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Reims : Contre les violences policières Les lycéens seront de la manif

11/24/2009

(source : http://www.lunion.presse.fr/index.php/cms/13/article/387125/Contre_les_violences_policieres___Les_lyceens_seront_de_la_manif 24/11/09)


Axel demande qu’on prévienne les CRS pour la manifestation prévue ce matin à partir de 10 heures à la maison des syndicats : « Cette fois je viens avec mes protège-tibias ». Un coup de matraque pris jeudi dernier devant son lycée a laissé des traces. « Je n’ai même pas dit à ma mère que j’avais été tapé par la police, elle aurait été folle ».
Les gamins de Roosevelt ne sont toujours pas remis de la violence policière subie lors de la venue du Premier ministre. « C’est sûr que ma mère va être Opé* pour que j’aille manifester aujourd’hui », estime une élève. « Quand je lui ai raconté ce qui s’est passé, elle a dit qu’à ma place, elle aurait pété un plomb. C’était un truc de ouf*, ceux qui étaient devant ont été renversés et tirés par les pieds ».
Les profs solidaires
Les lycéens estiment qu’ils étaient calmes quand la police a sonné la charge. « On avait juste une banderole où il était écrit « Lycéens en colère », pas super-agressif comme slogan. Ils nous ont attrapés et nous ont tapés. Des potes se sont fait embarquer alors qu’ils ne faisaient rien de spécial. À l’un d’eux, les policiers ont demandé de déclarer qu’il avait vu un autre lancer des cailloux alors qu’il n’avait rien vu du tout. Ils lui ont mis une pression pas possible », racontent Arthur, Maxence, Alexandre et Thibault.
Dans cette affaire, les professeurs sont plutôt solidaires de leurs élèves. « D’autant plus que le proviseur de Roosevelt avait proposé de jouer les médiateurs pour libérer le passage au Premier ministre. La police a préféré charger plutôt que de le laisser faire », témoigne le mari d’une enseignante.
Des vidéos de jeunes-filles frappées à terre par la police, des scènes diverses de matraquage ne cesse de circuler sur les réseaux sociaux internet comme Facebook.
Rien qui contribue à calmer les jeunes. Certains gardent tout de même la tête froide : « Il ne faut pas exagérer, les policiers ne tapaient pas super fort. Je le sais, j’ai reçu un coup », atténue un lycéen mais « rien que le fait de taper est inacceptable ». D’autres soulignent que des perturbateurs « venus de Croix-Rouge étaient là pour provoquer les policiers ».
D’autres encore assurent qu’il n’y avait personne de Croix-Rouge et que la police raconte cela pour justifier les coups de matraque.
La manifestation d’aujourd’hui devait se cantonner à des revendications socio-économiques. La lutte contre les violences policières s’invite à la fête. Espérons qu’Axel n’aura pas besoin de ses protège-tibias.
C.F.
*Opé : opérationnelle donc d’accord. *Ouf
: fou.

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