(source : MidiLibre 20/03/09)
Un premier message fort avait été adressé au gouvernement le 29 janvier. Ce jour-là, près de 10 000 manifestants aveyronnais s’étaient rassemblés au départ du stade Saint-Éloi.Hier après-midi, ils étaient certainement autant, sinon plus (7 300 selon la police, 13 000 selon les organisateurs) au départ de Bourran, pour adresser un nouveau signal en direction de Matignon et l’Élysée. « Le pouvoir ne pourra éternellement jouer la surdité » , a lancé Jean-Albert Bessières (CGT), au nom de l’intersyndicale, après avoir fustigé les « profits exagérés » et « l’attitude des banquiers » , pendant que les suppressions massives d’emplois se multiplient et que nombre d’entreprises sont réduites au chômage partiel. « Cette crise n’est pas la nôtre. Les salariés ne veulent
pas payer la facture. Ceux qui sont là aujourd’hui ne représentent que la partie visible du mécontentement », a poursuivi le leader syndical, tandis que les manifestants continuaient à affluer des quatre coins du département.
Et le secrétaire départemental de la CGT de rappeler, au passage, que « ce mouvement est approuvé par 70 % des Français. » L’imposant cortège s’est alors mis en marche, en direction du centre-ville, grossi, quelques centaines de mètres plus loin par des dizaines de travailleurs sociaux interprofessionnels, qui s’étaient donné rendez-vous dans les couloirs de la Ddass pour exprimer, avec force, leur opposition à la révision de la convention collective 66. Le défilé a lentement remonté l’avenue Victor-Hugo, avant d’effectuer un petit tour de ville, avant une dernière halte place d’Armes. Les huit organisations syndicales ont déjà promis une suite. Elles doivent se revoir dès cet après-midi.