Quand les policiers tabassent le plaignant !
(source : L’Humanité 25/06/09)
Venu déposer plainte dans un commissariat parisien, pour une agression de rue, un jeune Colombien de vingt-sept ans accuse les policiers de l’avoir frappé et humilié.
Jusqu’ici, les policiers mal intentionnés avaient plutôt tendance à bousculer les suspects. Mais jamais les victimes. C’est pourtant la mésaventure surréaliste vécue par Juan Pablo Gutierrez. Agressé en pleine rue, ce Colombien de vingt-sept ans a eu la malencontreuse idée de vouloir porter plainte au commissariat de la Goutte-d’Or, à Paris (18e). Le jeune homme en est ressorti douze heures plus tard, dans un état dramatique : frappé, insulté et humilié par un trio de policiers. « C’est comme si ma
dignité avait été piétinée »,
raconte-t-il, sous le choc.
« MAIS C’EST MOI
LA VICTIME ! »
Tout commence dans la nuit parisienne. Il est 1 heure du matin, ce lundi 15 juin. Juan Pablo Gutierrez, lauréat du grand prix Paris Match 2008 du photo-reportage-étudiant, rentre chez lui, dans le 18e arrondissement, après une soirée chez des amis. Un groupe d’individus, apparemment éméchés, lui réclament une cigarette. Il n’en a pas, mais leur offre une bière. Deux mètres plus loin, Juan Pablo prend un coup sur la tête, se retrouve à terre, piétiné. Le jeune homme parvient à s’enfuir et appelle le 17. Les policiers, rapidement sur place, interpellent l’un de ses agresseurs et proposent à Juan Pablo de venir déposer plainte. Soulagé, l’étudiant pense que son calvaire a pris fin. Malheureusement, il ne fait que commencer.
« Dès mon arrivée au commissariat, le policier qui m’a pris en charge a été agressif, explique le jeune homme. Il m’a poussé vers l’ascenseur en me disant de mettre les bras derrière le dos. Je lui rappelle que c’est moi la victime ! Mais cela n’a aucun effet… » Dans le couloir de l’étage, Juan Pablo se voit contraint d’ôter ses lacets et ses baskets. L’officier, grand, blond, les cheveux courts, la trentaine, lui demande son sac et son bandana. Excédé, Juan Pablo refuse : « Si c’est ça la procédure pour déposer plainte, je préfère rentrer chez moi ! » Mais il n’a pas le temps de quitter les lieux. Il reçoit un coup de poing au ventre qui lui coupe le souffle et le laisse au sol. « Je ne pouvais plus respirer. Je criais à l’injustice, en demandant si c’était comme ça qu’on appliquait la loi en France… » Cette fois, Juan Pablo est bien décidé à partir. Il se lève, mais le policier le rattrape par son tee-shirt, lui expédiant un nouveau coup de poing, au visage, puis une violente claque à l’oreille gauche. « Quand sa main m’a percuté, je n’ai plus entendu de cette oreille. Je me suis mis à pleurer. »
obligé de se mettre tout nu
Juan Pablo est emmené dans une autre pièce, sous la surveillance de deux policiers en civil, plantés derrière leurs ordinateurs. Il les supplie de se renseigner, leur rappelle qu’il est juste là pour porter plainte. Pour toute réponse, il reçoit : « La ferme ! On s’en fiche, tu vas te taire, petit Latino, sinon on va te la fermer ! » Juan Pablo insiste. Un des policiers l’emmène alors dans une pièce voisine. « Il m’a demandé de me mettre entièrement nu, et de me tourner d’un côté, puis de l’autre. Je n’ai jamais vécu une telle humiliation, j’étais en larmes. » Il se rhabille, demande un verre d’eau. « Ils m’ont répondu qu’il n’y avait pas de verre d’eau mais de l’eau dans les WC. »
Il est maintenant 10 heures du matin. L’oreille toujours douloureuse, Juan Pablo est finalement conduit à l’hôpital Lariboisière, les menottes aux poignets. Le verdict du médecin est clair : l’oreille interne gauche a été endommagée et Juan Pablo a perdu 40 % de son audition. Vers midi, on invite enfin le jeune Colombien à quitter le commissariat de la Goutte-d’Or… tout en lui précisant qu’il ressortira en même temps que son agresseur ! « Mais il va me reconnaître, proteste Juan Pablo, laissez-moi au moins quinze minutes d’avance ! » Réponse lapidaire du flic : « Casse-toi, t’as cinq minutes… »
Laurent Mouloud
(C’était peut-être le nom qui a fait ça..Ah oui pour porter plainte faut être flic et blond aux yeux bleus, sinon ça passe pas. L’avantage d’être flic c’est qu’on peut bastonner et tuer n’importe qui sans être emmerder, c’est cool non ? Ah petite anecdote il parait qu’un forum de flics recensent les blogs et sites qui disent du mal de la police..pour les dénoncer..Eh bien messieurs les balances allez vous faire foutre !!! NDLR)
dignité avait été piétinée »,
raconte-t-il, sous le choc.
« MAIS C’EST MOI
LA VICTIME ! »
obligé de se mettre tout nu