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Pour l’unité des intellectuels et des masses populaires

01/21/2010


K. MARX – F. ENGELS « L’idéologie Allemande »

« Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose, du même coup, des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l’un dans l’autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante; autrement dit, ce sont les idées de sa domination. Les individus qui constituent la classe dominante possèdent, entre autres choses, également une conscience, et en conséquence ils pensent; pour autant qu’ils dominent en tant que classe et déterminent une époque historique dans toute son ampleur, il va de soi que ces individus dominent dans tous les sens et qu’ils ont une position dominante, entre autres, comme êtres pensants aussi, comme producteurs d’idées, qu’ils règlent la production et la distribution des pensées de leur époque; leurs idées sont donc les idées dominantes de leur époque.

MAO ZEDONG « De la pratique »1937

« Dans la société de classes, chaque homme occupe une position de classe déterminée et il n’existe aucune pensée qui ne porte une empreinte de classe. »

MAO ZEDONG « Interventions aux causeries sur la littérature et l’art Discours de clôture 23 mai 1942 »)

« Nous encourageons les efforts des écrivains et des artistes révolutionnaires pour resserrer leurs liens avec les ouvriers, les paysans et les soldat »

« Il faut qu’ils abandonnent leur position petite-bourgeoise et passent graduellement du côté du prolétariat, du côté des ouvriers, des paysans et des soldats en allant parmi eux, en se jetant au cœur de la lutte pratique, en étudiant le marxisme et la société. »

BERTOLD BRECHT : « Thèses sur la mise en œuvre du mot d’ordre « réalisme militant »

1

Dans l’intérêt des travailleurs de tous les pays, de tous les exploités et opprimés, on doit adresser aux écrivains un appel pour un réalisme militant.

Seul un réalisme impitoyable, dissipant tous les rideaux de fumée qui voilent la vérité, c’est-à-dire l’exploitation et l’oppression, peut dénoncer et discréditer l’exploitation et l’oppression du capitalisme.

2

Pour écrire dans le sens du réalisme militant, il faut avoir des connaissances, et notamment un certain genre de connaissances : des connaissances économiques et historiques.

Il faut mettre ces connaissances à la portée des écrivains à qui l’on adresse cet appel. Dispenser ces connaissances est la tâche de ceux qui lancent l’appel. Sinon l’appel est un geste peu sérieux.

3

Les écrivains n’apprennent jamais mieux eux-mêmes que lorsqu’ils apprennent aux autres ; ils n’assimilent jamais mieux les connaissances que lorsqu’ils les font assimiler à d’autres. Il est nécessaire de les impliquer dans un grand travail littéraire, pour qu’ils apprennent.

4

Nombreux sont les écrivains qui tiennent beaucoup, en composant leurs œuvres, à puiser dans leur subconscient. Ils n’ont ni la possibilité ni le désir, lorsqu’ils composent leurs œuvres, d’y introduire une trop grande quantité de conscience claire.

Il faut amener ces écrivains à s’attaquer, à côté de leurs œuvres « inconscientes », à d’autres travaux, des travaux dont la rédaction est compatible avec la volonté consciente, c’est-à-dire très précisément des œuvres didactiques.

On peut s’attendre à ce que de la sorte le « subconscient » de ces écrivains soit lui-même rectifié : leurs œuvres « proprement » inconscientes profiteront elles-mêmes de leur travail « annexe ».

5

On constate aussi aujourd’hui chez des écrivains bourgeois un certain penchant pour les œuvres didactiques et actuelles. Une tentative comme celle de faire une espèce de nouvelle Encyclopédie semi-scientifique, rédigée par des écrivains, aurait actuellement des chances de trouver beaucoup de collaborations.

Une telle Encyclopédie n’aurait évidemment pas besoin d’avoir, du point de vue scientifique et politique, un caractère définitif ; elle ne dispenserait pas de la tâche de publier une Encyclopédie communiste, dont la nécessité est pressante ; mais elle contribuerait de façon décisive à éclairer les écrivains antifascistes et à leur faire prendre conscience d’eux-mêmes.

