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Nancy: la présidence de l’université Henri Poincaré évacuée par la police

04/24/2009

(source : VousNousIls AFP 24/04/09)

La présidence de l’Université de Nancy Henri Poincaré, occupée par les étudiants, a été évacuée dans la nuit de jeudi à vendredi par les forces de l’ordre, a indiqué vendredi la préfecture de Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Les locaux de la présidence de l’université étaient occupés depuis jeudi matin par une quarantaine d’étudiants. L’opération d’évacuation “s’est déroulée sans aucun incident”, a ajouté la préfecture dans un communiqué.

Le quotidien L’Est Républicain précise sur son site internet que dans l’académie de Nancy-Metz qui compte 50.000 étudiants, seules les facultés de Lettres et des Sciences et techniques à Nancy ne seront pas en mesure de tenir leur calendrier d’examens du fait des grèves.

Les présidents de ces deux facultés vont travailler à un plan de rattrapage qui doit être proposé pour le 30 avril.

Dans un communiqué publié avant l’évacuation, des étudiants, enseignants et chercheurs de l’université Nancy 1 estimaient que “la gravité des enjeux” imposait “la poursuite du mouvement”.

2 Commentaires laisser un →
  1. 04/24/2009 10:57

    Un autre témoignage :

    J’envoie vraiment à un petit nombre qui, j’estime, doit être au courant, car je réduis de jour en jour les gens sur qui on peut réellement compter … à vous de faire suivre si bon vous semble à qui vous voulez !
    ( S’il y a fautes d’orthographe ou de syntaxte ou quoique ce soit, je m’en excuse mais il est presque 4h du mat’ et la dernière nuit sur le campus sciences était rude alors j’use mes dernières forces ^^ )

    Alors voila les nouvelles, désolée pour l’heure tardive mais j’écris sous le “choc” de la soirée, on ne peut plus frais comme informations.. :

    nous faisions un bon petit sitting pacifiste à la présidence de Nancy I, comme prévu, entre jeux de société ( loup garou et compagnie) , sorties clopes et demi-sommeil, aucun problème, des vigiles que l’on ne dérangeait pas sincèrement sachant qu’aucun bazar n’avait lieu… et tout d’un coup, arrivée de CRS, coups de matraques ici et là notamment pour un des étudiants de sciences ( tête et bras) , bombe lacrymo dans la figure à bout portant notamment pour Raf et Quentin qui ne faisaient que tenir la porte, pauline ( 1m50 ) dégagée avec violence ainsi que Lucie et Moi alors que nous voulions juste ranger les sacs de couchage et le PC. Mis dehors, avec menaces constantes, nos affaires balancées en vrac devant la présidence, il y eu quelques films mais peu nets. ( mais bcp de photos de nous pour les RG …)
    Nous nous sommes mis sur le trottoir d’en face, avenue de Strasbourg, après avoir croisé le secrétaire général qui ne se gêna pas pour nous narguer avec un bon petit sourire de vainqueur, et nous avons donc réfléchit à ce que nous pouvions faire. Ne pas se séparer était le maître mot. Nous nous sommes donc dirigés vers la gare en passant par la rue saint dizier, chantant des slogans et marchant au milieu de la route . Place des vosges , recontre avec 5-6 personnes à la terrasse d’un bar (personnes adultes) nous demandant ce qu’il se passait. Nous étions donc en train de leur expliquer ce qui nous était arrivé quand le car de CRS qui nous suivait se stoppe , descendent alors 3 CRS ,qui viennent et nous demandent nos “intentions pour la suite de la soirée” . Tout simplement aller jusqu’à la Gare en groupe et rentrer chez nous! De nouveau, menaces quant au fait de marcher sur la route et de bloquer la circulation, qui, je le conçois, est très importante à 1h du matin…!
    Plusieurs personnes filment, dont Lola, qui se fait alors agresser par une CRS qui commence à ressortir sa bombe lacrymo et qui dit ensuite à Alex ” viens allez viens et essaye de filmer” , tout simplement parce qu’il avait dit “droit de filmer même si non droit à la publication via net”. ( A quand l’interdiction par notre cher président de filmer sur la voie publique ?!)
    Sentant la tension monter, nous marchons donc plus calmement vers la rue saint jean, et hop, diversion, on tourne dans une petite rue à gauche, innaccessible à la police avec leur car. Après avoir attendu 5 minutes, nous retournons dans la rue saint dizier, on recommence à scander nos slogans et retour de la police, bien sûr, enervée puisqu’on leur avait fait faire tout le tour.
    Arret au carrefour saint dizier- saint jean pour savoir ce qu’on faisait , mais on apercut rapidement que les CRS allaient nous foncer dessus car ils remettaient leur déguisement de carnaval dans leur camion. Nous commencons donc à monter vers la gare et petit à petit, dispersion .
    Nous avons appris que monsieur Finance avait prévu à 20h qu’une descente de CRS devait avoir lieu à minuit 30. Et meme, pardonnez moi du terme, si la “volaille” n’a aucune qualité, on peut admettre qu’elle est sacrément ponctuelle puisqu’à minuit 35 on était tous jetés dehors.
    Alors que faire ? que penser de la façon dont Mr Finance “gère” les étudiants de ses propres universités? Jusqu’où va t-il falloir aller pour se faire enfin entendre et pour obtenir un simple ENTRETIEN ??? que cache donc t-il pour mettre tous ces barrages entre lui et nous ?

