OLYMPIA : 101 SUPPRESSIONS D’EMPLOIS ANNONCÉES LA VEILLE DE NOEL
(source : http://www.ladepechedelaube.org/article.php3?id_article=1253 18/12/09)
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La cause : la délocalisation en Roumanie et le développement des importations en provenance de Turquie & de Chine. A chaque fois, ces plans étaient, d’après la direction, d’une « absolue nécessité » pour sauver le groupe OLYMPIA en lui permettant de retrouver le chemin des profits. 9 ans après, le bilan catastrophique est sous nos yeux : 700 emplois ont été supprimés et le Tribunal de commerce vient de déclarer le groupe en état de cessation de paiement. Il a, en effet, accumulé des dettes importantes : 3,5 M€ de dettes fiscales et sociales (Cf. interview du préfet dans LC du 20/11/2009), dettes judiciaires et dettes à des fournisseurs. Pourtant, avant la mise en oeuvre de cette stratégie de délocalisation et d’importations, la situation financière du groupe était florissante.
« Jacquemard présente une structure bilantielle des plus musclées avec un endettement négatif » indiquait un rapport de la CECAFI en 2000 (cabinet d’expertise du CE).
Des promesses non tenues de 2005 à l’origine du sureffectif Pour faire accepter le 3ème plan de licenciements, l’actionnaire principal n’a pas lésiné sur les moyens, allant jusqu’à recruter un nouveau Pdg, Gérard Labouze, qui ne fut pas avare de déclarations rassurantes ni de promesses mirobolantes avec son projet de logistique. « Je peux vous dire que dans 3 ans l’entreprise Jacquemard… sera également un logisticien de grand talent », et d’ajouter « la plate-forme logistique, c’est une véritable aubaine stratégique pour l’entreprise » (Cf. presse locale du 06/10/2005) ou bien encore, dès son arrivée en 2004, il avait déclaré vouloir « pérenniser le groupe dans l’Aube ». Deux ans plus tard, en décembre 2006, une fois le plan de licenciements mené à son terme, l’actionnaire principal mettait fin à sa mission en le congédiant. Ainsi aujourd’hui, ce sont les 296 salariés du site de Romilly qui se trouvent dans la tourmente avec le dépôt de bilan et l’annonce de 101 licenciements. Cette fuite en avant motivée par la rentabilité à court terme et par tous les moyens s’est donc avérée catastrophique pour l’emploi à Romilly. La résorption du sureffectif annoncé doit se faire par une augmentation du volume de travail réalisé à Romilly et non par de nouveaux licenciements.
Aujourd’hui, il est nécessaire de se rassembler et de passer à l’offensive pour ne pas laisser ce mauvais coup se réaliser. S’en remettre seulement à l’administrateur désigné par le tribunal de commerce et à un éventuel repreneur ou investisseur reviendrait à s’exposer à de nouvelles graves déceptions.
Il appartient aux salariés et à leurs organisations syndicales, à tous ceux qui entendent agir pour la défense de l’emploi, de formuler des alternatives aux 101 licenciements programmés.
Pour sauvegarder tous les emplois, les communistes proposent : Un bilan sérieux et contradictoire afin d’analyser les causes de l’échec des projets annoncés en 2005 et, plus généralement, sur la situation financière de l’ensemble du groupe après 9 années de délocalisation et d’importations massives.
Compte tenu des ravages en termes d’emplois occasionnés par les délocalisations et les importations qui, de plus, génèrent une dégradation de notre atmosphère avec la multiplication des transports, il est nécessaire d’envisager une relocalisation à Romilly.
Le concours financiers des banques est indispensable pour permettre à OLYMPIA de réaliser des investissements permettant de maintenir les emplois actuels et d’en créer afin de favoriser la diversification de la production et la fabrication des nouveaux produits mis au point récemment avec notamment des subventions du Conseil régional, dans le cadre de la recherche développement. Pour cela, les taux d’intérêt des crédits bancaires devraient être abaissés jusqu’à zéro en fonction des objectifs de maintien et de création d’emplois. Le Conseil régional pourrait y participer en créant un Fonds régional pour l’emploi et la formation.
Des droits et des pouvoirs nouveaux devraient, dans ce cadre, être accordés aux salariés et aux représentants des CE pour leur permettre de débattre réellement de la stratégie industrielle, des projets, pour suivre et contrôler l’utilisation de ce crédit bancaire.
Nous proposons que ces propositions et celles formulées par d’autres fassent l’objet d’une étude d’impact sérieuse. Pour engager un tel travail, le préfet devrait organiser au plus vite une table ronde réunissant toutes les parties concernées : les services de l’Etat, l’administrateur judiciaire, la direction, les représentants du personnel, les élus et la Banque de France.
La période d’observation décidée par le tribunal de commerce, qui durera jusqu’au 25 mai prochain, devrait être mise à profit pour cela. Elle devra, avec le repreneur éventuel ou investisseur, être prolongée si nécessaire. D’une manière plus générale, et le chaussant n’y échappe pas, nous considérons que la grande distribution a des comptes à rendre
Elle porte, en effet, une responsabilité décisive en mettant en concurrence les productions importées avec la production nationale, développant elle-même ses propres marques et imposant des conditions meurtrières aux fabricants. Les profits colossaux qu’elle tire de la vente de produits aux salariés et aux populations et de placements financiers qu’elle réalise devraient être mis à contribution pour la part qui leur revient pour sécuriser l’emploi, la formation et le revenu des salariés.
Les communistes et leurs élus considèrent donc qu’il n’y a aucune fatalité à un nouveau déclin de l’emploi chez OLYMPIA. Ils restent disponibles pour tout débat sur ces propositions afin de les enrichir et pour envisager toutes démarches et actions, dès lors que l’objectif recherché