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Afrique du Sud : répression contre la lutte des mal logés

12/18/2009

(source : HNS Info 18/12/09)


Les 13 de Kennedy (Kennedy Road, terres occupées par des mal logés) étaient de retour devant la cour vendredi pour leur sixième tentative de demande de bail.Après 2 mois en détention toutes les charges contre 1 des 13 étaient tombées, 6 ont eu un bail et les 5 restants ont été renvoyés en prison pour permettre à la police de trouver une quelconque preuve contre eux. Le prochain jugement aura lieu le 11 décembre.

Ce sera la 7 ème opportunité donnée à la police pour trouver une preuve de leur culpabilité.

Comme d’habitude, Jackson Gumede et Yakoob Baig étaient au procès et ont ouvertement conseillé les magistrats.

Gumede est le président du Comité Executif de la branche de Ward 25 de l’ANC et l’homme qui a confisqué le contrôle du campement de Kennedy Road le 27 septembre 2009.

Baig est le conseiller ANC pour Ward 25 et celui qui a dit que « l’harmonie avait été restaurée après l’attaque contre Abahali baseMjondolo (AbM). Il était aussi sur place quand les maisons des membres du Comité pour le développement de Kennedy Road ainsi que les membres de AbM connus étaient systématiquement démolies.

Depuis que l’ANC a confisqué le contrôle du campement les intimidations extrêmes continuent, incluant des menaces de mort et des menaces de plus de démolitions de maisons.

De fait une nouvelle maison a été démolie hier dimanche 30 novembre.

`C’est un crime de menacer de mort des gens parce qu’ils ne soutiennent pas votre parti politique. De même c’est un crime de démolir la maison de quelqu’un qui est supposé ne pas soutenir votre parti politique. Mais il n’y a pas d’enquête sur ces crimes. Personne n’est arrêté. Il est clair que ces crimes sont commis avec l’aide de la police et de l’ANC locales. Baig et Gumede sont complices de cette politique criminelle d’intimidation à Ken. Road. Déjà ils sont capables de conseiller les magistrats. Il est clair que la police et la justice travaillent pour l’ANC et non pour le peuple.

La magistrate a dit qu’il y aurait une enquête pour savoir s’il y avait eu un meeting de AbM avant l’attaque. Elle a fait sonner ça comme si participer à un meeting était une preuve claire de culpabilité. Mais bien sur qu’il y avait un meeting de l’AbM ! Ce fut la ligue des jeunes de L’AbM du camp qui fut attaquée ! Est ce que tous ceux d’entre nous qui ont participé au meeting peuvent maintenant être les cibles d’une arrestation ? Tenir un meeting n’est pas un crime. C’est les attaquer qui en est un ! Nous avons soutenu la Ligue de jeunesse du camp ce 26 septembre, pour parler de nos besoins et de notre combat. Rien d’autre.

Quand le camp a été attaqué nous n’avons pas su pourquoi nous l’étions. Nous n’avons pas su qui nous attaquait.

L’attaque fut une surprise totale et un choc. Tout ce que nous avons su c’est que nos assaillants disaient qu’ils allaient expulser le AmanPondo hors du camp et tuer tous les dirigeants de AbM. La police n’est pas venue quand on l’a appellée. Quand ils sont arrivés nous étions si choqués que ce furent nos propres camarades qui ont été arrêtés pas les assaillants. Alors les politiciens de l’ANC sont arrivés.

Ils ont encouragé l’attaque. Ils n’ont rien fait pour empêcher les démolitions des maisons de nos membres. Willies Mchunu a dit que Kennedy Road avait été libérée.

Il est devenu très clair de voir qui étaient nos attaquants. Quand nous sommes allés au tribunal pour défendre nos camarades l’ANC était là avec ses drapeaux et des t-shirts pour demander à ce qu’aucun bail ne soit accordé à nos camarades. Tout était clair.

A ce premier jugement public de bail nous sommes allés au procès portant notre uniforme de AbM complet. Nous avons été stoppés à la porte. Les gardes de sécurité ont dit qu’ils acceptaient seulement 10 personnes portant des chemises rouges. Alors nous avons tenu un meeting et délégué 10 camarades.

Quand ils sont entrés, ils ont vu que le tribunal était rempli de membres de l’ANC portant leurs t-shirts. Quand le conseiller Yacoob Baig est rentré dans le tribunal il est allé directement vers le procureur. Le procureur est allé parler a des policiers qui ont dit à nos 10 camarades qu’il n’y avait plus de place pour eux et ils ont dû partir. C’est alors que nous avons compris que l’ANC ne nous attaquait pas seulement avec des ivrognes armés de couteaux, ils nous attaquaient aussi avec le tribunal.

