Exclusif : Michelin, le spectre d’un plan social plane sur Clermont
(source : L’Usine Nouvelle 23/03/09)
(source : L’Usine Nouvelle 23/03/09)
Congés et RTT imposés, chômage partiel, voire arrêt total de la production… Depuis plusieurs mois, les salariés Michelin ont appris à encaisser les mauvaises nouvelles. Le siège social de la manufacture, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), n’est pas épargné. Par deux fois déjà certains ateliers ont du fermer leurs portes.De nouveaux ralentissements sont à prévoir d’avril à juillet dans plusieurs ateliers. « Pour la première fois, tous les services groupe du siège sont tenus de poser leur cinquième semaine de congés entre le 6 et le 17 avril », vient même d’annoncer la direction lors d’un comité d’établissement, vendredi 20 mars.
Les autres sites français ne sont pas épargnés, comme à Roanne (Loire), Saint-Doulchard (Cher) et Joué-Lès-Tours (Indre-et-Loire), mais aussi à l’étranger, notamment en Amérique du nord, en Russie ou encore en Roumanie, où des mesures de chômage partiel ont été prises récemment. « Tous les secteurs sont touchés, notamment le pneu tourisme-camionnette et le pneu poids lourd, confirme la direction. Nous ajustons la production au cas par cas, usine par usine, atelier par atelier. »
Mais chez les « Bibs », l’inquiétude grandit de jour en jour. Les syndicats redoutent maintenant le pire. « Nous venons d’avoir une réunion avec la direction, explique Hervé Carusca, le représentant FO, à Clermont-Ferrand. On nous a demandé de réfléchir à un « accord de méthode », ce qui est l’étape préliminaire avant des licenciements économiques ou un plan social… Nous sommes très inquiets. » De son côté, la direction relativise cette nouvelle et dément pour le moment toute idée de plan social : « Ce n’est pas à l’ordre du jour. Nous comptons sur une relance de l’économie au deuxième semestre, notamment sur le marché du remplacement. »
A Clermont-Ferrand, où travaillent encore quelque 12 000 salariés Michelin, personne n’a oublié le traumatisme des années 1980 avec ses vagues de licenciements et ses restructurations drastiques. A l’époque, on dénombrait deux fois plus de « Bibs ».
Geneviève Colonna d’Istria, à Clermont-Ferrand