“Il y a un vrai problème de dialogue social dans cette entreprise“, déclarait François Chérèque à propos de Caterpillar, lundi matin sur France Inter. Le secrétaire général de la CFDT ne croyait pas si bien dire: en plus des difficultés de dialogue entre patrons et syndicats, il y a maintenant des difficultés de dialogue entre salariés et responsables syndicaux. En effet, alors que leurs délégués avaient signé, dimanche, un protocole de fin de conflit avec la direction européenne du groupe, les salariés de Caterpillar les ont mis en porte-à-faux lundi. Réunis en assemblée générale, ils ont rejeté le protocole, signifiant par là leur désaccord avec des responsable syndicaux censés les représenter. Ce que s’est empressé de relever le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Luc Chatel: “pour qu’il y ait dialogue social, il est nécessaire que les représentants du personnel soient représentatifs“, persiflait-il lundi soir.
“Maintenant, c’est nous qui décidons”
D’après le site internet des Echos, les salariés du constructeur américain d’engins de chantier ne seraient qu’une minorité à désapprouver le protocole: entre 200 et 250 sur les 2 000 que comptent les usines de Grenoble et d’Echirolles (en Isère). Empêchant les délégués syndicaux de présenter le contenu de l’accord, signé au terme d’une journée de négociations mouvementée à Bercy, les protestataires ont fait mentir François Chérèque, qui annonçait lundi matin une possible “sortie de crise“. Car pour être appliqué, l’accord devait être approuvé par un référendum.
Les délégués croyaient pourtant avoir arraché de haute lutte quelques avancées. Caterpillar avait en effet confirmé par écrit la diminution de son plan social dimanche soir: de 733, la direction avait ramené le nombre de suppressions de poste à 600. Mais 600 suppressions de poste, ce n’est pas exactement ce que les ouvriers appellent une avancée… Reprenant les choses en main, ils se sont ensuite rendus à la direction départementale du travail, lundi, pour bloquer les négociations sur le “plan de sauvegarde de l’emploi” qui s’y déroulaient. “Maintenant, c’est nous, les ouvriers, qui décidons“, assénait lundi un ouvrier en colère, “ce ne sont plus les délégués!“.