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Un Loup Gris assassin vivant en Belgique bénéficie de la prescription

02/28/2009


Il était prétendument recherché par la justice turque pour complicité dans le meurtre il y a trente ans d’Abdi Ipekçi, rédacteur en chef libéral progressiste du quotidien turc Milliyet.
 
Le célèbre maffieux Yalçin Özbey membre du mouvement fasciste turc des Loups Gris résidant en Belgique de longue date, vient de bénéficier de l’impunité dans le meurtre d’Ipekçi conformément à l’article 104/2 du Code pénal turc qui fixe la prescription maximale à 30 ans[1].
 
Seul Mehmet Ali Agca, celui qui tirera plus tard sur le Pape Jean-Paul II, fut à l’époque arrêté et condamné dans l’affaire de l’assassinat du journaliste.
 
Özbey, quant à lui, échappera à toute poursuite. Grâce à ses liens privilégiés avec les services secrets turcs et américains, le 23 novembre 1979, il parviendra même à organiser l’évasion de son comparse Agca, d’une prison militaire d’Istanbul.
 
Né en 1955 à Malatya, Yalçin Özbey, est devenu dans les années 1970 une figure de proue du mouvement fasciste, semant la terreur contre les forces de gauche[2].
 
Avec les maffieux assassins Abdullah Catli, Oral Celik et Mehmet Ali Agca, il fait partie du Gladio turc, une organisation terroriste d’extrême droite créée par l’OTAN pour lutter contre le communisme.
 
Après l’arrivée au pouvoir de la junte du général Evren en 1980 qui poursuivit le plan d’éradication de la gauche des Loups Gris, Yalçin Özbey et ses sbires ont été chargés par leur mouvement fasciste de commettre des assassinats  à l’étranger. Ils avaient dans leurs poches, des passeports diplomatiques délivrés par le régime militaire turc.
 
En 1981, Özbey participa à l’attentat contre le Pape Jean-Paul II et ce, de l’aveu même de son compagnon d’arme, le tireur, Mehmet Ali Agca.
 
En 1983, Özbey refait surface en Allemagne.
 
Dix ans plus tard, il est arrêté en Allemagne et condamné à quatre ans de prison pour trafic de drogue. Il échappa curieusement à toute procédure d’extradition vers la Turquie.
 
Durant sa détention en Allemagne, deux agents des services secrets turcs (MIT) l’auraient interrogé sur sa participation à l’assassinat du journaliste Ipekçi. En 1999, lorsque les juges de la 4e Cour d’assises d’Istanbul demandent les enregistrements de cet interrogatoire, la Sûreté turque rétorqua que ceux-ci ont été détruits. Mais à l’issue de ce procès intenté contre Oral Celik, ces enregistrements refont curieusement surface.
 
Dès sa sortie de prison en 1997, Özbey s’installe en Belgique.
Les autorités turques demandent son extradition à la Belgique en 1997 et 1999, demandes refusées au motif qu’à l’époque, la législation turque prévoyait la peine de mort.
 
En mars 2006, le malfrat récidive : il est arrêté à Schaerbeek dans un night shop pour « recel d’objets volés ». En fait, Özbey est accusé d’avoir entreposé des marchandises « tombées du camion » dans l’un de ses hangars.[3]
 
C’est l’époque où la soustraction à la justice belge de la militante du DHKP-C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple, marxiste) Fehriye Erdal souleva une tempête d’indignation et de protestations dans les chancelleries.
 
La remise en liberté du fasciste Yalçin Özbey par un juge d’instruction bruxellois, un mois à peine après son arrestation, n’a en revanche suscité aucun émoi, ni à Bruxelles, ni à Ankara.

Une série de questions s’imposent au lecteur averti devant un tel double standard avec :
 
-         d’un côté, une Fehriye Erdal qui vient d’avoir 32 ans et qui a passé près de la moitié de sa vie à fuir des nervis sans scrupules comme Özbey et de l’autre, un Yalçin Özbey qui tuait des opposants politiques sous la protection de forces occultes à une époque où Fehriye n’était encore qu’un bébé.
 
-         d’un côté, une Fehriye Erdal qui est menacée d’extradition vers un Etat impitoyable à l’égard des militants de gauche et de l’autre, un Yalçin Özbey qui bénéficie d’une mansuétude consternante tant de la part des autorités belges que turques.
 
-         d’un côté, une Fehriye Erdal qui est en attente de son quatrième procès dans le cadre de l’affaire de Knokke et qui va être jugée en Belgique pour sa participation présumée à un attentat commis à Istanbul contre l’élite financière turque et de l’autre, un Yalçin Özbey, impuni sur toute la ligne en Belgique et en Turquie, dans d’innombrables affaires de meurtres et de tentatives de meurtre visant l’élite intellectuelle turque et de petites gens qui rêvaient d’une Turquie plus juste.
 
Cherchez l’erreur.
 
Cherchez l’erreur avant que d’autres assassins, comme Muhammed Nuh Kiliç, condamné en Turquie pour sa participation à l’incendie de l’hôtel de Sivas en juillet 1993 dans lequel périrent 37 intellectuels mais vivant actuellement en Allemagne en toute impunité[4], ne bénéficient eux aussi de l’imprescriptible.
 
Cherchez l’erreur avant que le couperet de la justice des puissants ne tombe une nouvelle fois sur des militants honnêtes et courageux qui, comme Fehriye Erdal, sont persécutés, stigmatisés et saignés à blanc à chaque instant de leur existence.
 
 
Bahar Kimyongür
Le 28 février 2009 

 

[1] Source : presse turque, 27 février 2009
[2] Yalçin Özbey participe à une tentative d’assassinat d’Ahmet Kaçmaz, secrétaire général du Parti ouvrier socialiste de Turquie (TSIP) et de Mihri Belli, figure éminente du socialisme turc.
[3] Philippe Boudart, « A-t-il tué un journaliste », La Dernière Heure, 8 avril 2006
[4] En tant que « rôtisseur  d’innocents », il a poussé le vice jusqu’à gérer une rôtisserie (salon kebab) à Mannheim

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  1. Meylan Jean-Pierre lien permanent
    05/02/2009 1:42

    Ali Agça est un leurre destiné à masquer les malversations de la mafia associée à é’extrème droite made in USA et à l’église. Il fait partie de l’extreme droite et manipule l’opinion publique Calvi et les Blackfriars (Grey comme les loups en Ecosse) Ce n’est pas l’URSS mais les services secrets US infiltrès en Roumanie et en Turquie qui manipulent et fabriquent cette histoire. Déjà condamné à mort pour l’assassinat d’un journaliste de gauche en Turquie Ali a la vie sauve (jusqu’à quand) dans cette affaire qui sied bien à ses idées d’extrème droite en accord avec celle de Gladio P2 loups gris and co. Gelli était un SS en Italie pendant la guerre. Allen Dulles via Klaus Barbie futur Muller à Munich au service des USA et la Suisse (Berne) les USa ont recyclé tous ces fascistes si bien adapté à leurs services En Amérique du Sud tous ces nazis ont servi les USA et le Vatican. Amen

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