Atmel à Rousset : « On espère que le gouvernement va se bouger »
(source : 20 Minutes 26/11/09)
(source : 20 Minutes 26/11/09)
En février, la direction de l’usine du groupe américain de microélectronique (1 200 salariés, plus 1 800 emplois indirects selon la CFDT) indiquait son souhait de vendre l’usine, dans un délai d’un an. Mardi, après une dizaine de jours de grève, les salariés ont obtenu des garanties pour leur départ en cas de fermeture : un plan de 80 millions d’euros. La direction s’est même engagée à consulter le comité d’entreprise, le 18 décembre, sur un repreneur éventuel. Soit les salariés acceptent celui-ci, soit le site est fermé, a-t-elle indiqué. « Si on nous demande notre avis, c’est qu’il y a de gros doutes sur la fiabilité du repreneur », estime Jean-Yves Guerrini. Selon le syndicaliste, la « vente par appartements » du site, avec d’un côté les activités générant des brevets et de l’autre la simple fabrication, ne permet pas un projet pérenne de reprise.
Paradoxalement, Atmel fait partie du pôle de compétitivité « à vocation mondiale » Solutions Communicantes Sécurisées (SCS), doté de subventions publiques et censé faire de la micro-électronique un secteur d’avenir pour la région. A Marseille, dans le quartier de Saint-Menet, le « laisser-faire de la puissance publique » inquiète aussi. « C’est une gabegie complète », estime Daniel Amiot, animateur du groupement de défense Nestlé Saint-Menet, qui suit de près la convention de revitalisation du site, depuis le départ de la multi-nationale suisse en 2006. « La convention de revitalisation, qui arrive à son terme, prévoyait la création nette de 235 emplois. Or les emplois créés sont des délocalisations. Cent quarante, par exemple, sont issus du regroupement de services de La Poste, indique Daniel Amiot. Le comité de pilotage, responsable des décisions prises pour la revitalisation, ne s’est réuni qu’une seule fois en trois ans ! »
Interrogé hier sur ces questions, le préfet s’est montré laconique : « Avant, une entreprise qui avait des bases solides était tranquille pour dix ans. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Tout le monde voit bien que les situations ne sont plus immuables. » W
L. B.