Les SDF meurent en moyenne à 48 ans
(source : France Soir 22/04/09)
Une étude s’est penché sur l’espérance de vie des gens vivant dans la rue. On y meurt plus jeune, les femmes encore plus.
Les sans-abri, les squatters, ceux qui habitent dans des hôtels ou dans des logements insalubres, ceux qu’on dénomme aussi les « sans chez-soi » vivent en moyenne 32 ans de moins que le reste de la population. Leur espérance de vie est d’en moyenne 48 ans, hommes et femmes confondues, quand celle de la population normale est de 80 ans.
Des âges équivalents à ceux des pays les plus pauvres du monde comme la République du Congo ou le Liberia. Pour les personnes atteintes de pathologies psychiatriques, l’espérance de vie tombe même à 37 ans.
Ces résultats éloquents sont ceux d’une étude menée par Médecins du Monde sur la population des « sans chez soi » de Marseille. Une enquête inédite.
« C’est la première fois qu’en France des chercheurs s’intéressent et analysent de façon structurée l’âge moyen de décès des personnes qui ont un logement insalubre ou qui n’en ont pas », explique Vincent Girard, psychiatre à l’assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) et responsable de mission à Médecins du monde.
Par manque d’hygiène et de suivi médical adéquat, les premières causes de décès sont les pathologies digestives et pulmonaires. Viennent ensuite les suicides dans 15,9 % des décès. Un taux sept fois plus élevé qu’en prison. Pour Vincent Girard, ces résultats ne sont pas étonnants : « Ils correspondent à ce que nous voyons sur le terrain. La seule surprise a été la différence de l’âge moyen de décès entre les hommes et les femmes.»
« Des proies »
Chez les « sans chez-soi », les femmes meurent en effet plus tôt que les hommes. Elle décèdent à 41 ans en moyenne contre 56 ans pour les hommes. Une inversion de la tendance normale qui trouve son explication dans la dureté de la vie dans la rue.
« C’est un monde très violent. Les femmes y sont malmenées, souvent agressées et même violées », poursuit le bénévole de Médecins du monde. Brigitte a vécu un an et demi dans la rue. Elle s’en est sortie et a témoigné de cette expérience dans son livre J’habite en bas de chez vous, atteste de cette violence.
« Dans la rue, les femmes sont des proies. Ce n’est pas étonnant qu’elle décèdent plus tôt. Quand je suis devenue SDF, nous étions trois femmes dans un groupe de dix hommes. Lorsque l’une d’entre nous était agressée, aucune solidarité n’était possible. Au contraire, il fallait se faire oublier, prendre ses distances et rester à l’écart. Même si certains hommes sont gentils, beaucoup ont un mauvais fond, amplifié par l’alcool, les drogues ou les problèmes psychologiques. »
Des âges équivalents à ceux des pays les plus pauvres du monde comme la République du Congo ou le Liberia. Pour les personnes atteintes de pathologies psychiatriques, l’espérance de vie tombe même à 37 ans.
Ces résultats éloquents sont ceux d’une étude menée par Médecins du Monde sur la population des « sans chez soi » de Marseille. Une enquête inédite.
« C’est la première fois qu’en France des chercheurs s’intéressent et analysent de façon structurée l’âge moyen de décès des personnes qui ont un logement insalubre ou qui n’en ont pas », explique Vincent Girard, psychiatre à l’assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) et responsable de mission à Médecins du monde.
Par manque d’hygiène et de suivi médical adéquat, les premières causes de décès sont les pathologies digestives et pulmonaires. Viennent ensuite les suicides dans 15,9 % des décès. Un taux sept fois plus élevé qu’en prison. Pour Vincent Girard, ces résultats ne sont pas étonnants : « Ils correspondent à ce que nous voyons sur le terrain. La seule surprise a été la différence de l’âge moyen de décès entre les hommes et les femmes.»
« C’est un monde très violent. Les femmes y sont malmenées, souvent agressées et même violées », poursuit le bénévole de Médecins du monde. Brigitte a vécu un an et demi dans la rue. Elle s’en est sortie et a témoigné de cette expérience dans son livre J’habite en bas de chez vous, atteste de cette violence.
« Dans la rue, les femmes sont des proies. Ce n’est pas étonnant qu’elle décèdent plus tôt. Quand je suis devenue SDF, nous étions trois femmes dans un groupe de dix hommes. Lorsque l’une d’entre nous était agressée, aucune solidarité n’était possible. Au contraire, il fallait se faire oublier, prendre ses distances et rester à l’écart. Même si certains hommes sont gentils, beaucoup ont un mauvais fond, amplifié par l’alcool, les drogues ou les problèmes psychologiques. »


