait encore 100 et selon les prévisions plus que 60 en juin, peut-être 120. C’est la raison pour laquelle ils ont « l’intention » de licencier plus de 800 travailleurs. « Mais il est possible qu’on en licencie beaucoup moins, voire pas du tout ». Aad Goudriaan, le directeur, a même ajouté « que par ces temps de crise, il préférait investir dans son produit plutôt que dans les gens ». Aujourd’hui, le chiffre indiqué par la direction sur le formulaire destiné à l’ONEM est précis : 801 ouvriers et 73 employés. Il y a six mois à peine, on annonçait à 700 temporaires et 50 intérimaires que leur contrat ne serait pas renouvelé. Au total, DAF a mis à la rue 1 642 personnes en un an.

Un rendement de 17 %

Une entreprise qui licencie plus de deux tiers de son personnel a vraisemblablement des problèmes d’argent. Or, la société DAF connaît un essor constant depuis février 1993, date à laquelle elle a lancé la production de ses propres essieux – avec 750 travailleurs de moins et 1,3 milliards de francs de subsides octroyés par la Flandre. A l’époque, DAF produisait 40 camions-remorques par jour, l’an passé elle en produisait 245. Au cours des cinq dernières années, 55,5 millions d’euros de bénéfice ont été engrangés. Et ce, grâce à l’Etat qui a octroyé à DAF une réduction de 16 millions d’euros sur ses cotisations sociales « pour maintenir l’emploi ». En 2008, DAF a réalisé en Europe « des chiffres de production et un chiffre d’affaire record ».
Depuis 1996, DAF Trucks est une filiale à part entière de la société américaine Paccar qui, en 2008, a réalisé un bénéfice net de 811 millions d’euros. Le 30 janvier 2009, Mark C. Pigott, PDG de Paccar, a déclaré : « Paccar a réalisé en 2008, à trois exceptions près, le bénéfice net le plus élevé jamais réalisé en 103 ans d’existence et cela fait 70 ans d’affilée que cette société engendre des bénéfices. »

Paccar se targue « d’avoir offert à ses actionnaires ces dix dernières années un rendement moyen de 17,6 pour cent par an ». Concrètement, cela signifie que chaque actionnaire a vu son investissement quintuplé en dix ans. Maintenant que les choses vont un peu moins bien, la direction décide de supprimer plus de 1 642 emplois.

Les syndicats n’acceptent pas les licenciements

Les délégués estiment que la direction de DAF a pris trop vite des mesures drastiques. Leur objectif est de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour restreindre le nombre de licenciements. Ils comptent également sur l’aide des gouvernements flamand et fédéral pour surmonter la crise. Lorsque les banques ont eu des ennuis, nos ministres n’ont pas hésité à sortir les milliards. Mais lorsque chez DAF 1 642 des 2 300 travailleurs risquent de perdre leur emploi, ils regardent sans bouger.

Le PTB exige lui aussi des mesures d’urgence. L’Etat doit intervenir. Il faut d’urgence promulguer une loi qui interdise aux sociétés prospères, comme Paccar, qui réalisent des bénéfices depuis 70 ans et qui distribuent des dividendes, de licencier du personnel. Les entreprises qui marchent bien devraient en cas de chômage économique garantir à leurs travailleurs jusqu’à 90 % de leur salaire au minimum et les dividendes devraient être versés à un fonds pour l’emploi.

 

 

 

 

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