Témoignage d’un retenu du centre de rétention de Vincennes, dimanche 21


Vendredi 19 juin, un rassemblement a eu lieu à 19h devant le centre de rétention de Vincennes. Une heure avant un petit groupe réussi à s’approcher du centre avec un mégaphone, en sifflant, en criant « Libérez les sans-papiers ». Les
retenus ont pu les entendre. Ce fut de courte durée, les policiers accoururent pour repousser les manifestants sur les lieux du rassemblement tenu à distance du centre.
Un an auparavant, le centre brulait.

« Nous avons entendu beaucoup de sifflements, de voix, jusqu’à 20h. On entendait les voix dans le mégaphone. Au début, nous avons répondu par des cris, en manifestant dans la cours. Mais l’officier et toute son équipe sont venus pour
calmer un peu.
Les gens allaient dans les chambres car ils ont peur. Les flics provoquaient et intimidaient. « Tu rentres dans ta chambre, ou on te descend dans la pièce » Cette pièce est une pièce pour mettre à l’isolement. Il s ont déjà provoqué
quelqu’un, ça a bastonné un peu. Les policiers ont porté plainte contre lui. Il est passé devant le juge et a été condamné à 1 mois de Travaux d’Intérêts Généraux. Ce
garçon est quelqu’un de calme, de solidaire. C’est une crème, il m’a accueilli lorsque je suis arrivé. Il m’a donné des couvertures ect…
Sinon, que dire de plus… Ils sont à cheval sur les courses, c’est de 9h à 10h30. Si tu ne t’es pas réveillé, tu n’as pas le droit d’acheter des cigarettes.
Il y a quelqu’un qui a été pris au bout de ses 32jours. Au réveil, ils lui ont fait croire qu’il allait sortir. Pas dupe, ils ne les a pas cru. Il a été expulsé. Un autre a tenté de se suicider dans ma cellule, il a essayé de se pendre…
Pour ce qui est de la nourriture, c’est infecte. Et c’est sûr qu’ils mettent des produits dedans. A chaque fois que je mange, je me retrouve comme un zombie. J’ai aussi des boutons. Tout le monde se plaint.
J’ai été arrêté à la Porte des Lilas, en sortant du métro à 9h de matin.
J’en ai assez de vivre en France, ce n’est pas une solution que de vivre sans-papiers. Etre susceptible de se faire arrêté n’importe quand pour défaut de papiers. Il y a beaucoup de contrôles faits par policiers en civils avec voitures ou des camionnettes. Je ne sais pas si j’ai vraiment envie de retourner en Algérie ou si c’est parce que je suis fatigué, découragé. Aussi je préfère rentrer par mes propres moyens. J’ai un enfant scolarisé en France. Lors de la circulaire
Sarkozy sur les parents d’enfants scolarisés, sa mère a été régularisée. J’ai été rejeté, comme beaucoup d’autres. Devant le juge du 35 bis, j’ai demandé l’assignation à résidence, j’avais une attestation d’hébergement et beaucoup de personnes dans la salle pour me soutenir, mais cela m’a été refusé. J’ai payé mon avocat 1500 euros.
La prochaine audience, pour le renouvellement des quinze jours, je ne paye pas un avocat, ca ne sert à rien. Mon passeport n’est périmé. L’administration attend le laissez-passer du consul. Ca fait 17 jours que je suis là. »

fermeturetention@yahoo.fr

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