JDANOV : « DISCOURS AU PREMIER CONGRES DES ÉCRIVAINS SOVIÉTIQUES » (17 août 1934)

Construction socialiste Les succés de la littérature soviétique sont conditionnés par les succès de la construction socialiste. Sa croissance est l’expression des succès et des réalisations de notre régime socialiste. Notre littérature est la plus jeune de toutes les littératures de tous les peuples et de tous les pays.
En même temps elle est la littérature la plus riche de contenu, la plus avancée et la plus révolutionnaire. Il n’y a pas et il n’y a jamais eu de littérature, en dehors de la littérature soviétique, qui ait mobilisé les travailleurs et les opprimés dans la lutte pour l’anéantissement définitif de toute exploitation et du joug de l’esclavage salarié. Il n’y a pas et il n’y a jamais eu de littérature qui mette à la base des thèmes de ses productions la vie de la classe ouvrière et de la paysannerie et leur lutte pour le socialisme.
Il n’y a nulle part ailleurs, dans aucun autre pays du monde, une littérature qui défende et soutienne l’égalité en droits des travailleurs de toutes les nations, qui soutienne l’égalité en droits des femmes. Il n’y a pas et il ne peut pas y avoir dans un pays bourgeois une littérature qui se dresse de manière conséquente contre tout obscurantisme, tout mysticisme, toute bigoterie et diablerie, comme le fait notre littérature, Seule la littérature soviétique, qui est la chair et le sang ‘de notre construction socialiste, pouvait devenir et est devenue réellement aussi avancée, riche de contenu, révolutionnaire, Les écrivains soviétiques ont déjà créé pas mal d’oeuvres de talent, qui dépeignent la vie de notre pays soviétique avec exactitude et vérité. Il y a déjà une série de noms dont nous ayons le droit d’être fiers. Sous la direction du Parti, sous la direction attentive et quotidienne du Comité central, avec le
soutien et l’aide inlassables du camarade Staline, la masse entière des écrivains soviétiques s’est unie autour du pouvoir soviétique et du Parti.
Et voilà qu’à la lumière des succès de notre littérature soviétique, l’opposition entre notre régime, le régime du socialisme vainqueur, et le régime du capitalisme agonisant et pourrissant apparaît encore plus grande et plus tranchée.
Les écrivains Que peut écrire l’écrivain bourgeois, à quoi bourgeois peut’il rêver, quel enthousiasme peut entraîner ses pensées et où le prendra t’il, cet enthousiasme, lorsque l’ouvrier dans les pays capitalistes n’a pas la certitude du lendemain, qu’il ne sait pas s’il travaillera demain, que le paysan ne sait pas s’il travaillera demain sur son lopin de terre ou s’il en sera chassé par la crise capitaliste, que le travailleur intellectuel est aujourd’hui sans travail et ne sait s’il en aura demain ?
Que peut écrire l’écrivain bourgeois, de quel enthousiasme Peut-il être question pour lui, lorsque le monde, du jour au lendemain, peut être à nouveau précipité dans le gouffre d’une nouvelle guerre impérialiste ?
La situation présente de la littérature bourgeoise est telle qu’elle ne peut déjà plus créer de grandes oeuvres. Le déclin et la corruption de la littérature bourgeoise, qui découlent du déclin et de la corruption du régime capitaliste, se présentent comme le trait caractéristique, comme la particularité caractéristique de l’état de la culture bourgeoise et de la littérature bourgeoise dans le temps présent.
Les temps sont révolus sans retour où la littérature bourgeoise, reflétant les victoires de la société bourgeoise sur la féodalité, pouvait créer les grandes oeuvres de la période d’essor du capitalisme. Il se produit maintenant une dégénérescence générale de ses thèmes et de ses talents, de ses auteurs et de ses héros.
Possédé par une peur mortelle de la révolution prolétarienne, le fascisme s’attaque à la culture, il fait retourner l’humanité aux périodes les plus barbares et les plus sinistres de l’histoire, il brûle sur les bûchers, il anéantit sauvagement les productions des plus grands esprits.
Le déchaînement du mysticisme et du cléricalisme, l’engouement pour la pornographie sont caractéristiques du déclin et de la corruption de la culture bourgeoise. Les «célébrités » de la littérature bourgeoise, de cette littérature bourgeoise qui a vendu sa plume au capital, sont aujourd’hui les voleurs, les mouchards, les prostitués, les voyous.
Tout cela est caractéristique de cette partie de la littérature bourgeoise qui s’efforce de cacher la corruption de la société bourgeoise, qui essaye vainement de démontrer qu’il ne s’est rien passé, que tout va pour le mieux dans le « royaume de Danemark » et que rien n’est en train de pourrir dans la société capitaliste.
Les représentants de la littérature bourgeoise qui ressentent le plus vivement cet état de choses sont envahis par le pessimisme, l’incertitude du lendemain, le goût des ténèbres ; ils préconisent le pessimisme comme théorie et pratique de l’art. Et seul un petit nombre d’écrivains, les plus honnêtes et les plus clairvoyants, essayent de trouver une issue sur d’autres chemins, dans d’autres directions, et de lier leur sort à celui du prolétariat et de sa lutte révolutionnaire.

