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Quand la police dérape

05/24/2009

(source : Le JDD 23/05/09)


Une quinquagénaire BCBG témoigne…C’est une dame “bon chic bon genre” de 54 ans, qui habite une commune aisée des Yvelines. Verleine Pinot, conseillère principale d’éducation en disponibilité, travaille maintenant avec son mari assureur. La prévention routière, elle connait. Elle a toujours douze points sur son permis. Mais son rapport à l’autorité policière vient très certainement de changer.

Mercredi, pour avoir osé porter plainte contre des policiers qui l’ont maltraitée lors d’un contrôle de routine, elle a été interrogée pendant près de cinq heures à la “cellule déontologie évaluation performance” de la Direction départementale de la sécurité publique des Yvelines, à Viroflay. “Je me suis retrouvée en face de quatre policiers, dont les deux contre lesquels j’ai porté plainte. Ils étaient goguenards“, raconte Verleine Pinot d’une voix tremblante. “J’ai revécu tout ce qu’ils m’ont fait“. Traitée comme un suspect, alors qu’elle est la victime, la dame est seule face à quatre policiers. On lui fait croire qu’elle risque une peine de prison pour “outrage“, qu’elle risque de perdre sa place à l’Education nationale. On lui interdit de parler à des journalistes, sous peine de procès en diffamation. On la presse de signer une déposition. Elle finir par céder.

Tout avait commencé le 31 mars. Ce jour là, Verleine part acheter du pain avec sa fille de 18 ans, au volant de son cabriolet. Elle roule au pas pour traverser la Place Royale, à Saint-Germain-en-Laye, quand un policier l’arrête pour un contrôle. Verleine a oublié ses papiers chez elle, à quelques centaines de mètres seulement, et propose d’envoyer sa fille les chercher. Le policier répond en dressant trois PV, dont un pour ne pas avoir ralenti à l’approche du passage piéton. Elle conteste. Le ton monte. Un policier crie “outrage”, et la plaque contre la voiture de police. Son collègue fait une clé de bras à Verleine, qui hurle de douleur, mais il ne lâche pas prise, et la menotte.

On l’empêche de boire, de prendre ses médicaments, et d’aller aux toilettes

La dame, qui pèse 50 kilos et a le coeur fragile, pense avoir le bras cassé. Elle est embarquée au commissariat, malgré les protestations de sa fille. Elle est conduite à l’hôpital, où un médecin constate qu’elle a une entorse du coude et de nombreuses contusions. Elle fait une crise d’angoisse. Retour au commissariat. On veut lui faire signer un PV d’audition pour “outrage et rébellion”, ce qu’elle refuse. Pendant sa garde à vue, raconte-t-elle, on l’empêche de boire, de prendre ses médicaments, et d’aller aux toilettes. Un policier, celui de la veille, finit par l’y accompagner, mais menottée, et en lui faisant à nouveau mal au bras. Ces vingt-quatre heures de garde à vue l’ont traumatisée.

Dès le lendemain, Verleine Pinot s’est rendue en famille à l’Inspection générale des services (IGS) de la Police nationale, à Paris, pour dénoncer les faits. Son avocat, Yassine Bouzrou, a déposé une plainte au parquet de Versailles. Une procédure de “composition pénale” est en cours…

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