Le procès d’Egunkaria frôle le rocambolesque
(source : http://www.paysbasqueinfo.com/fr/actualitepaysbasque/article/97-le-procs-degunkaria-frle-le-rocambolesque.html)
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Pour autant, la police militaire espagnole a réitéré ses accusations au deuxième jour du procès des cinq représentants d’Egunkaria, estimant que le journal avait des liens avec l’ETA. Petit détail cependant, il n’ont fourni aucune preuve de leur accusation. Et comme le procureur Miguel Angel Carballo demande depuis plus d’un an le classement du dossier sans suites, faute, justement, d’éléments à charge, ce dernier est resté silencieux durant les deux premiers jours du procès, ne posant aucune question aux prévenus, ni aux témoins.
A Madrid, près de 7 ans après la fermeture du seul quotidien en langue basque, le procès frôle le rocambolesque. Sauf que les cinq accusés risquent effectivement de 12 à 14 ans de prison si l’Audience Nationale considère que, comme l’ETA, Egunkaria défendait l’usage de l’euskara, ou ne reconnaissait pas les frontières de la France et de l’Espagne en distribuant le quotidien partout où l’on parle basque, c’est à dire dans les sept provinces basques revendiquées par les indépendantistes.
C’est avec cette crainte que des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi à Bilbao pour soutenir les accusés qui ouvraient la marche aux cotés de nombreuses personnalités politiques, culturelles et syndicales, sur le thème “Egunkaria libre”.
Le procès devrait reprendre à Madrid le 12 janvier prochain et se poursuivre les 25 et 29 janvier. Les cinq accusés ont commencé à être entendu mardi et ont nié tout lien avec l’ETA, rappelant la pluralité des opinions représentées dans le journal, et décrivant les tortures dont ils estiment avoir été victimes durant leur longue garde à vue sous le régime de la mise au secret.
Pendant ce temps, les soutiens affluent pour condamner cette fermeture. Cette semaine, les députés européens d’Europe écologie ont dénoncé ce procès, de même que le parti Abertzaleen Batasuna ou encore d’ancien journalistes du Pays Basque nord. En revanche, l’association Reporters sans frontières est resté muette.