CLARA ZETKIN : « L’art et le prolétariat »

« Ce que l’art crée devient dans cette société une marchandise.
Tout comme les étoffes ou le café, la marchandise artistique doit conquérir son marché.
Qui est-ce qui domine celui-ci?
Ce n’est pas le petit monde des experts et des amateurs d’art, non, c’est l’inculture et la pseudoculture, le luxe, le besoin qu’éprouve une «populace solvable», pour employer cette expression grossière, de se distraire et de s’étourdir.
Seules les très fortes personnalités, ceux qui peuvent attendre, s’assurent la liberté d’exprimer dans une oeuvre d’art ce qu’un dieu leur a donné mission de dire.
Et quel est le sort de ceux qui se plient aux exigences du marché et encaissent le succès du jour ?
Ils succombent à la routine de la fabrication industrielle ou sont les esclaves du sensationnel d’un jour. La fièvre du marché capitaliste de l’art, l’aiguillon de la concurrence accélèrent la production, suppriment les conditions nécessaires à la maturation d’oeuvres généreuses. »

« L’artiste disparaît derrière l’industriel affairé et le commerçant ; son capital artistique ne tarde pas à être gaspillé ; le créateur des valeurs culturelles en devient le faussaire.
Il faut aussi chercher dans ces conditions la raison qui fait qu’à notre époque les courants artistiques se succèdent si rapidement et que les «vedettes» du jour s’usent extraordinairement vite.
Ce que l’on porte aujourd’hui aux nues comme la révélation la plus haute du génie artistique, sera oublié au plus tard dans dix ans et n’aura plus qu’un intérêt historique. »

« Ce n’est que lorsque le travail se libérera du joug du capitalisme, et qu’ainsi les antagonismes de classes seront supprimés, que la liberté de l’art prendra vie et forme, que le génie artistique pourra tenter librement les plus hautes envolées. »

« Qu’est donc l’engagement sinon l’idée?
Or l’art sans idée devient académisme, formalisme artistique.
Ce n’est pas l’idée ni l’engagement qui déshonorent l’oeuvre d’art et la profanent. Au contraire, celui-ci peut créer et accroître la valeur artistique.
L’engagement en art ne devient pernicieux que lorsqu’il est plaqué ou greffé grossièrement, lorsqu’il s’exprime par des moyens artistiques insuffisants.
Au contraire, quand l’idée agit du dedans avec des moyens d’expression artistiquement mûrs, elle engendre des œuvres immortelles.
Si bien que le prolétariat, au lieu de participer à chaque folie artistique à la mode dans le monde bourgeois, non seulement peut, mais doit suivre son propre chemin afin que l’art, dégagé de la misère de l’époque que nous vivons, se donne un contenu nouveau, plus élevé. »

VIDEO : Jean-Paul Sartre à Renault – 1970

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