[INDE] INTERVIEW DE AZAD, PORTE-PAROLE DU COMITE CENTRAL DU CPI(MAOISTE) -octobre 2009
(source : http://southasiarev.wordpress.com/2010/01/12/interview-with-azad-on-cpi-maoist-preparations-for-operation-green-hunt/ 12/01/2010)
Il y a beaucoup de discussions à propos d’une offensive militaire massive sans précédent qui pourrait commencer à n’importe quel moment maintenant. Comment votre parti va-t-il y faire face?
En fait, cette offensive sans précédent a déjà commencé. Dans la zone de Chintafuga dans le district du Dantewada, plus de 4.000 policiers conduits par 600 commandos d’élite de la force CoBRA anti-naxal ont exécuté l’opération de contre-révolution la plus grande jamais réalisé durant la troisième semaine de septembre, nommée Opération Green Hunt. Certains reporters des médias l’ont appelée Opération Red Hunt. Mais quel que soit son nom, ça a été la première tentative des forces centrales et de l’état d’arracher une partie du territoire des mains du peuple opprimé conduit par les maoïstes. Cette opération était en quelque sorte une répétition pour l’offensive centralisée et simultanée à travers tout le pays dans nos zones de guérilla, qui va se dérouler prochainement.
Lorsque l’attaque de l’ennemis s’set portée à côté du village de Singanamadugu, nos forces en présence étaient maximum au nombre de 50-60. Mais elles se sont battues héroïquement et ont réussi à repousser l’attaque grâce à une force supérieure, en comptant totalement sur la population.
C’est elle qui nous a donné l’information à propos de chaque mouvement de la force ennemie.
C’est ainsi que nos guérilléros ont pu traiter ce premier coup de ceux que l’on appelle communément CoBRAs, qui sont spécialement entraînés pour la guerre dans la jungle et envoyés pour mener une guerre injuste contre les révolutionnaires maoïstes. Six de ces hommes – dont deux assistants commandants, l’un de Manipur, l’autre d’UP – ont été effacés dans la vraie bataille. Ces braves CoBRAs ont démontré leur héroïsme et leur courage en assassinant sept villageois adivasis désarmés, dont deux vieillards et une femme, et en brûlant quatre villages. Pas un seul maoïste n’a été tué, contrairement aux affirmations erronées de la police qui a affirmé que 22 d’entres eux avaient perdu la vie. Nos forces les ont poursuivis sur plus de dix kilomètres. La population de toute la zone s’est levée avec nous dans cette contre-attaque envers ces voyous envoyés par le gang khadi Manmohan-Chidambaram du Centre et du gang saffron Raman Singh du Chhattisgarh. Cette résistance héroïque menée par une poignée de guérilléros maoïstes souligne la supériorité de la tactique de la guérilla et le soutien massif de la population a réjoui les maoïstes. Cela démontre la capacité de nos guérilléros à se confronter et à vaincre une force ennemie largement plus nombreuse et équipée d’un arsenal des plus sophistiqué, d’un support aérien, et pourquoi pas, appuyée par une mer de gens dans laquelle nous nous trouvons comme des poissons dans l’eau. Dans la deuxième semaine d’octobre, les hommes de Chidambaram ont une nouvelle fois déchaîné une vaste offensive, déployant 10.000 hommes et des hélicoptères MI-17 survolant la zone de Gadchiroli, dans le district de Maharashtra. C’était comme si l’armée d’un pays ennemi déclarait la guerre au peuple indien. A première vue, nos forces avaient mené avec succès une vaste campagne politique contre la farce des élections du 13 octobre dans le Maharashtra. Ici, je ne vais pas entrer dans les
détails concrets de nos tactiques précises pour affronter et battre cette énorme, impudente offensive sans précédent contre le peuple le plus opprimé, enchaîné par les classes dirigeantes au nom des impérialistes et des grands business. Je ne peux qu’assurer une chose actuellement: tous nos plans, nos politiques, nos stratégies et nos tactiques seront entièrement basées sur l’implication active de la vaste masse de la population dans cette guerre d’auto-défense. La classe ennemie ne peut pas nous décimer sans décimer toute la population des zones que nous contrôlons. Et si elle ose se lancer dans une guerre d’extermination de la population tribale, toute la scène socio-politique en Inde subira un changement fondamental et sera le témoin d’un réalignement radical des forces de classe.
Toutes les forces pacifiques, démocratiques, patriotiques et laïques, toutes les tranches opprimées de la société se polariseront d’un côté, alors que les forces les plus réactionnaires, anti-populaires, autoritaires, traitres, chauvines, anti-révolutionnaires se retrouveront de l’autre côté. Une telle polarisation sera forcée d’aboutir tant que la guerre avance et que les forces mercenaires ennemies tentent de transformer l’Inde centrale et de l’est en un cimetière. Les marchands de guerre seront isolés et devront faire face à une crise sociale et politique sans précédent. Cependant, au nom de notre Parti, du PLGA, des organisations révolutionnaires de masse et des organes de pouvoir démocratique du peuple, je peux assurer à la population dee notre pays qu’avec leur soutien, direct aussi bien qu’indirect, nous donnerons un coup de massue aux forces mercenaires ennemies et vaincront leur projet de placer ces régions sous contrôle international et national.
