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SOCIETE – Chômeur en Roumanie

05/20/2009

(source : Le Petit Journal 18/05/09)

La crise gagne du terrain en Roumanie et le nombre de chômeurs augmente tous les jours. Mais que signifie exactement “être au chômage” dans un pays où le salaire minimum ne dépasse pas 150 euros, et que se passe-t-il lorsque l’on perd son emploi ? Témoignage

(Bucarest) – “Non ! J’ai perdu mon emploi mais je ne suis pas au chômage…” Marian, 42 ans, est l’une des victimes de la crise. Chauffeur de camion, il a perdu son travail l’année dernière, avant de trouver un nouvel emploi et finalement d’être licencié une deuxième fois. Mais ce Bucarestois n’est pas inscrit sur les listes du chômage. Des indemnités insignifiantes, des démarches administratives interminables et un service d’accompagnement humiliant l’ont poussé à se débrouiller seul. “Pour toucher le chômage, il faut amener des centaines de documents et il te manque toujours quelque chose. Après il faut faire la queue pendant des heures. Moi, je déteste ça. Et puis ça ne vaut pas le coup”, lâche-t-il, agacé. S’il en avait fait la demande, Marian aurait droit à un peu plus de 100 euros d’indemnités par mois.
A son âge, retrouver du travail tient de la mission impossible. Mais Marian s’accroche et s’organise. “Je vais voir les patrons et je leur donne mon CV. Peu embauchent. Ils attendent de voir comment la crise va évoluer.” Récemment, la Commission européenne a revu ses prévisions concernant la Roumanie. Elle estime qu’en 2009 le pourcentage de la population active roumaine sans emploi sera de 8%, et non plus 7% comme elle l’avait indiqué en janvier. Le 19 mars dernier, le gouvernement a décidé de rallonger de trois mois la période de droit aux indemnités de chômage.

Des aides à la réinsertion mal adaptées

L’Agence nationale pour l’occupation de la force de travail (ANOFM), qui correspond à l’ANPE française, offre pourtant un service pour aider les chômeurs à retrouver un emploi. Mais là encore, Marian n’est pas convaincu. “Ils t’appellent pour n’importe quel job et si tu refuses, c’est fini !” Pour Liliana Scarlat, qui fait partie de la Fondation pour le développement des peuples, une organisation qui s’occupe de l‘intégration des jeunes chômeurs, les institutions d’Etat offrent des services, mais pas d’accompagnement. “Probablement qu’il existe des objectifs de rendement et du fait de cette pression, on propose des emplois qui ne correspondent pas forcément au profil du chômeur”, explique-t-elle. Il y a par ailleurs plusieurs associations de réinsertion pour les personnes sans emploi en Roumanie. Mais Marian, lui, n’y a jamais fait appel. “Vous savez, à 40 ans, on ne veut pas être aidé. C’est un peu frustrant.”

Jules Ravaud (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 18 mai 2009

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