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La militante sahraouie en grève de la faim à l’aéroport de Lanzarote a été hospitalisée

12/21/2009

(source : HNS Info/amnesty international 21/12/09)


Une militante des droits humains sahraouie en grève de la faim à l’aéroport de Lanzarote depuis son expulsion du Sahara occidental par les autorités marocaines a été hospitalisée dans la nuit du 16 au 17 décembre, en raison de la détérioration de son état de santé.

Aminatou Haidar, qui a été placée en soins intensifs, est résolue à poursuivre sa grève de la faim et refuse d’être alimentée par une sonde.

Elle a cessé de se nourrir le 15 novembre en signe de protestation contre son expulsion et pour obtenir l’autorisation de rentrer chez elle. Elle a été transférée à l’hôpital général de Lanzarote le 17 décembre vers 1 heure du matin.

Il est « profondément regrettable » que les autorités marocaines n’aient toujours pas autorisé Aminatou Haidar à rentrer chez elle à Laayoune et à retrouver ses enfants, a déclaré Amnesty International.

La militante a été arrêtée le 13 novembre à l’aéroport de Laayoune, au Sahara occidental, alors qu’elle rentrait d’un voyage d’un mois dans plusieurs pays, notamment les États-Unis où elle a reçu le prix 2009 du Courage civique, décerné chaque année à une personne qui a fait preuve d’une « résistance inébranlable au mal, au péril de sa vie ».

Elle a été interrogée sur les raisons pour lesquelles elle avait indiqué comme lieu de résidence « Sahara occidental » et non « Sahara marocain » sur sa carte de débarquement. On l’a également questionnée sur son voyage, ainsi que sur ses opinions et ses liens politiques.

Sa carte d’identité et son passeport marocains ont alors été confisqués et elle a été retenue à l’aéroport jusqu’au lendemain.

Aminatou Haidar a déclaré que, le 14 novembre, de hauts responsables marocains avaient proposé de la libérer si elle reconnaissait publiquement la « souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidental. Elle a refusé. Quelques heures plus tard, on l’a fait embarquer sur un vol à destination de Lanzarote, aux Canaries.

Le 11 décembre, Amnesty International a écrit au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, pour lui demander de poursuivre ses efforts en vue d’obtenir le retour – immédiat et sans condition – d’Aminatou Haidar au Sahara occidental, ainsi que la restitution de son passeport et de sa carte d’identité.

Le 7 décembre, puis de nouveau le 10 décembre, Ban Ki-moon avait exprimé sa préoccupation quant à la situation d’Aminatou Haidar et déclaré qu’il fallait trouver de toute urgence une solution dans cette affaire.

Les autorités marocaines ont jusqu’à présent refusé de se conformer à leurs obligations au regard du droit international. Elles affirment que la militante sahraouie « a renoncé » à sa nationalité marocaine.

« L’expulsion d’Aminatou Haidar montre que les autorités marocaines acceptent de moins en moins que les Sahraouis exercent leur droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion », a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

L’organisation relève que, ces derniers mois, un nombre croissant de cas de harcèlement contre des militants et des défenseurs des droits humains sahraouis ont été signalés : violations du droit de circuler librement, menaces et intimidations verbales, intensification des mesures de surveillance, impossibilité pour les militants de rencontrer des observateurs étrangers, confiscation de documents de voyage.

Dans sa lettre adressée à Ban Ki-moon, Amnesty International a souligné la responsabilité spécifique de l’ONU vis-à-vis du Sahara occidental, territoire non autonome tel que défini par la Charte des Nations unies.

L’organisation a demandé que les Nations unies émettent un avis juridique sur le statut des habitants du Sahara occidental, en particulier ceux qui, comme Aminatou Haidar, se trouvent en situation d’apatridie ou dans un vide juridique à cause des autorités marocaines.

Cet avis doit être rendu public estime Amnesty International, qui a par ailleurs demandé de nouveau qu’un volet surveillance des droits humains soit inclus dans le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), déployée en septembre 1991 pour surveiller le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario et organiser un référendum afin que la population du Sahara occidental puisse se prononcer sur le statut de ce territoire.

« L’introduction d’un volet droits humains dans le mandat de la MINURSO, qui doit être renouvelé en avril 2010, permettrait de faire progresser de manière significative les initiatives visant à faire cesser les violations des droits fondamentaux au Sahara occidental », a déclaré Malcolm Smart.

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