SIX MOIS FERME POUR UNE AGRESSION HOMOPHOBE
(source : Le Midi LIbre 26/07/09)
(source : Le Midi LIbre 26/07/09)
Grégory, animateur de prévention auprès des homosexuels, explique que le 13 juin au soir, il marchait avec une amie dans le quartier des Arceaux et discutait de ses petits copains rencontrés le soir aux jardins du Peyrou, lieu de rendez-vous nocturne gay. Il est alors passé devant les prévenus qui urinaient dans la rue en attendant de récupérer un poulet à l’épicerie de nuit voisine.
Soudain, Hamid l’a agressé, lui lançant « Retourne à ton Peyrou te faire du bien », avant de lui porter plusieurs coups de poing à la tête entraînant une bagarre entre les deux. Mohamed est alors intervenu pour les séparer et a donné un coup de pied au trentenaire. Au final, la victime a été blessée à l’arcade sourcilière et au visage.
« Qu ‘est-ce qui justifie à un moment que ce monsieur se fait agresser ? Qu’il y ait cette réaction de violence gratuite ? Rien, si ce n’est l’homophobie, a fustigé Me Abratkiewicz, avocat de la partie civile. En France, il faut encore que les mentalités évoluent, il faut aller vers le respect entier des personnes. » Dans le box, les deux amis, qui ce soir là avaient pas mal bu, le jurent la main sur le coeur, cette altercation n’avait rien d’homophobe. Mieux : c’est Grégory qui aurait commencé en s’approchant d’eux tout en leur lançant “vous les Arabes” ou “sales Arabes”. Une hypothèse “plombée” lors des débats qui ont mis en avant le fait que l’amie qui accompagnait la victime est elle-même d’origine maghrébine… « Il m’a donné un coup de poing, j’ai répondu, assure Hamid. Mais on ne savait pas qu’il était homosexuel, on ne le connaissait pas, homophobie je ne sais même pas ce que ça veut dire ! Ça a duré trois minutes cette affaire, je l’ai oubliée, c’était il y a un mois. » Me Benabida, son avocat, a ironisé : « C’est forcément homophobe puisque c’est un homo qui a été agressé ! Il ne faut pas se laisser aller à la dictature du bon sentiment facile. » Sans succès : ces trois minutes ont coûté six mois ferme à Hamid alors que Mohamed a été relaxé sur la question de l’homophobie et condamné à trois mois avec sursis pour les violences. Les deux prévenus devront aussi régler 1 000 € à la victime.