Mais vos forces ont tué plus ou moins vingt policiers, la plupart commandos C-60 dans les districts de Laheri et de Gadchiroli à la veille des élections dans le Maharashtra. N’est-ce pas ce type d’incidents qui incite le gouvernement à déployer d’énormes forces dans ces régions?
Non, c’est dans l’autre sens. C’est à cause des atrocités indescriptibles perpétrées par les forces spéciales anti-naxales que nous sommes obligés de mener de telles attaques. S’ils ne harcelaient pas les populations, adivasis pauvres et désarmés, s’ils ne les arrêtaient, ne les torturaient, ne les tuaient pas, s’ils ne violaient pas leurs femmes, s’ils ne s’occupaient pas de détruire les propriétés, de brûler les villages et les cultures des adivasis, s’ils ne permettaient pas les meurtres de sang-froid des maoïstes enlevés et ne les déclaraient pas morts dans des soi-disant ‘rencontres’, alors pourquoi nos forces entreprendraient-elles de telles attaques? Comme cela pourrait-il être une provocation?
Vous savez qui sont les commandos C-60? Ils sont spécialement formés dans une force anti-naxale dont la seule et unique mission est de tuer les naxalites et leurs sympathisants. Si aucun naxalite n’est trouvé, il se jettent sur les infortunés villageois adivasis, les arrêtent, les torturent et les assassinent. Les femmes adivasis sont devenues leurs objets de viol. Vous avez peut-être entendu l’histoire qui prise le coeur d’une fillette de 13 ans du village de Pavarvel qui a subi un viol collectif de cinq ou six commandos, mené par le célèbre Munnasingh Thakur en mars dernier. Ou le cas du viol collectif et du meurtre d’une femme de 52 ans du village de Kosini par plusieurs policiers en mai. Pour les leaders de cette guerre contre les adivasis – Manmohan Singh, Chidambaram, GK Pillai et d’autres – les viols collectifs d’une fillette de 13 ans ou d’une femme de 52 ans ne sont que des dommages collatéraux dans leur guerre plus vaste pour conquérir la région afin de piller ses richesses. Ces violeurs sont à l’abri de ‘l’état de droit’ préconisé par Chidambaram & Co. Même après que cette pauvre petite fille adivasi ai nommément identifié Munna Singh Thakur, vous savez!
Malgré une preuve tellement solide, les hauts-parleurs des dirigeants réactionnaires – Arnab Goswamys, Chandan Mitras et d’autres – n’ont jamais daigné lever la voix contre de tels crimes contre l’humanité perpétrés par ces brutes. Et ce qui est pire, c’est qu’ils se sont même permis de dire de ces violeurs qu’ils étaient de ‘braves commandos’! Ce que ces braves commandos ont fait à Danhora n’est rien d’autre que de créer la terreur dans le coeur des gens. Et c’est la raison pour laquelle nous avons assassiné environ 50 policiers, pour la plupart des commandos C-60, dans les huit derniers mois, depuis février. Aucun citoyen bien pensant de ce pays ne condamnerait ces offensives héroïques de notre PLGA contre ces meurtriers et ces violeurs en uniforme de police, dont le procès criminel ne sera jamais entrepris dans ce système et à qui aucune loi de droit ne s’applique, quels que soient leurs crimes inhumains. Nous déclarons vivement et sans équivoque au monde, nonobstant les cris stridents des dirigeants réactionnaires et de leurs acolytes à propos de notre soif de sans et de notre ‘violence sans raison’ que nous punirons ces mercenaires s’ils continuent à se permettre de tels crimes contre les masses opprimées. Chaque acte posé par un des nôtres est posé pour défendre les pauvres adivasis qui sont opprimés et supprimés par ces policiers qui ont créé une insécurité extrême pour les populations résidant dans de nombreuses zones du Gadchiroli. Notre attaque dans le Laheri doit être vue comme une partie de combat contre le terrorisme d’état. Au plus de telles forces entreront dans nos zones, au plus elles deviendront exposées à de telles attaques. Nous continuerons à effacer les commandos C-60, le CRPF, le BSF et les autres forces qui seront envoyées dans la zone pour déchaîner la terreur. Pour votre information, je peux dire en toute confiance qu’il n’y a gère eu d’incidents violents dans le Gadchiroli du fait des maoïstes cette année, à l’exception des attaques contre les commandos C-60 et les policiers cruels.
