À Morlaix, des grillages contre les sans-logis
(source : Ouest-France 20/05/09)
La mairie a fait dresser des clôtures autour de deux lieux où se retrouvaient les SDF.Une situation qui choque le scientifique Albert Jacquard. Il s’est rendu hier sur place.
« À 83 ans, je n’avais encore jamais vu cela. C’est inimaginable. » Tels sont les propos tenus par Albert Jacquard lorsqu’il a découvert le grillage entourant l’arbre « des palabres », rue de Brest, à deux pas du centre-ville de Morlaix. En marge d’une conférence qu’il donnait hier matin, le généticien, connu pour son engagement auprès des plus démunis, a tenu à aller voir l’une des clôtures qui font débat dans la ville finistérienne.
Elle a été dressée, il y a quelques semaines, à la demande de la municipalité d’Agnès Brun (divers droite). Même chose à « Morlaix-plage », un lieu public de quelques dizaines de mètres carrés situé sur la rive du Queffleuth. L’objectif, dans les deux cas, est d’empêcher les regroupements de SDF.
« Pas méchants »
La municipalité reproche au groupe de sans-logis ¯ de 15 à 30 personnes ¯ de nuire à la tranquillité des riverains. Elle n’apprécie pas non plus leurs habitudes : « Penser qu’il est normal qu’une population s’alcoolise du matin au soir en jouant aux boules, sans aucun objectif pour l’avenir, ça m’indispose profondément », estime le maire.
Les sans-logis, soutenus par des associations ¯ et donc par Albert Jacquard ¯ revendiquent quant à eux le droit de fréquenter le centre-ville. « On n’est pas méchants. Nous, ce que l’on veut, c’est un lieu au centre, pas à plusieurs kilomètres, loin de tout », disent-ils.
Le conflit a en fait vu le jour sous l’ancienne municipalité PS de Michel Le Goff, il y a deux ans. Le centre d’accueil de la rue de Brest a été fermé et transféré à la périphérie de Morlaix, dans la zone d’activité de la Boissière. Malgré des navettes gratuites, les SDF s’y sentent isolés.
Elle a été dressée, il y a quelques semaines, à la demande de la municipalité d’Agnès Brun (divers droite). Même chose à « Morlaix-plage », un lieu public de quelques dizaines de mètres carrés situé sur la rive du Queffleuth. L’objectif, dans les deux cas, est d’empêcher les regroupements de SDF.



