Contre la loi CESEDA, politique de volontaires à distance de l’Etat
Contre la loi CESEDA, loi de malheur, il faut une politique organisée, une politique de volontaires à distance de l’Etat.
La grande faiblesse politique,aujourd’hui, c’est d’accepter que ce soit l’Etat qui vous dise qui vous êtes et ce que vous pouvez faire ou pas. Regardez dans quel état de faiblesse politique la CGT a mis ceux qui ont renoncé à tenir sur la puissance politique du mot « ouvrier ». Il n’y a pas de place pour l’ouvrier et la reconnaissance de sa vie et de son travail en France dans toutes les grèves et les occupations organisées par la CGT. En réalité, la CGT se contente d’organiser un sinistre marchandage avec l’Etat dans le cadre de la loi CESEDA fixé par l’Etat. Or, la loi CESEDA, il faut le rappeler et continuer à l’expliquer à chacun, a installé l’absence de droits pour les personnes étrangères ici en France. Plus rien (ni 7 ans, ni 10 ans de présence, ni même
la promesse d’embauche qui se transforme 9 fois sur 10 en piège) ne dit quand et comment on peut gagner ses papiers quand on vit en France.
En réalité, cette loi organise le non-droit des gens ; elle sert à les ficher et à organiser le maximum d’expulsions. C’est pour cela que marchander des papiers dans ce cadre, pour faire croire à une possibilité de régularisation, ce n’est pas aidé les sans papiers, c’est consolider en toutes connaissances de cause, la loi CESEDA — à laquelle Thibaut, le patron de la CGT, s’est d’ailleurs engagé à ne pas toucher. Avec ces grèves, la CGT est entrée dans une politique de collaboration avec l’Etat. Nous appelons cette politique le « Sarko-cégétisme » et nous pensons qu’il faut la combattre.
Certains disent « Tant pis je tente ma chance, car moi, j’ai trop besoin des papiers » : c’est la logique de l’intérêt particulier contre celle du pour tous.
Mais les conséquences de ce choix ne sont pas seulement pour celui qui le fait et qui risque de perdre le travail en demandant la promesse d’embauche au patron ou en étant dénoncé ou arrêté à la Préfecture. Il faut bien voir que ce marchandage avec l’Etat a pour contenu :
« On vous donnera quelques papiers, mais vous paierez chacun de ces papiers en acceptant que la loi ne donne aucun droit à des papiers, ne fonde aucun principe réel de régularisation. Vous le paierez par le fait que, chaque jour, vos amis et vos frères seront arrêtés et expulsés ; que chaque jour on refusera à vos femmes et à vos familles de venir vous rejoindre et vivre ici avec vous ». Politique du désastre pour tous.
Le solde de cette affaire, c’est : un grand nombre d’arrestations et d’expulsions qui ont servi les quotas d’Hortefeux, et qui serviront demain les quotas de Besson, comme l’a montré la récente rafle organisée à Calais contre les réfugiés Afghans, à la veille de la visite du nouveau Ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale sur place. Le résultat c’est aussi la précarité des quelques papiers obtenus « pour le travail » : souvent, ces papiers de 3 mois ne donnent même pas l’autorisation de travailler et ils ne permettent pas non plus à ceux qui sont partis voir la famille au pays de revenir en France.
Le solde de cette affaire, c’est aussi le découragement de ceux qui se retrouvent politiquement défaits, avec l’idée que « sans les papiers, on ne peut rien faire ».
Nous savons tous ce qui se passe, il faut le regarder en face, on doit assumer. Dans la situation de la France, aujourd’hui, on est obligés de faire de la politique Il y a une chose à faire avant les papiers : il faut s’organiser. Il y a une chose à faire avant son propre intérêt : il faut s’organiser.
C’est l’organisation qui pourra venir à bout du CESEDA et de la politique du gouvernement. Et non pas seulement l’abrogation de l’article qui condamne ceux qui aident les sans papiers. Bien sûr, cet article est scélérat, mais à quoi servirait son retrait, si on ne gagne pas d’abord l’abrogation du CESEDA et des droits pour ceux que cette loi persécute et auprès de qui les gens se portent pour les aider ?
Simplement à permettre aux associations et aux partis de gauche de s’enorgueillir d’une fausse victoire. C’est l’organisation qui peut gagner une nouvelle loi qui reconnaisse les gens pour ce qu’ils sont ici (ouvriers, écoliers, étudiants, malades, réfugiés, familles, etc..) et leur donne des papiers et des droits sur cette base.
La politique organisée telle que nous la concevons se fait à partir de nos principes et de nos idées. Et notre principe, c’est de compter tout le monde. Chacun dit ce qu’il pense, et on garde ce qui est bon pour tous. La politique de vérité permet de conclure : l’Etat n’est pas du côté des gens, l’Etat n’est pas pour tout le monde, l’Etat est pour quelques-uns. L’Etat se présente aujourd’hui comme un Etat « français », un Etat qui serait celui des « bons, ou des vrais, Français ».
C’est un Etat qui sépare français et étrangers, il travaille à la séparation, à la division entre les gens d’un même pays. Il peut corrompre les partis, les associations, les syndicats. Il fait propagande sur le mot « français » pour légitimer qu’il a cessé d’être au service de l’intérêt général. Il est en guerre déclarée contre les étrangers. Et lois après lois, il est aussi en guerre contre les jeunes, contre les habitants des foyers et des banlieues, contre les chômeurs, contre les malades, contre les retraités, contre les pauvres. Il détruit l’ensemble des droits issus du travail. Il détruit l’école pour tous, les hôpitaux pour tous.
