Les nouveaux outils idéologiques pour saboter le web libre enfin dévoilés
(source : http://ruminances.unblog.fr/2009/05/20/1186/#more-1186 20/05/09)
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Avant d’entrer dans le vif du sujet, je dois dire tout d’abord que j’ai été frappé par le peu d’aménité dont fait preuve Alain Joannès pour tout ce qui n’appartient pas à son monde de référence, celui des journalistes professionnels. Je le cite :
« A l’intention des blogueurs incultes qui commentent ce qu’ils ne comprennent pas dans un style rédactionnel typique de la confusion mentale, voici une nouvelle image à plagier. »
« Quelques “journalistes citoyens” s’adonneraient à leur activité préférée : le plagiat. »
« J’ai été contacté par une “journaliste” se réclamant , la pauvre, de l’un de ces sites : elle était vivement intéressée par un seul détail de mon billet de dimanche : “C’est quoi la rumeur ? C’est quoi l’adresse du blog qui a lancé la rumeur ?”. (Encore un peu de patience, cocotte, tu sauras bientôt tout). »
« Je vous dis franchement que votre rhétorique m’apparaît totalement fallacieuse, voire intellectuellement malhonnête, pour trois raisons que voici : »
« Le billet sur lequel vous avez déversé des raisonnements biaisés débouchant sur une mise en cause assez sournoise commençait par cette phrase prudente et précise : »
L’article est titré « La dynamique de désinformation sur les risques de pandémie ». Dans ce qu’il qualifie lui-même « d’étude », M. Joannès identifie notamment « 4 vecteurs de propagation » de la désinformation, et parmi ces vecteurs il identifie «une mouvance écolo-altermondialiste-anticapitaliste. » . Apprécions au passage avec quelle mesure ces choses-là sont dites. Il poursuit : « Ces trois sensibilités se rejoignent dans la mise en cause de Wall Street, des grandes firmes pharmaceutiques et de la mondialisation. A côté de cette mouvance, des groupes opposés à la vaccination obligatoire des enfants reprennent, avec une probable sincérité, les “démonstrations” idéologiques d’une fraction de l’ultra-gauche. »
A en croire Alain Joannès, le fait de remettre en cause Wall Street, les grandes firmes pharmaceutiques et la mondialisation est donc le signe d’une dangereuse désinformation. Il a le droit de le penser, mais prétendre parler de la désinformation en utilisant de pareils procédés est pour le moins contre-productif.
En plus de ce vecteur, Alain Joannès en définit trois autres. Celui des «conspirationnistes, adeptes de la “théorie du complot” », les « réseaux anti-sionistes » (il parlera plus clairement un peu plus loin d’anti-sémites) et les « blogs et tweets de faux experts ». Dans sa démonstration, Alain Joannès identifie donc, sans le dire explicitement, une collusion objective entre les conspirationnistes, les antisémites, les escrocs et les alter et écologistes. Il est vrai que pour brouiller les cartes et salir ceux qui défendent autre chose que le pouvoir en place, les mélanger de cette façon avec la lie du web est un procédé efficace. On notera aussi au passage les présupposés idéologiques d’Alain Joannès : qui sont par exemple les « faux experts » ? Est-ce que leur qualité d’escrocs est indiquée sur leur site ou bien devons-nous ce qualificatif à la seule capacité d’appréciation de l’auteur de l’article ? Quelle est donc sa compétence à discerner les faux-experts des vrais ?
On peut en dire autant des « conspirationnistes ». Comme le disait un ancien ministre britannique « les complots existent, l’histoire l’a montré ». La différence entre aujourd’hui et hier est que les acteurs ou spectateurs du complot peuvent en témoigner sur le web. Même si leur parole est diluée dans un flot de mythes et de légendes, il y a de grandes chances que la vérité y soit aussi cachée, telle la pépite d’or dans la montagne. Or, on ne sait bien souvent la vérité sur les évènements que bien longtemps après qu’ils se soient produits. Pour Pearl Harbour, personne ne nie plus aujourd’hui que les militaires américains savaient que les Japonais attaqueraient Pearl Harbour, mais que cette attaque leur permettrait de changer l’état de l’opinion pour pouvoir entrer ensuite en guerre. C’est ce qui s’appelle de la manipulation de masse. Sans parler des mensonges plus récents sur les armes de destruction massive, l’uranium de Saddam Hussein, les prisons cachées de la CIA, les bunkers souterrains sous Bagdad construits par les Allemands, etc. Décréter donc que tous ceux qui produisent des explications de la réalité qui diffèrent de la réalité officielle du moment font partie de « groupes à irrationalités exacerbées », comme le dit plaisamment Alain Joannès, est donc simplement un moyen commode pour disqualifier à l’avance tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Pour ma part j’appelle ça du terrorisme intellectuel.