    Il faut que ce mail tourne à des gens de confiance, que les gens soient au courant, de la répression, de l’abus de pouvoir et des violences sur des gens pacifistes, de ce qui s’est passé ce soir encore une fois parmi d’autres …
    Nous sommes restés respectueux des lieux et des gens , alors que faut-il faire pour se faire entendre ? dégrader les lieux ? insulter, devenir nous aussi violent ??
    A quoi veut-on nous pousser, quel rôle veut-on nous faire endosser?
    Réfléchissez tous bien à tout cela .
    En cas de questions supplémentaires ou de réponses à ce courrier, je suis entièrement à votre disposition .

    Dernière précision, nous avons été jeté dehors DE FORCE, l’état des locaux ( détritus, canettes, papiers,… ) n’a en aucun cas droit de nous être reprochés … si nous avions voulu dégrader, nous l’aurions fait bien avant et si nous avions eu le temps, nous aurions ranger et serions partis dignement . Excusez de l’expression qui va suivre mais je suis hors de moi tellement j’ai une rage grandissante face à ces méthodes : Mr Finance demande à ses “cleb’s” de CRS de venir nous dégager comme de vulgaires poubelles, et bien, personnellement, je pense que ses “cleb’s” seront tout à fait apte à faire le ménage .

  2. 04/24/2009 10:54

    Voici plus de détails sur ce qui c’est passé à nancy cette nuit, c’est le témoignage d’un étudiant :

    Depuis de nombreuses semaines, les étudiants partout en France s’opposent
    aux réformes de l’université prises à l’encontre de l’intérêt des étudiants.
    Sur Nancy, cette opposition se traduit par l’organisation de la suspensions
    des cours par les étudiants par le cadenassage de portes ou le blocage de
    portes.
    Jeudi matin, en Fac de Sciences, l’administration a imposé aux personnels
    administratifs et techniques de dégager les entrées bloquées par les
    étudiants. En quelques instants, des individus obéissant à des ordres
    irresponsables font rentrer des étudiants dans les bâtiments.
    Les étudiants de la fac de Science décident de se rentrer à la présidence
    de Nancy I afin d’obtenir des explications au président de Nancy I
    Jean-Pierre Finance.
    Jean-Pierre Finance était l’an dernier président de la conférence des
    présidents d’universités et à ce titre un des principal soutien à Valérie
    Pecresse pour l’élaboration de la loi LRU.
    Les étudiants de Nancy I présents à la présidence depuis 10h souhaitaient
    tous ensemble rencontrer le président Finance. Il a été tout d’abord annoncé
    que le président était parti sur la fac de Sciences afin de rencontrer les
    étudiants. Ce qui fut évidemment faux puisque jamais, de 10h à 00h30 il n’en
    est revenu. Et dans le journal d’aujourd’hui, nous apprenons qu’il était en
    fait au rectorat.

    Après l’assemblée générale des étudiants du campus Lettres et Sciences
    Humaines, les étudiants et enseignants ont décidé d’organiser un sitting à
    proximité des locaux de l’université. Les forces de l’ordre présentes n’ont
    fait qu’encourager à la provocation et ont laissé plusieurs voitures forcer
    le passage mettant en danger la vie de près de 200 étudiants. Un étudiant
    s’est fait roulé sur les pieds et moi-même, j’ai été trainé sur le capot
    d’une voiture sur près de 80mètres à 40km/h !
    Pendant cette même action, les CRS n’ont pas hésité à insulter plusieurs
    étudiants de « connards », « enculés », « branleurs de merde ». Les
    étudiants parfaitement calmes ont ignoré toutes provocations.
    Décidés et mobiles, après que les CRS aient bloqués en amont la
    circulation, nous nous rendons vers un autre carrefour en traversant le
    campus. La plupart des usagers bloqués sont très attentifs à nos
    revendications et nous remercient pour la plupart de l’information qu’ils
    n’ont pas forcément.
    Nous recevons par ailleurs des coups de téléphones des étudiants de Nancy I
    qui nous demandent de venir grossir les rangs. Traversant la ville,
    n’hésitant pas à prendre des sens interdits déjà embouteillés et donc sans
    voitures pouvant arriver à grande vitesse, nous nous rendons rue Lionnois
    aux cris d’un « Tous Ensemble ».