A chaque fois que nous sommes allés devant la cour ils ont interdit l’entrée à ceux qui portaient des chemises rouges mais autorisé d’entrer librement les porteurs de t-shirts ANC. Nous avons décidé stratégiquement de ne plus venir avec des chemises rouges, mais le tribunal est resté injuste. Même pendant que la cour rendait ses jugements les membres de l ‘ANC criaient, chantaient des slogans et même parfois juraient .

Quand les 13 de Kennedy Road sont arrivés, sortis de leurs cellules, ceux de l’ANC se sont levés pour les insulter, les intimider et essayer de les attaquer. Le camarade Sam de Arnett Drive et Mama Ngongoma de Siyanda furent attaqués physiquement. La police n’a rien fait. Si vous parlez ou que votre téléphone sonne vous devez partir ? Ce sont les lois qui doivent être respectées à l’audience. Mais l’ANC peut faire ce qu’elle veut et rien n’est fait contre elle. Les supporters de l’ANC nous ont attendu dehors, insultés et menacé de nous attaquer. Le révérend Roland Vernon est intervenu pour nous défendre malgré les insultes et menaces. Les supporteurs de l’ANC ont clairement dit qu’ils avaient pour instructions de tuer S’bu Zikode et qu’ils le feraient.

Pour nous une cour doit être neutre mais celle ci est 100% ANC.

Pour nous tout le monde a le droit d ‘être jugé sous 48h s’il a été arrêté, mais les 13 de KEN Road on passé 2 mois en prison sans charges précises. Même la magistrate a dit qu’elle ne les connaitrait que le vendredi 26 novembre. De fait la magistrate ne saura qui sont les 13 de KenRoad que vendredi. Quand les 13 ont été arrêtés l’ANC a dit qu’ils étaient tous membres du Comité de Sécurité (ils l’appellent le forum). A la dernière audience même la magistrate a dit que nos camarades n’en faisaient pas partie. En fait il n’y en a que deux qui sont de Safety and Security. Tous les autres sont membres de Abahli.

Yacoob Baig et Willies Mchunu ont envoyé des lettres au tribunal demandant le refus des baux. S’bu Zikode a écrit une lettre en réponse où il disait que nous connaissions les 13 et leur rôle dans la communauté, qu’ils n’étaient pas dangereux et demandions la garantie d’un bail. Le procureur a dit que la lettre de Zikode ne devrait pas être prise en compte car il n’est plus un leader. La présidente de la cour a repris l’argument disant que Zikode n’est plus le Président des Pauvres car il n’habite plus à Kennedy Road. Elle n’a pas dit pourquoi il a été obligé de partir ni pourquoi sa maison a été démolie, ni pourquoi il ne peut toujours pas apparaître en public à Durban. Nous voulons que ce soit clair que nous sommes pauvres et que Zikode est notre président.

Nous comme « habitants des cabanes » organisés exigeons la libération des 5 camarades encore en prison. Ils sont allés devant le tribunal six fois et la justice n’a pas réussi à trouver des charges contre eux. Ce n’est pas légal de détenir des gens quand il n’y a pas de charges.

Les 13 de Kennedy n’ont pas été bien traités en prison. Même leurs visiteurs ont été mal traités. Leurs gardiens nous ont fait attendre des heures et des heures pour les voir juste deux minutes. On n’avait même pas le temps de dire « Sawubona ».

On devait juste laisser la nourriture dans la cellule et partir. Nous sommes inquiets de la façon dont les 5 qui restent sont traités. Nous sommes inquiets pour leurs familles. Nous voulons une vrai enquête, neutre, qui ne cherche que la vérité.

Nous refusons toute enquête, qui soit une enquête de l’ANC, qui n’a comme but que de renvoyer les pauvres organisés dans les coins sombres de notre pays, les renvoyer au silence, à la faiblesse, aux camps de transît, aux zones rurales, à l’obscurité, au gaspillage de nos vies, à faire la queue pour l’eau, aux incendies, au développement organisé sous le contrôle d’un fusil et non par la négociation.

Après qu’encore un autre de nos camarades ait eu sa maison démolie en plein jour hier, nous sommes allés à la police et demandé à porter plainte. C’est le cas n°380/11/2009. Nous invitons les medias à enquêter sur ce cas. Nous avons tous besoin de nous instruire sur les réalités politiques de notre pays. Tout ce que nous voulons c’est la justice.

Pour voir une vidéo : http://www.youtube.com/watch ?v=-8g… 

Pour plus d’infos (pour ceux qui veulent appeler en Afrique du Sud) Mama Mkhize 076 579 6198 (isiZulu) Mazwi Nzimande 074 222 8601 (English/isiZulu) Mama Nxumalo 076 333 9386 (isiZulu)

Abahlali baseMjondolo, avec Le Mouvement des sans terre (Gauteng), le réseau rural (Kwazulu-Natal), la campagne anti expulsion de Ouest Cap fait partie de L’alliance des Pauvres, un réseau national et démocratique basé sur le mouvement des pauvres.

Traduction : Georges (SI de la CNT)

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