Malheureusement, certaines organisations de droits civils et certains intellectuels bien intentionnés sont tombés dans le piège de la propagande de la classe dirigeante réactionnaire qui affirme que nous tuons des policiers innocents, dont certains sont même des adivasis. S’ils se souciaient vraiment de l’escalade de la violence et souhaitaient sincèrement y mettre un terme, ils devraient interroger le gouvernement pour savoir pourquoi il met en place de plus en plus de commandos de forces spéciales anti-naxal et répand la terreur dans les régions habitées par les adivasis, pour savoir pourquoi il recrute des adivasis locaux dans la force de police anti-naxale et les transforme en chair à canon dans la guerre contre leur propre peuple, pour savoir pourquoi il transforme les pauvres membres des tribus en informateurs, en les menaçant ou en les soudoyant avec d’énormes sommes d’argent. Ils devraient demander où se trouve le problème de loi et d’ordre des maoïstes qui ont fait arrêter la déforestation, arrêter l’exploitation par les agents forestiers, par les entrepreneurs forestiers, par les contrebandiers du bois, par les bureaucrates gouvernementaux, par les usuriers, par les propriétaires non-adivasis qui avaient repris les terres tribales, à l’encontre de la Constitution indienne. Ils devraient se demander si les maoïstes ont bien fait ou pas en assurant une grosse augmentation du taux pour l’arrachage des feuilles de tendu, en découpant le bambou, en construisant des routes, en vendant les produits forestiers,… Et ils devraient révéler et opposer le complot du gouvernement qui envoie une énorme force armée répressive, munie d’armes sophistiquées, avec les maoïstes. Nous appelons tous les citoyens pacifistes du pays à regarder objectivement, pour eux-mêmes, qui a créé de la violence et a répandu la terreur dans le Gadchiroli et les autres régions soi-disant sous la terreur rouge. Ils devraient jouer un rôle responsable dans la réduction de la violence en demandant le retrait des forces terrifiantes de l’état qui ont fait des vies de la population un véritable enfer. Ils devraient comprendre la juste nature de notre guerre. Il ne doit faire aucun doute du fait que la paix prévaudra dès le moment où ces forces se retireront de ces régions.
L’opinion générale répandue dans la population extérieure est que les maoïstes ont recours à une violence insensée et qu’ils ont fait de nombreuses victimes innocentes. Par exemple, la décapitation d’un inspecteur récemment dans le Jharkhand. N’était-ce pas un acte cruel?
Premièrement, c’est une pure hypocrisie et un double discours de la part de ceux qui font une telle histoire à propos du sort du seul Francis Induvar. Ils ne parlent jamais des centaines de personnes qui sont mortes méconnues, sans qu’on les pleure et qu’on ne les ai entendues dans les chambres secrètes de torture maintenues par l’Etat indien en dépit des mesures constitutionnelles. Et pas uniquement des maoïstes ou leurs sympathisants. Le nombre de citoyens lambdas qui sont torturés chaque jour par des officiers tels qu’Induvar dans les chambres de torture n’est pas comptabilisé. Et notre honorable Chidambaram nomme ‘état de droit’ ces comportements sadiques et bestiaux des forces mercenaires. Savez-vous combien de centaines d’adivasis ont été décapités par la milice, la police et le CRPF dans la région de Bastar? Et ces forces sadiques, mises en place par le Centre et l’Etat ont même cruellement coupé des utérus et jeté des foetus. Si vous jetez juste une oeil sur les rapports d’enquête de plusieurs organisations indépendantes telles que le PUDR, le Human Rights Forum, Human Rights Watch ou CAVOW, vous trouverez une liste sans fin de ces crimes commis par les forces de sécurité et les gangs de vigiles payés par l’Etat. Pourquoi les soi-disant analystes qui passent à la télé et souillent les maoïstes en les accusant de violence stupide gardent-ils le
silence quand plus de cent adivasis sont tués de sang froid par le CRPF et les gangs de la milice dans les districts du Dantewada et du Bijapur en l’espace de seulement trois ans? Pourquoi leur sang bout-il quand un inspecteur est décapité, tout en se gardant de prendre en compte des milliers d’autres décapitations et mutilations qui rendent le cas de Induvar relativement insignifiant? Je répète une nouvelle fois assurément que le cas de Francis Induvar est une exception et pas la règle.
Cela doit être gardé à l’esprit lorsque l’on tente de juger la violence maoïste. Quant à l’acte luimême, nous n’encourageons pas de tels comportements même si la police mène de telles brutalités.
Nous punirons l’ennemi, mais il n’est pas nécessaire d’utiliser des méthodes cruelles. Sans doute, la colère des victimes de la violence policière est-elle trop difficile à contrôler. Quand nos guérilléros capturent un officier de police cruel, spécialement s’il a été responsable du meurtre de plusieurs de nos camarades, une sérieuse réaction causée par la colère refoulée est inévitable.
Cependant, la cruauté est la caractéristique du policier qui sert les classes exploitantes. Pour les révolutionnaires maoïstes qui servent les masses populaires et aspirent à construire une nouvelle société socialiste libre de toute exploitation de classe, la cruauté est un anathème. Nous éduquerons nos dirigeants pour que de tels comportements n’arrivent plus dans le futur. Nous appellerons également les policiers et les responsables du renseignement de ne pas entamer d’activités contre les maoïstes et la population. Ils devraient se rendre compte de la manière dont ils sont manipulés par les dirigeants réactionnaires, en tant que chair à canon en déchaînant une guerre de la terreur contre leur propre peuple, comment ils sont devenus des pions dans les mains des politiciens égoïstes et sans scrupules qui vendent les intérêts du pays pour quelques miettes lancées par les impérialistes et les grandes entreprises, et nous les assurons que s’ils renoncent à de telles activités, nous n’avons rien contre eux. Nous, maoïstes, sommes conscients que ce sont les gens pauvres et affamés qui sont obligés de rejoindre les forces de police et nous ne souhaitons pas que leurs familles soient endeuillées. Et nous partageons aussi le chagrin de madame Sunita Induvar et de ses enfants. Mais les dirigeants nous ont contraint à mener de telles actions pour notre propre défense.
