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La revue Forbes et le chômage

03/20/2009

(source : ACN 20/03/09)

Encore plus d’enfants qui meurent de faim, de personnes réduites au chômage ou qui sont expulsées de leur logement, de gens qui ne peuvent pas accéder aux soins ou acheter les médicaments dont ils ont besoin et se voient balayés par la grande vague de la misère, voila les résultats de la crise financière dont nous subissons les conséquences. Mais, bien sûr, tout le monde n’est pas touché. Il y en a d’autres qui accumulent des millions de dollars dans leurs coffres. Dans l’actuelle situation de crise que secoue l’humanité entière et qui fait augmenter le nombre de chômeurs de dizaines de millions, la revue Forbes a de nouveau publié la liste des personnes les plus riches du monde.


Cette année, c’est Bill Gate, le fondateur de Microsoft, qui se tient en tête de liste avec ses 40 milliards de dollars. Il a obligé Carlos Slim, des télécommunications mexicaines, a redescendre jusqu’au troisième rang.
On dirait vraiment que la revue Forbes se moque des centaines de millions de personnes qui souffrent de la faim lorsqu’elle nous expliquent que la liste de milliardaires (en dollars) est passé de 1 125 à seulement 793 en raison des dommages causés par la dépression capitaliste.
Cela pourrait signifier qu’il n’y a plus que 793 personnes dont la fortune personnelle suffirait pour résoudre las problèmes causés par la pauvreté en Afrique, en Asie et en Amérique Latine. Mais ceci est un paradoxe assez ironique, car aucun des personnages de la liste publiée par Forbes n’a l’intention de partager sa fortune avec les autres. C’est d’ailleurs une bonne démonstration du fait que le capitalisme est incapable de donner des réponses satisfaisantes aux problèmes de la grande majorité de la population mondiale.
Le porte-parole de la revue a cyniquement déclaré lors d’une conférence de presse que « la nouvelle, c’est que nous sommes toujours là et qu’il y a encore des milliardaires ».
Cette nouvelle contraste terriblement avec la situation de pénurie qu’endurent par exemple les habitants des favelas brésiliennes, des territoires asséchés du Sahel africain ou de certaines villes asiatiques. Il est paradoxal que les gouvernements des pays développés, pris dans une situation sans issue par leur économie en chute libre, s’efforcent tant pour sauver précisément leurs milliardaires.
La revue Forbes ne montre aucun intérêt pour l’origine de l’argent ou sa légitimité, car il n’a pas hésité à inclure dans la liste le capo de narcotrafiquants Joaquin Guzman Loera.
Dans toute cette histoire, le plus diabolique, c’est que nous continuons de glisser vers l’abîme. Comme nous l’affirme le site web Rebelion, on est en droit de penser que les plans de redressement tracés par les gouvernements sont condamnés à l’échec, car de nombreuses banques grandes ou petites se trouvent dans une situation objective de faillite et le système financier est en train de périr.
Le chômage s’étend. Déjà, 3,6 millions de postes de travail ont été éliminés, la moitié d’eux durant le quatrième trimestre de l’année dernière. Mais les chiffres les plus terribles ont été donnés par l’OIT : on s’attend à 241 millions de chômeurs pour 2009, sans compter les 1,4 milliards de travailleurs pauvres qui, avec moins de deux dollars par jour, continuent à sombrer dans la misère.

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