Monaco rattrapé par la crise
(source : Le JDD 02/07/09)
Les vendeuses postées sur le seuil des boutiques hèlent leurs collègues : attraction en vue. Débarquant d’un des multiples escalators de cette principauté à étages, voici mercredi le cortège des salariés de l’industrie. La veille, ceux de l’hôtellerie avaient cessé le travail pendant quelques heures. A chaque jour sa manifestation.
Dans son palais, le prince Albert estime que “le climat social n’est pas un sujet de préoccupation particulier” et préfère vanter la beauté du “mur végétal” préparé pour le départ du Tour de France, qui sera donnésur le Rocher le 4 juillet. Les petits drapeaux de l’Union des syndicats de Monaco (USM) brandis toute cette semaine font pourtant écho à une série de mauvaises nouvelles. Le résultat net de la Société des bains de mer (qui contrôle hôtels et casinos et emploie la moitié des Monégasques qui travaillent dans le privé) est en chute de 57 % par rapport à l’an dernier. Les droits de mutation et les rentrées de TVA flanchent. Et alors que le Rocher gagnait un millier d’emplois par an depuis une décennie, les créations, cette année, vont tout juste compenser les suppressions.
Un projet avorté
“On fait du sur-mesure pour aider les entreprises“, assure le ministre d’Etat Jean-Paul Proust en tirant sur un mini cigarillo. Mais c’est un peu tard: “Monaco étouffe dans ses 2 km2 !“, peste Philippe Ortelli, le patron des patrons locaux. “Le gouvernement vient seulement de se rendre compte qu’il manque de surfaces industrielles et de bureaux à tarifs raisonnables.” Un grand projet d’extension devait redonner de l’air à la Principauté: 15 hectares gagnés sur la mer pour accueillir des logements, des entreprises, des hôtels. Et un grand équipement culturel, histoire de faire évoluer son image du bling-bling vers l’avant-garde artistique. Des contacts avaient même été pris avec François Pinault pour accueillir sa collection. Mais Pinault est parti pour Venise et le projet a été enterré par le Palais dans un mélange confus d’arguments économiques et écologiques.
“Nous ne sommes pas un îlot perdu dans une autre galaxie. Nous subissons comme tout le monde les effets de la crise“, plaide Jean-Paul Proust. La crise a aussi bon dos: et si, depuis deux ans, Monaco regardait passer les trains ? Le règne d’Albert avait pourtant bien commencé. Sur le Rocher, son discours d’avènement du 12 juillet 2005 en a fait vibrer plus d’un. Le nouveau souverain appelait de ses voeux “une société modèle, un modèle de société“, un développement moderne et harmonieux. Il avait même eu cette audace: “Argent et vertu doivent se conjuguer en permanence.” Il était là, en germe, ce “capitalisme éthique” que les grands de ce monde professent depuis six mois… Mais la Principauté n’a pas fait fructifier son avance. Pis : elle a attendu que la communauté internationale lui mette le couteau sous la gorge pour prendre des engagements en termes de transparence bancaire. Elle voulait dicter ses conditions et négocier un “accord global d’échange de renseignements” avec l’Union européenne ; elle va devoir passer, comme tout le monde, par la voie bilatérale. Des pourparlers sont engagés avec l’Allemagne et les Etats-Unis.
Un prince influençable ?
Navigation à vue ? En vérité, Albert Alexandre Louis Pierre Grimaldi ne désire que le bonheur de ses sujets. Et rêve, sur chaque dossier, d’aboutir à un consensus général. Sagesse ou faiblesse ? La frontière est parfois ténue. Même les plus fervents “principistes” s’en alarment en privé: leur souverain écoute trop de monde. “Il est trop proche de trop de gens, affirme un de ses amis. Il y a ceux avec qui il a fait la fête, ceux avec qui il a fait du sport, ceux avec qui il est allé au lycée… Et il a tendance à considérer que tous les avis se valent.”