Notre violence est une contre-violence révolutionnaire. Ce n’est ni de l’indiscrimination ni de l’idiotie, comme le prétendent les représentants de la classe dirigeante réactionnaire qui cite certains exemples en dehors de leur contexte dans leur désespoir de prouver que les maoïstes sont des monstres avides de sang. Quand l’ennemi sait qu’il combat une guerre injuste contre une écrasante majorité du peuple, quand il sait que les maoïstes jouissent d’un énorme soutien des masses, quand il est clair pour lui qu’il mène une bataille perdue d’avance, particulièrement dans les périodes où il perd des hommes dans sa guerre contre les maoïstes, que peut-il faire d’autre que de répandre des mensonges et calomnier pour booster le moral de ses propres forces?
Mais certains rapports dans les médias font état de 6.000 morts dues à des violences maoïstes ces six dernières années. Comment expliquez-vous cela?
Cela fait partie de la guerre de propagande et de la guerre psychologique déployée par les dirigeants réactionnaires. Il y a autant de vérité là-dedans qu’il y en a dans la propagande d’un Georges Bush affirmant que Saddam Hussein dispose d’armes de destruction massive. Un Georges Bush qui a détruit un pays entier avec son seul grand mensonge blanc. Et nos gangs de Sonio-Manmohan-Chidambaram veulent détruire l’entièreté de la communauté adivasi dans les zones sous influence maoïste riches en minerais en répandant des mensonges délibérés de violences injustifiées des maoïstes. Et c’est vraiment regrettable qu’une partie des médias soient devenus le véhicule de la prolifération de tels mensonges et déformations. Nous défions la chaîne de télévision qui a parlé de 6.000 morts causés par les maoïstes de dévoiler des données chiffrées concrètes. En sélectionnant n’importe quelle période et en analysant la violence de part et d’autre, vous découvrirez que le nombre total d’innocents civils désarmés et de révolutionnaires maoïstes assassinés par la police et les groupes d’autodéfense parrainés par l’Etat a toujours été beaucoup plus important que les policiers et les ennemis du peuple punis par les maoïstes. Plus de la moitié des 6.000 morts dont vous parlez consistent en morts de fait de la police et de gangs tels que la milice Salwa Judum. La manière hypocrite avec laquelle certains journaux et certaines chaînes de télévision parlent de la violence en rend la lecture dégoutante. Si cent maoïstes sont tués par la police et cinquante policiers le sont par les maoïstes, le journal va écrire ‘150 personnes tuées dans les violences liées aux maoïstes’. Cela crée l’impression dans le public que 150 personnes ont été tuées par les maoïstes. Certaines déformations et certains mensonges publiés dans les médias à propos de la violence naxalite sont extrêmement odieux. Par exemple, le DGP Vishwa Ranjan du Chhattisgarh a répandu le mensonge que huit membres d’une famille, y compris un enfant de deux ans et cinq femmes, avaient été brûlés vifs dans le village de Kesikodi dans le district de Kaker durant la deuxième semaine d’août. Tous les médias ont fait leur une en condamnant les maoïstes de leurs actes inhumains et sadiques, et en demandant au gouvernement d’anéantir les maoïstes avec une main de fer. Après deux jours, il est apparu qu’un tel incident ne s’était jamais produit. Par manque d’honnêteté, les médias n’ont pas admis leur erreur, et ne se sont pas excusés auprès des maoïstes pour avoir lancé une telle campagne vicieuse à leur encontre. Et le pire, c’est que la police a donné à l’épisode un nouveau tour en répandant le mensonge accusant les maoïstes d’avoir piégé les policiers, entraînant un massacre! Et encore une fois, les médias ont fidèlement reproduit l’histoire de la police. Laissez-moi prendre un autre exemple, qui date d’il y a quinze jours. Le 2 octobre a eu lieu le massacre de seize personnes appartenant aux Kurmis et aux Koeris par les Musahirs dans un conflit territorial à Khagaria dans le district du Bihar. Durant deux jours, tous les médias ont craché leur venin sur les maoïstes, nous décrivant comme des monstres assoiffés de sang, mais le 4, le ministre en chef du Bihar et les hauts cuivres de la police ont expliqué clairement que les maoïstes n’avaient pas le moindre lien avec le-dit incident. Cependant, aucun journal ni média en ligne ne s’est inquiété de s’excuser de leur irresponsable et vicieuse attaque contre les maoïstes.
