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Communiqué du Collectif des prisonniers basques, pour les 20 années de la dispersion

04/26/2009

(source : La Haine 26/04/09, traduction Futur Rouge)

A l’occasion du 20eme anniversaire de la dispersion, les prisonniers politiques ont appelé la société basque à continuer de se mobiliser pour en finir avec cette mesure, tandis qu’ils incitent instamment les Etats «de sortir la politique pénitentiaire de paramètres d’affrontement et de prendre la voie du bon sens»

Le Colectivo de Presos Políticos Vascos (EPPK) à remise un long communiqué à GARA dans lequel il passe en revue ce qu’ont  signifié les 20 annnée écoulés depuis la mise en place de la politique de dispersion. Une mesure qu’il considère politiquement “ratée” mais qui a provoquée «des conséquences criminelles et a quelques responsables, avec nom et noms de famille», entre lesquels se trouvent, outre «la droite fasciste et la pseudo-gauche», les dirigeants du PNV.

Il s’agit, selon la plainte, des mêmes responsables politiques «qui veulent nous donner des leçons éthiques et morales, de démocratie et de liberté. Mais il y a 37 morts, entre des prisonniers et les parents, pour lesquelles personne n’a été mis en accusation ni condamné. Et ce sont des morts planifiées, il ne s’agit pas de hasards; il y a une claire volonté pour cela, et aussi une décision politique». Il remarque que «l’heure de demander des comptes arrive, parce que l’impunité n’est pas illimitée».

Face à cette réalité de souffrance et de piétinement des droits, les prisonniers font un double appel à la société basque et aux gouvernements espagnols et français. Ils s’adressent à la première elle l’invite à «redoubler ses efforts» pour en finir avec la dispersion et pour éliminer ses conséquences, tandis qu’aux deuxièmes ils réclament qu’«ils sortent la politique pénitentiaire des paramètres de l’affrontement, qu’ils aillent dans la direction démocratique et ferment le Guantanamo franco-espagnol».

Mais non seulement cela : «Pour qu’ils ne continuent plus de frapper aux portes des prisons et d’offrir les avantages pénitentiaires à ceux qui poursuivent le repentir. S’ils veulent quelque chose des prisonniers, qu’ils se présentent aux porte-parole et aux interlocuteurs du Collectif».

«Il a échoué»

EPPK , pour sa part, s’engage «à répondre avec le compromis pour avec la liberté d’Euskal Herria, avec dignité. Comme nous le réaffirmions dans le communiqué de février 2008, ils savent déjà comment ils ont à affronter la question des prisonniers : en étant comme nous sommes conséquence du conflit, ils doivent faire face à leurs racines». Pendant ce temps, comme il souligne, «nous ne permettrons pas qu’ils nous utilisent au préjudice de la lutte de libération».

Le Collectif, composé actuellement de plus de 700 personnes, se trouvent plongé “en plein” dans l’actuelle conjoncture de la négation et de la répression qu’il attribue aux Etats espagnol et français, mais il pointe le passé pour souligner qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle situation. «Ce sont déjà beaucoup d’années d’éloignement, de dispersion et d’isolement. 20 ans en essayant de détruire le Collectif, dans un effort misérable (pensant) que le prisonnier casserait et céderait».

«Ce que nous avons vu, connu et souffert pendant toutes ces années, dans notre propre chair et dans celle de nos parents et amis!», s’exprime dans le communiqué, dans lequel il est souligné que cette politique pénitentiaire commencée en 1989 suppose «un châtiment additif, pour le prisonnier et pour son environnement. C’est une peine qu’aucun tribunal n’a dictée mais que les dirigeants espagnols et français continuent d’exécuter».

Malgré cela, les prisonniers assurent que la dispersion, «aussi comme la politique de repentir appliquée dans les années 80», a échoué dans son objectif parce qu’ils lui ont fait face avec leur lutte quotidienne. «Ils n’ont pas réussi à conditionner le mouvement de libération national au prix de notre oppression. Malgré les nombreuses années qui ont passé, nous maintenons les compromis politiques qui nous ont amenés en prison», condamnent-ils.

La réclusion perpétuelle «de fait»

EPPK considère que l’exemple le plus évident de l’échec de la dispersion est le fait qu’ils aient mis en marche maintenant de nouvelles initiatives de punitions, entre lesquelles la réclusion perpétuelle de fait. «Tout prisonnier, dans toutes les ordres internationaux, dans n’importe quel endroit, a droit à la liberté, bien qu’il ait été condamné à vie. L’Espagne nie ce droit. Des rédemption, ni conditionnel; un emprisonnement pour 40 à 30 ans et, de plus, quand ils nous libéreront, 20ans de plus sous contrôle judiciaire. Apparemment, l’obsession répressive n’a pas de limite».

Les derniers mouvements en une matière pénitentiaire les amènent à soupçonner que les états «cherchent à placer la poursuite contre les prisonniers basques en première ligne de la stratégie répressive». Devant cela, il recommence à indiquer que ce sera une tentative illusoire que «nous ne nous surveillons pas nous mêmes. Notre lutte est la lutte d’Euskal Herria. Nous obtiendrons le cadre démocratique pour notre pays, et nous seront une composante active dans ce processus».

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