FMI/BM: la crise va empêcher des millions de gens de sortir de la misère
(source : 24/04/09)
La Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) ont sonné l’alarme vendredi, relevant que l’objectif des Nations unies de sortir des millions de personnes de la misère devenait intenable du fait de la crise, particulièrement en Afrique.”La perspective d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) d’ici à 2015, qui était déjà sérieusement mise en doute, paraît encore plus éloignée”, écrivent les deux institutions multilatérales en conclusion de leur “Rapport de suivi mondial”.
Ces huit objectifs, sur lesquels la communauté internationale s’était engagée lors d’un sommet de l’ONU à New York en 2000, visent, directement ou indirectement, à réduire massivement la pauvreté dans le monde.
Or, certains des indicateurs mis à jour dans le rapport sont pessimistes.
A un niveau mondial, l’objectif de diminuer de moitié (entre 1990 et 2015) la proportion de ceux qui vivent sous le seuil d’extrême pauvreté (relevé de 1 à 1,25 dollar par jour) et de ceux qui souffrent de la faim était bien parti, mais est beaucoup moins sûr d’être atteint avec la crise.
“Avant l’éclatement de la crise alimentaire en 2007 (avec l’augmentation brusque du prix des matières premières agricoles, ndlr), il y avait environ 850 millions de personnes souffrant de la faim de manière chronique dans le monde en développement. Ce nombre s’est élevé à 960 millions en 2008 et devrait grimper au-delà du milliard en 2009″, selon la Banque mondiale et le FMI.
L’inquiétude est plus forte en Afrique sub-saharienne qu’ailleurs, en particulier pour les trois objectifs qui concernent la santé.
La région en est à un taux de mortalité pour les enfants de moins de cinq ans de 146 pour mille, alors que l’objectif est de 61 pour mille, de 9 morts maternelles sur 1.000 naissances, alors que l’objectif est de 2,3 pour mille, et le combat contre le sida, le paludisme et d’autres maladies avance peu.
“L’Afrique sub-saharienne est en retard sur tous les objectifs” tandis que l’Asie du sud, deuxième région la moins avancée, “est en retard sur la plupart des objectifs de développement”, relèvent les deux institutions.
“Une croissance économique forte dans les pays en développement lors de cette décennie avait mis les objectifs de réduction de la pauvreté à portée, à un niveau mondial, mais le triple choc des crises alimentaire, du pétrole et financière crée de nouveaux risques”, écrivent les auteurs.
Les deux institutions multilatérales estiment que “le monde a besoin d’une réaction forte et coordonnée pour préserver l’engagement des OMD, tout à fait dans l’esprit de la coopération internationale qui les a vu naître”.
(©AFP / 24 avril 2009 15h03)
(©AFP / 24 avril 2009 15h03)


