Solidarité avec Amadou Aw, emprisonné depuis 8 mois à la prison de Villepinte suite à la violente tentative d’expulsion qu’il a subie
Compte-rendu du procès du 26 février : 18 mois de prison !!
Nous étions une bonne vingtaine (quatre voitures parties de Beauvais) aux côtés d’Amadou AW ce jeudi 26 février. Notre présence a fait chaud au coeur d’Amadou et a à nouveau montré aux juges qu’il n’était pas isolé.
Les juges ont été attentifs. Les policiers ont frôlé le grotesque : des témoignages visiblement travaillés à l’avance, oralement pour le seul présent et par écrit pour les autres, afin de réaffirmer une version identique et si peu crédible. Amadou était calme et respectueux et, d’un coup, il a attrapé un doigt passé à la portée de sa bouche pour le mordre. De même, jusque 5 policiers n’arrivant pas à maîtriser un homme seul, menotté et entravé !…
Un procureur enfin méprisant et réclamant, pour chaque affaire, des peines maximales. Dans le cas d’Amadou : 5 ans d’emprisonnement et 10 ans d’Interdiction de Territoire Français (ITF). Quelle peine aurait-il réclamée si l’affaire avait été jugée aux assises comme initialement prévu ?
Bonne plaidoirie enfin de l’avocate et défense sincère et digne d’Amadou qui malgré l’obstacle de la langue a parfaitement relaté les faits. Il a beaucoup insisté aussi sur son esprit pacifique : “Jamais de ma vie, je ne m’en suis pris à quiconque, ni évidemment mordu personne. Si j’en suis arrivé là, c’est parce que l’on me maltraitait et que l’on m’étouffait. De suite, je me suite d’ailleurs excusé auprès du policier que j’avais mordu et je m’excuse à nouveau aujourd’hui…”
Le dit policier n’a pas su expliquer “l’énervement” soudain d’Amadou, s’est dit spécialiste des expulsions et donc capable de calmer et rassurer les reconduits, d’agir même “pour leur sécurité” et s’est vanté enfin d’avoir demandé à reprendre dès que possible les mêmes fonctions.
Finalement la 14ème chambre du TG de Bobigny a condamné Amadou à 18 mois de prison.
Ayant d’ores et déjà purgé la moitié de sa peine en préventive, il peut demander immédiatement sa libération. Le parquet peut faire appel cependant. Quant à Amadou, il ne semble pas qu’il ait intérêt à faire appel.
Pas d’Interdiction de Territoire en particulier quoique l’on voie mal un préfet le régulariser avec un casier judiciaire, qui plus est pour violence contre agent.
La justice a donc été bafouée, notre solidarité a cependant été très précieuse et a sans doute évité le pire.
En l’attente, il faut écrire à Amadou qui est donc retourné en prison ; voici son adresse :
Maison d’arrêt de Villepinte
Amadou Samba AW
20 578 – A 2 – FS 111
Avenue Vauban
93422 Villepinte Cédex