Pire encore, des chaînes telles que ‘Times Now’ ont continué cette propagande vicieuse durant une semaine après que Nitish Kumar lui-même ait exclu tout lien maoïste avec l’incident. Mais les images restent gravées dans l’esprit du public et les médias sont les principaux responsables en répandant de tels mensonges et cette fausse propagande contre la violence maoïste. Dans ce contexte, je voudrais attirer votre attention sur un évènement qui date d’il y a cinq ans. L’express Howrah-Dehli Rajdhani a déraillé pour des raisons connues des autorités ferroviaires et plusieurs passagers sont décédés dans l’accident. La faute a été immédiatement imputée aux maoïstes. Nous avons expliqué que nous n’avions rien à voir avec cette mésaventure, mais les médias ont continué à répéter leur mensonge contre nous et une section de sympathisants a été la proie de cette propagande vicieuse. Comme pour notre contre-violence révolutionnaire, vous devez également noter qu’elle a toujours été sélective et organisée. Nos cibles sont des ennemis de classe avérés, des leaders et des activistes des groupes armés, des policiers, des officiers de la police spéciale qui déchaînent des attaques contre notre peuple et nos forces révolutionnaires, qui corrompent les fonctionnaires, des leaders politiques anti-populaires qui contribuent à l’élaboration des lois, des informateurs avérés de la police et des agents secrets qui sont envoyés dans les rangs des révolutionnaires par la police. Sans vérifier les incidents, les médias répètent comme des perroquets la version de la police de la manière la plus irresponsable et la plus désinvolte. Je suis d’accord que nous avons fait des erreurs dans notre action de guerre populaire, qui est une exception. Néanmoins, chaque erreur commise par nos forces a été franchement et immédiatement admise publiquement et les camarades responsables de ces incidents sont mis en garde, et punis en conséquence de la gravité de l’erreur commise. Nous n’avons jamais caché nos erreurs, nos défaillances, nos faiblesses et nos défauts. Nos documents critiques révèlent cela très clairement.
Manmohan Singh et Chidambaram ont à plusieurs reprises appelés les maoïstes à se préparer à discuter à condition qu’ils renoncent à l’usage des armes. Comment répondez-vous à cet appel?
Je peux dire que c’est la proposition la plus absurde, qui ne peut être pensée que par un esprit stupide. Cela démontre que ces hommes sont soit complètement ignorants des facteurs historiques et socio-économiques qui ont permis l’émergence du mouvement maoïste, soit qu’ils sont trop intoxiqués par la force brutale qu’ils possèdent et par laquelle ils rêvent de pouvoir éradiquer un mouvement ancré dans des causes socio-économiques. Avec de tels hommes politiques à la tête de l’Inde, on peut seulement prévoir une terrible tragédie pour les vastes masses de la population indienne qui rejettent ce système et optent pour une alternative révolutionnaire. Manmohan et Chidambaram et tous les cerveaux de leur think-tank devraient comprendre pourquoi une part significative de la population, conduite par les maoïstes, ont pris les armes en premier lieu.
N’importe qui ayant la capacité de penser peut-il s’imaginer que les maoïstes n’ont pris les armes que pour les déposer sans être parvenus à une solution aux problèmes auxquels est confrontée la société indienne? Si Manmohan et Chidambaram pensent nous faire une faveur en offrant une proposition de dialogue sans toucher aux problèmes actuels qui servent de base à notre lutte armée, ils ne font que vivre dans un paradis idiot. Et ce n’est pas ces hommes, qui occupent les plus hauts postes dans le gouvernement, ne savent pas ces choses. Ils veulent seulement prétendre qu’ils sont pour la paix, et que ce sont les maoïstes qui sont intransigeants et qui rechignent à s’asseoir pour discuter. Si ces représentants du terrorisme d’état veulent réellement dialoguer, ils doivent remplir plusieurs conditions dont, évidemment, réduire le champ d’application de la Constitution, par laquelle ces gentlemen terroristes jurent.
Quelles sont ces conditions?
J’y arrive justement. Ils doivent arrêter les enlèvements illégaux de maoïstes et de ceux qu’ils suspectent de les soutenir. Ils doivent arrêter immédiatement les tortures et les meurtres de gens désarmés, apprendre à leur soi-disant forces de sécurité à cesser de violer les femmes des zones dominées par les maoïstes, abandonner leur politique de destruction des biens du peuple et de destruction des villages adivasis. Ils doivent retirer les camps de police et paramilitaires des bâtiments scolaires, des bâtiments communautaires et des zones intérieures afin d’instiller un sentiment de sécurité parmi la population. Ils doivent dissoudre les gangs armés d’autodéfense sponsorisés par l’état tels que Salwa Judum, Sendra, Gram Suraksha Samiti, Nagarik Swaksha Samiti, Shanti Sena et les types variés de cobras et de tigres jusqu’à ce que tous les gangs assoiffés de sang établis inconstitutionnellement par les hauts gradés de la police et les leaders politiques.
Une commission d’enquête judiciaire doit être mise en place pour examiner les atrocités inhumaines comisent par la police, le CRPF et les autres forces centrales et gangs d’autodéfense vis à vis des maoïstes et le peuple et punir les coupables devront être punis par la loi sur base de ces enquêtes.
Tous les prisonniers politiques, par exemple, ceux qui ont été arrêtés pour être maoïstes ou sur base d’une suspicion de soutenir les maoïstes devront être libérés sans conditions. Ils doivent abroger toutes les lois draconiennes telles que le Unlawful Activities Prevention Act (UAPA), le Chhattisgarh Special Power Act, … Ils doivent dissoudre les camps de concentration organisés par le gouvernement au nom de la réhabilitation des villageois adivasis expropriés de leur village, payer une compensation adéquate à chaque adiviasi qui a été déplacé par la force par les gangs de la milice, la police et le CRPF. De même, tous ceux qui sont devenus des victimes de l’état et de la terreur parrainée par lui, par exemple ceux qui ont été assassinés, estropiés, violés et mis dans un état de traumatisme mental, doivent recevoir une compensation adéquate. Grâce à toutes ces mesures, ils doivent inciter la création d’une atmosphère démocratique dans toutes ces régions, préalable à leur proposition de dialogue. Quand aux problèmes socio-économiques, les terres des tribus doivent leur être rendues où qu’elles aient été saisies, que ce soit à Salboni (Bengal occidental), Kathikund (Jharkhand), Lohandiguda, Pallamad, Bodhghat (toutes dans le Chhattisgarh), Niyamgiri (Orissa) ou ailleurs. L’exploitation minière et tous les autres soi-disant projets de développement qui ont entraînés le déplacement des tribus et la destruction de leur mode de vie doivent être immédiatement dissoutes. Tous les MOU signés avec les impérialistes tels que Vedanta, et les grandes entreprises telles que Tatas, Mittals, Essar, Jadal,… doivent être laissé tombés.
