1er Mai 1891 à Fourmies
(source : La Voix du Nord)
(source : La Voix du Nord)
Si Fourmies est resté dans l’Histoire, ce n’est pas par hasard. A l’heure où la ville se prépare à fêter son premier Festival « Les Éclats de Mai », il convient de se souvenir que le 1er Mai 1891, lors d’un rassemblement ouvrier, l’armée a tiré en partie sur des enfants, faisant 9 morts : Émile Cornaille, 11 ans Gustave Pestiaux, 14 ans Félicie Tonnelier, 16 ans Ernestine Diot, 17 ans Maria Blondeau, 18 ans Kleber Giloteaux, 19 ans Louise Hublet, 20 ans Charles Leroy, 20 ans et Émile Segaux, 30 ans (atteint alors qu’il n’était pas dans le rassemblement). « Il y a quelque part, sur le pavé de Fourmies, une tache innocente qu’il faut laver à tout prix. Prenez garde ! Les morts sont des grands convertisseurs, il faut s’occuper des morts », avait lancé Georges Clemenceau, à la Chambre des députés, le 8 mai suivant. Le message a été entendu.
Avec la presse
Alors pourquoi la Fusillade de Fourmies est-elle restée dans l’Histoire ? « Le 1er Mai 1891 s’inscrivait dans le mouvement international des huit heures (huit de travail, huitde sommeil, huit de repos). C’est aussi la première fois que l’armée tirait sur des enfants, répond Jean-Louis Chappat, l’auteur d’un livre sur le sujet. Après la Fusillade, Fourmies est devenu indissociable de la Fête du travail du 1er mai qui demeure la date majeure du mouvement ouvrier ». De plus, la tragédie a été relayée, par la presse, dans beaucoup de pays (Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Russie…), lui assurant une caisse de résonance. Enfin, en un siècle, ils auront été nombreux – notamment dans les rangs des partis de gauche – ceux qui ont rendu un hommage, perpétuant ainsi le souvenir en transmettant la mémoire des faits. Une multitude de leaders politiques, syndicaux, artistes, écrivains… A commencer par Léo Lagrange, député d’Avesnes-sur-Helpe (1932-1940) et sous-secrétaire d’État, qui devancera d’autres ministres à Fourmies. Et le temps n’a pas d’usure puisque ces dernières années, ces hommages se sont accumulés. En 2006, on citera la venue de Marie-George Buffet, première secrétaire du Parti communiste français (PCF) ; en 2007, celle de François Hollande, son homologue du Parti socialiste (PS). En 1982, avec Pierre Mauroy, c’est le Premier ministre de la France qui s’était déplacé. Dans les discours aussi, la Fusillade de Fourmies semble éternelle, comme celui, fondateur, en 2007, à Charléty, de Ségolène Royal, candidate à la présidence de la République, ou celui du président de la République, François Mitterrand, en 1993, à l’occasion du 100e anniversaire de l’Inspection du travail. • LIONEL MARÉCHAL