    Images de la lutte commune que mènent les étudiants des deux facs en lutte,
    nous occupons désormais la Villa Bergeret dont les salles sont classées aux
    monuments historiques. Après un tour des locaux et une visite dans le calme
    des salons Art Nouveau, nous nous arrêtons dans une grande pièce où un repas
    sympathique a du avoir le midi : des restes de plateaux repas richement
    garnis. J’en profite pour gouter des aliments non-consommés, l’excellent
    pâté et le parfumé taboulet comme premier repas depuis 8h où je suis levé !
    J’ai l’impression d’être en décalage complet avec la réalité dans ce
    bâtiment si prestigieux et devant les restes. J’étais persuadé que les
    universités manquaient de moyens et de fonds culturels… jusqu’à en voir la
    Villa Bergeret !

    Une discussion débute alors dans le hall de la Présidence afin de
    déterminer nos objectifs clairs. Les personnes présentes sont déterminés
    face aux sbires du Président Finance. Un appel est rédigé confirmant notre
    volonté de rester la nuit dans les locaux.

    M’absentant pour des raisons familiales, lorsque je reviens à 23h50, c’est
    dans une ambiance conviviale que je trouve le hall de la présidence : des
    gâteaux, des chocolats, des jeux, des journaux…Toute une vie s’était
    organisée autour de la trentaine de personnes présentes et rien de dangereux
    ou de particulièrement radical ne s’était mis en place. Les fumeurs fument
    dehors. A l’intérieur, des briques de jus de fruits, mais pas une bouteille
    d’alcool (ce qui tombe bien puisque je ne bois que très peu et rarement).
    Des sacs de couchages étaient déjà installés. Dans les escaliers, des chiens
    de gardes se transforment en conservateur de musée n’ayant pu conserver la
    raison du Président qui n’a toujours pas daigné se rendre place

    Vers minuit 30, j’allume mon ordinateur afin de consulter les actualités du
    jour. Mon ordinateur n’a même pas le temps de s’allumer que j’aperçois des
    casques et des matraques.
    En quelques minutes, rentrant par deux portes, les forces de l’ordre nous
    poussent violemment vers la sortie, nous interdisant de prendre nos effets
    personnels hormis nos sacs que certains ont pu prendre très rapidement. Ne
    pouvant refuser de partir, nous sommes évacués. Evacuation probablement pas
    suffisamment rapide, puisque plusieurs étudiants se font gazer. Alors que
    j’approche de la porte, je me fais également asperger de gaz lacrymogène,
    accompagné d’un fort sympathique coup de matraque sur mon coude qui enflera
    assez rapidement.

    Les forces de l’ordre (Police et Gendarmerie Nationale) nous poussent
    jusqu’au bout de la rue Lionnois en nous accompagnant de mots doux
    semblables à ceux de l’après-midi (« connards de gauchistes », « rats de
    merde »). En assaisonnement, nous avons droit à une flambée de flash.
    Probablement pour prouver plus tard, sélections de photos à l’appui que
    l’évacuation s’est déroulée « sans incident, devant témoins ».

    Pourquoi ? Pourquoi Jean-Pierre Finance a-t-il ordonné cette opération ?
    Est-ce par un besoin de démonstration viriliste ? Rien n’a été dégradé, rien
    n’a été abimé, aucun personnel n’a été ne serait-ce menacé. En aucun cas la
    sécurité des biens et des personnes n’a été remise en cause.
    Cette évacuation ne témoigne que d’une seule chose : la volonté délibérée
    de refuser toute forme de dialogue. Alors que les étudiants font entendre
    leur opposition, la seule réponse constructive de Finance est la matraque !
    Après avoir faits des examens la carotte, il nous impose le bâton.

    Je devais, aujourd’hui vendredi me rendre au travail, dans un lycée où je
    travaille en tant qu’assistant d’éducation. Pour moi, c’est une journée de
    salaire en moins car à 6h30 en me réveillant j’étais dans l’incapacité de
    réaliser un mouvement avec mon bras droit, où j’ai reçu un coup de matraque.
    Après une consultation chez le médecin, c’est au titre de contusion au coude
    que j’ai un arrêt de travail.

    Je suis là, dans l’incompréhension la plus totale. Comment des présidents
    d’université qui viennent de voir leurs pouvoirs augmentés peuvent-ils
    réellement choisir la force, qu’est-ce que cela augure pour demain ?

    Je garderais de la journée du 23 avril un souvenir pourri et enfumé des
    pires relents de notre Histoire.

    Le Président Finance et la Ministre Valérie Pecresse sont responsables
    (entre autres) de ce conflit qui dure depuis trop longtemps. Ils ne peuvent
    qu’être coupables de l’enlisement du conflit et de la volonté de radicalité
    qui s’exprime malheureusement.

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