Emploi – Le chômage des 15-24 ans se maintient à 18 %
(source : France Soir 21/05/09)
Malgré de nombreuses tentatives politiques, le taux de chômages des jeunes en France reste un des plus élevés des pays de l’OCDE.
Au bout de tant d’années, on pourrait presque se résigner à parler de fatalité. L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a publié hier les derniers chiffres du chômage des jeunes. Et le constat est bien amer. Avec un taux de 18 % pour les 15-24 ans, la France se situe 7 points au-dessus de la moyenne des autres pays riches. Parmi les explications, l’OCDE pointe l’instabilité chronique des politiques de l’emploi avec plus de 80 mesures pour les jeunes en trente ans.
« Ces politiques ont surtout consisté à créer des statuts dérogatoires, des formules avec stages, ou des contrats particuliers, qui n’ont en fait constitué qu’un palliatif. On a enfermé les jeunes dans ces statuts dont ils ont du mal à sortir », explique Olivier Galland (*). Le sociologue regrette par ailleurs la division du marché du travail, entre contrats à durée déterminée (CDD) et indéterminée (CDI). « Cette dichotomie ôte toute flexibilité. Dans le nord de l’Europe, il n’y a pas de dispositions législatives générales qui réglementent le contrat de travail. Au Danemark par exemple, les contrats sont négociés au cas par cas », explique-t-il, tout en précisant qu’un tel système s’accompagne d’une meilleure protection des chômeurs.
Plusieurs pistes sont évoquées dans le rapport pour remédier à cette situation, dont le développement du cumul études-emploi. Jusqu’à 15-20 heures hebdomadaires, l’OCDE estime que le travail ne nuit pas à la réussite des études, et favorise par la suite l’insertion professionnelle. Une pratique contre laquelle s’élève fermement l’Unef, principal syndicat étudiant. « Les jeunes travaillent pour payer leurs études, pas pour acquérir de l’expérience. Mettre fin à ce cumul, en allouant une allocation d’autonomie aux étudiants, libérerait des centaines de milliers d’emplois, et leur permettrait de réussir davantage », explique son président, Jean-Baptiste Prévost.
Favoriser l’alternance
Pour le Medef, la solution serait plutôt à chercher du côté de l’alternance, « un outil privilégié d’insertion professionnelle », affirme Jean-François Baron, responsable des questions sociales. L’organisation patronale a formulé des propositions pour « booster » ce type de formation. Un point sur lequel l’OCDE lui donne raison, en déclarant que « le secteur public doit prendre plus d’apprentis », notamment au travers des Parcours d’accès aux carrières territoriales et de l’Etat (Pacte), au nombre de 500 aujourd’hui, contre un objectif de 20.000 par an. Quelle que soit la solution adoptée, le gouvernement va devoir s’atteler rapidement à la lutte contre le chômage des jeunes, s’il souhaite mettre fin à trente ans d’échec dans ce domaine.
(*) Les jeunes français ont-ils raison d’avoir peur ?, Armand Colin, 2009. 160 pages. 16,50 euros
(*) Les jeunes français ont-ils raison d’avoir peur ?, Armand Colin, 2009. 160 pages. 16,50 euros