Toutes les terres arrachées aux tribus par des patrons sans scrupules, d’autres non-adivasis et par le gouvernement doivent être rendues à leurs propriétaires de droit. Ces revendications peuvent sembler utopiques et révolutionnaires mais elles ne sont pas extraordinaires. La plupart d’entre elles tombent dans le champ d’application de la Constitution indienne alors que d’autres sont nécessaires pour créer une atmosphère propice au dialogue. Si ces conditions sont remplies, alors on peut réfléchir à un dialogue pour discuter sur les problèmes plus profonds qui bloquent le développement réel de notre pays.
Ce que vous dites ne sera jamais accepté par Manmohan et Chidambaram, parce que cela signifierait une trahison de leur propre intérêt de classe. Ne pensez-vous donc pas qu’en déposant les armes sans de telles conditions préalables, vous pourriez préserver vos forces de l’offensive brutale du Centre?
Nous savons que les agents sans coeur des classes dirigeantes, dont la base sociale réelle comprend à peine 5% de la population indienne, ne peut jamais penser en terme des intérêts des 95% restant de la population. Ils n’accepteront ces revendications constitutionnelles que si le peuple se soulève et met une pression énorme, ou si une rébellion se déclare dans leur propre police et dans leurs autres forces armées. Aucune force populaire ne s’est historiquement préservée par une docile soumission à l’ennemi. Le maoïsme nous apprend que l’auto-conservation n’est possible que par la guerre. On ne peut pas se défendre face à un ennemi puissant et extrêmement cruel en se soumettant docilement. On doit choisir une méthode appropriée pour combattre un ennemi relativement supérieur et puissant, et c’est elle seule qui peut préserver nos forces. Quiconque qui s’set livré à l’ennemi ou a déposé les armes est passé dans le camp ennemi. Par exemple, les dirigeants du parti communiste ont trahi la population en déposant les armes en 1951 au milieu de la glorieuse lutte armée agraire de Telangana et sont devenus révionnistes. C’est pourquoi seule une guerre d’auto-défense peut assurer la préservation des forces révolutionnaires. Et une fois que vous avez déposé les armes, quel est l’intérêt de votre force pour la population qui gémi quotidiennement sous l’oppression et la répression par les forces féodales, la mafia de la terre et de la forêt et les différentes ailes de l’état indien? Sans une armée populaire, la population peut-elle arriver à un peu de justice? Comment pouvez-vous attendre d’une armée, si petite soit-elle dans la situation actuelle, qu’elle abandonne les armes alors que les forces armées de l’état sont engagées dans la répression brutale de chaque mouvement populaire? C’est encore une chose différente si un accord peut être obtenu pour un cesser-le-feu sans conditions préalables de part et d’autre. A ce propos, il pourrait y avoir des discussions et certains accord pourraient être conclus si les hommes tels que Chidambaram renonçaient à leurs conditions irrationnelles, illogiques, impraticables et absurdes que les maoïstes doivent renoncer à la violence si ils veulent discuter.
Quand on prend en compte les sérieux revers subi par les mouvements armés de libération nationale récemment dans le monde, notamment au Sri Lanka, comment pensez-vous pouvoir affronter le puissant Etat indien et gagner?