La politique de guerre à l’intérieur fait partie d’un état de guerre extérieur : engagement dans la guerre d’invasion et d’occupation de l’Afghanistan, mépris et racismes affichés pour les Africains et l’Afrique — dont le discours de Dakar est la version concentrée —, préparation insistante de l’opinion à une attaque militaire contre l’Iran, soutien à la politique israélienne de colonisation des territoires palestiniens et des massacres épouvantables subis par les Palestiniens dans la guerre de Gaza où, tout en mettant en scène le risque « d’une contagion », « le risque d’affrontements entre communautés », le gouvernement français appuie l’idée que c’est un principe identitaire et religieux qui serait en cause dans cette guerre.
Face à cela, que faut-il faire aujourd’hui ? A la politique du mauvais gouvernement, nous opposons le courage des volontaires et la réunion des assemblées. Personne n’a de courage tout seul. Les assemblées sont des réunions d’amitié entre les gens où nous pouvons construire la force pour des batailles où chacun se déclare volontaire. L’assemblée est un lieu de confiance et de responsabilité, un lieu où chacun peut s’engager lui-même, sur la question de la vérité et sur notre capacité à faire une nouvelle politique. Dans chaque assemblée, des amis se portent « volontaires » pour cette politique. « Volontaire », c’est le nom d’un engagement politique que chacun décide de prendre, en son nom propre et pour tout le monde, et auxquels les volontaires eux-mêmes ont commencé à donner le contenu suivant : « On a la capacité de défendre les autres sans leur présence ». Cela veut dire qu’on peut décider de se battre sur de bons principes, même à quelques-uns.
Cette politique, c’est une politique à distance de l’Etat. Cela signifie qu’on ne peut combattre le mauvais gouvernement qu’en étant en écart avec lui, et non de l’intérieur des partis et des syndicats ou encore des associations financées par l’Etat. Notre politique est une politique basée sur des principes valables pour tous et pas une politique de marchandage : une politique du côté des gens.
Pour mettre en œuvre cette politique, et faire face à la politique du mauvais gouvernement et dans la suite du Rassemblement des Collectifs d’ouvriers sans papiers des foyers et de l’Organisation politique et dans la suite de la journée d’amitié avec les étrangers du 22 mars 2007, nous avons fondé le 22 mars 2009 une nouvelle organisation qui a pour nom « Contre le mauvais gouvernement, les volontaires d’une politique à distance de l’Etat ».
Déjà dans plusieurs foyers, des volontaires se sont engagés pour mener bataille contre la politique de la Mairie de Paris, des sociétés gestionnaires qui travaillent activement à mettre en œuvre leur plan de destruction des foyers, à coups de travaux et de nouveaux contrats dont le point principal est d’interdire l’hébergement et d’en finir avec les foyers d’ici 2011, comme l’a déclaré Hortefeux. C’est une véritable politique de persécution qui vise à affamer l’Afrique en empêchant les ouvriers africains qui travaillent en France d’envoyer de l’argent au pays. Combattre cette politique pose la question de l’organisation de cette bataille, foyer par foyer, mais aussi pour tous les foyers et plus largement pour tous ceux dont la vie en France n’est possible que grâce aux foyers. Elle pose aussi la question des principes politiques travaillant au renforcement politique de tous.
Si vous aussi, vous voulez être les volontaires de cette politique, l’inventez avec nous et la renforcez, vous
pouvez nous rejoindre.
Pour nous contacter, téléphone,
répondeur, fax : 01 43 64 76 40
Pour nous écrire :
journal.politique@laposte.net
Contre le mauvais gouvernement, les volontaires d’une politique à distance de l’Etat
Paris, le 24 avril 2009
la promesse d’embauche qui se transforme 9 fois sur 10 en piège) ne dit quand et comment on peut gagner ses papiers quand on vit en France.
Mais les conséquences de ce choix ne sont pas seulement pour celui qui le fait et qui risque de perdre le travail en demandant la promesse d’embauche au patron ou en étant dénoncé ou arrêté à la Préfecture. Il faut bien voir que ce marchandage avec l’Etat a pour contenu :
C’est l’organisation qui pourra venir à bout du CESEDA et de la politique du gouvernement. Et non pas seulement l’abrogation de l’article qui condamne ceux qui aident les sans papiers. Bien sûr, cet article est scélérat, mais à quoi servirait son retrait, si on ne gagne pas d’abord l’abrogation du CESEDA et des droits pour ceux que cette loi persécute et auprès de qui les gens se portent pour les aider ?
Simplement à permettre aux associations et aux partis de gauche de s’enorgueillir d’une fausse victoire. C’est l’organisation qui peut gagner une nouvelle loi qui reconnaisse les gens pour ce qu’ils sont ici (ouvriers, écoliers, étudiants, malades, réfugiés, familles, etc..) et leur donne des papiers et des droits sur cette base.
C’est un Etat qui sépare français et étrangers, il travaille à la séparation, à la division entre les gens d’un même pays. Il peut corrompre les partis, les associations, les syndicats. Il fait propagande sur le mot « français » pour légitimer qu’il a cessé d’être au service de l’intérêt général. Il est en guerre déclarée contre les étrangers. Et lois après lois, il est aussi en guerre contre les jeunes, contre les habitants des foyers et des banlieues, contre les chômeurs, contre les malades, contre les retraités, contre les pauvres. Il détruit l’ensemble des droits issus du travail. Il détruit l’école pour tous, les hôpitaux pour tous.
Cette politique, c’est une politique à distance de l’Etat. Cela signifie qu’on ne peut combattre le mauvais gouvernement qu’en étant en écart avec lui, et non de l’intérieur des partis et des syndicats ou encore des associations financées par l’Etat. Notre politique est une politique basée sur des principes valables pour tous et pas une politique de marchandage : une politique du côté des gens.
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la patience est tout .je pense que c’est tout. merci