Un ancien collaborateur dit aussi que “le Prince, qui est très affectif, se met à la place des autres quand on lui propose des décisions un peu dures“. Conséquence : à 51 ans, Son Altesse Sérénissime se hâte lentement. Certes, l’héritier d’une dynastie au pouvoir depuis sept siècles n’est pas inscrit dans la même temporalité qu’un dirigeant élu. Et l’hymne du pays encourage à s’abandonner à un souriant fatalisme : Tantu ch’au cielu u suriyu lüjerà, Diu n’agiüterà (”Tant que le soleil brillera dans le ciel, Dieu nous aidera“). Mais quatre ans après la mort de Rainier, sa poigne fait des nostalgiques. Dans les tours avec vue plongeante sur les alignements de yachts à la blancheur éblouissante, certains redoutent un inexorable affaiblissement du pouvoir princier. S’agacent de la récente légalisation de la franc-maçonnerie. Vomissent la vigueur retrouvée du Conseil national, la petite assemblée locale. Ailleurs, on saluerait ces évolutions comme autant d’avancées démocratiques. Ici, elles laissent craindre une dérive vers un régime parlementaire. Autant dire la décadence.
Car, dans la firme Monaco, la puissance du Palais est indissociable de la réussite économique. “Un monarque absolu est une garantie de stabilité, souligne un banquier. Cela rassure les investisseurs.” Et la Principauté a besoin de continuer à capter cette richesse des étrangers pour financer les aides publiques versées aux classes moyennes monégasques, sans lesquelles elles ne pourraient plus continuer à vivre sur leur terre devenue trop chère.
“Nous ne sommes pas un îlot perdu dans une autre galaxie. Nous subissons comme tout le monde les effets de la crise“, plaide Jean-Paul Proust. La crise a aussi bon dos: et si, depuis deux ans, Monaco regardait passer les trains ? Le règne d’Albert avait pourtant bien commencé. Sur le Rocher, son discours d’avènement du 12 juillet 2005 en a fait vibrer plus d’un. Le nouveau souverain appelait de ses voeux “une société modèle, un modèle de société“, un développement moderne et harmonieux. Il avait même eu cette audace: “Argent et vertu doivent se conjuguer en permanence.” Il était là, en germe, ce “capitalisme éthique” que les grands de ce monde professent depuis six mois… Mais la Principauté n’a pas fait fructifier son avance. Pis : elle a attendu que la communauté internationale lui mette le couteau sous la gorge pour prendre des engagements en termes de transparence bancaire. Elle voulait dicter ses conditions et négocier un “accord global d’échange de renseignements” avec l’Union européenne ; elle va devoir passer, comme tout le monde, par la voie bilatérale. Des pourparlers sont engagés avec l’Allemagne et les Etats-Unis.
Un ancien collaborateur dit aussi que “le Prince, qui est très affectif, se met à la place des autres quand on lui propose des décisions un peu dures“. Conséquence : à 51 ans, Son Altesse Sérénissime se hâte lentement. Certes, l’héritier d’une dynastie au pouvoir depuis sept siècles n’est pas inscrit dans la même temporalité qu’un dirigeant élu. Et l’hymne du pays encourage à s’abandonner à un souriant fatalisme : Tantu ch’au cielu u suriyu lüjerà, Diu n’agiüterà (”Tant que le soleil brillera dans le ciel, Dieu nous aidera“). Mais quatre ans après la mort de Rainier, sa poigne fait des nostalgiques. Dans les tours avec vue plongeante sur les alignements de yachts à la blancheur éblouissante, certains redoutent un inexorable affaiblissement du pouvoir princier. S’agacent de la récente légalisation de la franc-maçonnerie. Vomissent la vigueur retrouvée du Conseil national, la petite assemblée locale. Ailleurs, on saluerait ces évolutions comme autant d’avancées démocratiques. Ici, elles laissent craindre une dérive vers un régime parlementaire. Autant dire la décadence.
Car, dans la firme Monaco, la puissance du Palais est indissociable de la réussite économique. “Un monarque absolu est une garantie de stabilité, souligne un banquier. Cela rassure les investisseurs.” Et la Principauté a besoin de continuer à capter cette richesse des étrangers pour financer les aides publiques versées aux classes moyennes monégasques, sans lesquelles elles ne pourraient plus continuer à vivre sur leur terre devenue trop chère.



heuuuuuuuuuuu c’est pas dis que le prince Rainier aurait fait différemment que le prince , parfois la poigne c’est bien mais aussi peut causer des tords ………….on peut avoir de la nostalgie pour Rainier mais quand un problème mondial se présente il n’est pas dit qu’il faut rester ferme mais plutôt voir , écouter différentes personnes pour essayer de trouver LA bonne formule ” ce que font tous les pays ” car aucun pays n’est pas touché par la crise économique …………………..sur ce bisous albie et continue comme tu le fais si bien , écoute tout le monde . Bisous mon doux albie