Chaque guerre a ses caractéristiques particulières et spécifiques. La guerre menée par le LTTE au Sri Lanka a subi un revers sévère provoqué par plusieurs erreurs qui ont été clairement expliquées dans une interview récent de notre camarade secrétaire du Parti Ganapathi. On ne peut pas comparer une guerre populaire menée sous le leadership du prolétariat sur un vaste territoire dispersé dans des zones de quelques kilomètres carrés avec une guerre menée par des dirigeants non-prolétaires dans une petite zone, approximativement de la taille d’un grand district en Inde. De plus, la guerre populaire que nous menons est basée sur les principes maoïstes de la guérilla. Avant d’atteindre un stade décisif dans notre guerre, nous ne nous battrons pas dans une guerre de position sur une petite zone, contre une force supérieur dont il est probable qu’elle ai recours aux bombardements aériens si nécessaire. Nous pouvons combattre l’ennemi le plus puissant en obéissant correctement aux principes de la guérilla. Nous frapperons l’ennemi quand et où ce sera le plus commode pour nous, et pas quand et où il nous provoquera. Ses études aériennes ne peuvent pas localiser nos guérilléros, qui se mêlent à la population ou qui sont constamment en mouvement. Et ses sorties aériennes tomberaient sur les mauvaises cibles, voir même parfois sur ses propres hommes (sourires). C’est arrivé plusieurs fois en Irak et en Afghanistan. Nous changeront même nos tenues de combat et nous habillerons en civil. Il sera impossible à l’ennemi de nous viser si nous appliquons ces méthodes. Il finira seulement par tuer des civils et nous aidera à avoir plus de recrues dans notre armée de guérilla. C’est ce qu’a fait la milice Salwa Judum. Grâce à al Salwa Judum, notre armée de guérilla s’est développée rapidement. Et c’est la même histoire partout. Un Georges Bush a créé plus d’ennemis pour les impérialistes américains. Il a aidé Al Qaeda, les talibans, et plusieurs autres organisations islamiques à trouver des recrues et leur a fourni une justification au Jehad. La situation explosive rend impossible à ces dirigeants réactionnaires de maintenir la stabilité ou de contrôler les soulèvements des masses et de la résistance armée même s’ils continuent leur politique folle de continuellement augmenter leurs forces répressives alors que la grande majorité de la population indienne langui dans une extrême pauvreté et misère. Au plus ces vautours dépensent les fonds du peuple pour renforcer l’appareil d’état et les forces d’état dans le but d’assurer sa propre sécurité et de marginaliser la grande majorité du peuple indien qui est laissé même sans nourriture, eau potable et premières nécessités vitales, au plus ils deviendront l’objet du courroux et de la haine du peuple. En augmentant la répression plutôt qu’en examinant les problèmes des opprimés, les dirigeants réactionnaires indiens creusent leurs propres tombes en créant des centaines de milliers de guérilléros maoïstes. Les guérilleros apprendront à combattre et à abattre l’armée indienne, ou d’ailleurs les marines US. C’est comme ça que la guérilla est née et s’est développée jusqu’à ce stade. Ils ont appris comment combattre et infliger des souffles mortels aux élites des forces spéciales anti-naxales et d’autres forces de commandos, ils ont appris à combattre les forces paramilitaires centrales, la Naga, les bataillons Mizo, qui sont présentés comme une force invincible. Ils ont aussi porté le premier grand coup à la force CoBRA. Ils donneront aussi une leçon appropriée à l’armée indienne si elle ose entrer profondément dans les zones de guérilla maoïste. Avec le formidable soutien des masses et la participation dans la guerre populaire, les maoïstes sont confiants dans leur victoire sur les conspirations de Chidambaram & Co et se renforcent dans cette escalade de la guerre de la même manière qu’ils sont devenus qualitativement plus forts et plus vigoureux après que les dirigeants réactionnaires aient déchaînés
leur campagne terroriste cruelle par la Salwa Judum à Dandakaranya, la Sandra et NSS dans le Jharkhand, Harmad Vahini et les fascistes sociaux dans le Madnipur occidental. La répression engendre la résistance. Et au plus les hommes de Chidambaram vont terroriser les gens, les tuer, les torturer, les violer et faire des dégâts dans les zones adivasis, au plus intense et considérable sera la résistance armée des masses et au plus notre armée deviendra vigoureuse. C’est la logique du développement historique. D’où le fait que nous utiliserons la situation créée par la terreur blanche de l’ennemi pour organiser la résistance armée à une échelle beaucoup plus large et vaste que jamais. Comme je l’ai dit avant, nous vivons parmi le peuple, et si l’ennemi détruit l’entièreté de la population, nous sommes prêts à mourir avec elle plutôt qu’à nous soumettre à l’ennemi. C’et le peuple qui fait l’histoire et pas un Georges Bush, un Manmohan Singh ou un Chidambaram. Ces vautours qui prient sur les cadavres de millions de gens impuissants seront nettoyés par le
déploiement du tsunami des révoltes populaires à travers le pays.
Donc, vous ne serez jamais prêts pour des discussions avec le gouvernement si la condition préalable est de déposer les armes?
Jamais, même dans nos rêves, nous ne pouvons envisager un tel pas. Nous avons pris les armes pour défendre les droits du peuple et pour atteindre la libération de tous les types d’exploitation et d’oppression. Déposer les armes signifie la trahison des intérêts du peuple. Il se peut que nous perdions des forces dans l’offensive brutale de l’ennemi. Mais vous devez garder à l’esprit que quand la guerre populaire a commencé, nous n’avions qu’une poignée de cadres. Aujourd’hui, c’est devenu un Parti de masse de caractère indien et nous avons une armée populaire pour la première fois dans l’histoire du mouvement révolutionnaire en Inde. Même si nous perdons des forces, nous reconstruirons le mouvement comme nous le faisons actuellement dans l’Andhra Pradesh. Vous verrez les résultats de notre travail souterrain assidu dans un futur proche.
Chidambaram a dit que ce n’est pas une guerre contre les maoïstes mais seulement une opération de police. Comment décrivez-vous l’offensive en cours?
