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Marseille : deux policiers jugés pour la mort de Nelson

06/29/2009

(source : La Provence.com 29/06/09)


Le juge les renvoie en correctionnelle

C’était une journée tranquille et Nelson, amoureux de son vélo, était parti, tout à ses rêves de gamin, pour courir les rues de Marseille. Mais en ce 23 juin2007, rien n’allait être tout à fait comme les autres jours. Nelson sera fauché au hasard de ses 14ans sur un passage piétons, alors qu’il traversait à l’angle du boulevard Dorgelès et du chemin de Fontainieu (Marseille14e ).

L’affaire allait causer l’émoi que l’on sait. Sur place, dès après le drame, la scène faillit tourner au lynchage, car ceux qui venaient de renverser Nelson n’étaient autres que des policiers. On venait de leur demander de prendre une relève à l’hôpital Nord et il n’y avait pas tout à fait urgence. Deux ans après, la juge d’instruction, Carine Bargoin, vient de renvoyer deux des policiers devant le tribunal correctionnel pour y répondre “d’homicide involontaire par imprudence”.

Yohan Bensadoun, le conducteur et gardien de la paix stagiaire, était âgé de 22ans au moment des faits, Frédéric Nieddu, le chef de bord, de 29ans. Au sol, sur la chaussée, on a bien vite trouvé des traces de ripage, entaillant le bitume sur 20mètres. On a entendu toutes les versions. Celle selon laquelle la voiture de police serait passée au rouge. Celle, contradictoire, qui professait qu’elle était bien au vert. L’enquête fut difficile, les témoins pas toujours d’accord. Deux ans après, on a obtenu quelques certitudes glanées au fil des expertises. Le véhicule de police roulait vite. Trop vite. Sa vitesse a été estimée à 73km/h au moment du choc.

Mais il a été impossible de connaître, à l’instant précis du drame, l’état des feux tricolores. Ce qui est sûr, c’est que les policiers auraient dû ralentir. Leur mission n’exigeait ni promptitude ni prise de risque majeur. Et le juge le leur a dit. Ce qu’on sait, c’est que Nelson est mort projeté à une vingtaine de mètres et qu’une famille est, depuis ce jour, percluse de douleur, car elle se demande toujours comment on a pu en arriver là. MeGilbert Collard, son avocat, tentera face au tribunal de leur permettre de trouver le chemin de la vérité. En défense, Me Béatrice Manoukian défendra l’honneur de la police. Le procès s’ouvrira dans quelques mois.

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