C’est une pure déception et un jeu avec les mots dont les dirigeants de ce pays se sont rendu maîtres directement après les jours de Chanakya. Qu’est-ce, sinon une guerre sanglante quand 75.000 forces paramilitaires sur-entraînées sont mobilisées contre leurs propres citoyens, soutenues par des hélicoptères de combat, des véhicules anti-mines, des mortiers, des roquettes et de l’artillerie lourde. Et ajoutez à cela un nombre équivalent de forces de police de l’état dans les zones de combat. C’est une force qui est plus grande en taille que les armées de la plupart des pays du monde. Et cette force est entraînée et guidée par l’armée indienne qui joue un rôle clé dans l’entièreté des opérations. Le IAF a déployé ses commandos Garuda et est prêt à faire feu sur la population et les autres non-combattants sous le prétexte de l’auto-défense. Seul un Goebbels et un Chidambaram ont le cran de dire que ce n’est pas une guerre. En fait, la guerre révolutionnaire armée se confronte à la guerre contre-révolutionnaire armée depuis la recrudescence armée révolutionnaire Naxalbari. Mais il y a une raison cachée au fait que Chidambaram a dit de manière répétitive que son attaque militaire n’est pas une guerre contre les maoïstes. Chidambaram est un homme astucieux et rusé. Il est conscient des implications s’il déclare officiellement la guerre. Si c’est une guerre, il doit obéir aux dispositions de la Convention Internationale de Genève.
Néanmoins, l’article 2 de la 4ème Convention de Genève déclare que les signataires sont liés par la Convention même dans les situations de conflits armés quand la guerre n’a pas été déclarée. Nous espérons que toutes les organisations de droits civiles et les forces démocratiques feront pression sur le gouvernement indien pour qu’il respecte la Convention de Genève, même s’il nie délibérément être en guerre avec les maoïstes. Nous espérons que Chidambaram enseignera à ses troupes qui font la guerre contre nous de ne pas faire de tort aux non-combattants ni aux civils, de ne pas tuer ceux qui sont blessés ou détenus durant la guerre, de ne pas permettre le viol des femmes des guérilléros arrêtés et des villageois adivasis, et d’obéir à toutes les garanties judiciaires qui sont reconnues comme indispensables par les peuples civilisés. Ce sera le devoir impérieux des organisations de droits civils et des médias d’assurer que Chidambaram, qui parle jusqu’à la nausée de ‘l’état de droit’, demande à ses hommes d’obéir à ces dispositions minimales de la Convention de Genève durant la guerre actuelle.
Le gouvernement, les dirigeants des partis politiques dominants et même certains chefs de la société civile ont dit avec insistance qu’ils n’ont pas d’autres choix que celui d’une solution militaire vu que les maoïstes bloquent le travail de développement dans les zones qu’ils contrôlent et maintiennent le peuple dans la pauvreté. Pourquoi ne permettez-vous pas la mise en place du travail de développement?
C’est encore un autre mythe répandu par les classes dirigeantes et répété par les médias et certains cercles d’intellectuels pro-establishement qui se cachent derrière la façade de la société civile.
Même en supposant que les maoïstes bloquent le soi-disant travail de développement du gouvernement, quel pourcentage de la population en est affecté? Si on prend les zones contrôlées par les maoïstes en tant que telles, elles englobent à peine 2% de la population indienne. Même si on considère les zones qui se trouvent sous notre influence directe, ce ne serait pas plus de 5% bien que la zone géographique puisse être plus grande. Donc, que font ces gentlemen, qui hurlent incessamment contre le manque de développement dans les zones tenues par les maoïstes, de toutes les autres zones qui hébergent 98% de la population indienne? Qui garde 77% de la population indienne dans une misère lamentable? Pourquoi vit-elle dans une pauvreté grinçante avec seulement vingt roupies par jour? Qui empêche le gouvernement d’apporter le développement dans ces régions et l’amélioration de leurs conditions de vie? Qui a causé le suicide de 200.000 fermiers en seulement dix ans? Manmohan Singh et Chidambaram ne sont-ils pas responsables de cette énorme tragédie humaine qui est une conséquence directe de leurs politiques néo-libérales dictées par les impérialistes? Le BJP et le Congrès ont tous les deux transformé les vies du peuple en enfer.
Ils ont mené les SEZs en avant pour engraisser les maisons de commerce et la vraie mafia d’état, qui sont leurs frères de sang. Quelle quantité des fonds consacrés au développement des zones en dehors de celles sous influence maoïste parvient réellement aux pauvres et aux nécessiteux, et combien va dans les poches de ces leaders politiques, bureaucrates et entrepreneurs? Quelques enquêtes indépendantes ont révélé que plus de 50% des fonds alloués pour le soi-disant développement sont canalisés par ces bureaucrates, les hauts gradés de la police et les leaders politiques qui crachent leur venin sur les maoïstes. Si un comité populaire composé d’éminentes personnalités indépendantes et d’activistes sociaux était mis en place, et qu’une enquête était conduite dans les avoirs de tous les bureaucrates, des fonctionnaires de police, des chefs politiques et des hommes d’affaires, je pense que nous pourrions débusquer plusieurs trillions de roupies d’avoirs illégaux qui pourraient être utilisés à bon escient. Ce sont les impérialistes, les forces féodales et les grandes maisons commerciales qui bloquent un développement sérieux. C’est la petite noblesse locale, la mafia de la terre, les accapareurs, les usuriers sans scrupules et les propriétaires terriens qui bloquent un vrai développement dans les régions rurales. Au nom du développement, des centaines de milliers d’adivasis et d’autres sections de la paysannerie ont été expropriés de leur village par les gouvernements successifs, soit dirigé par le gang saffron de Vajpayee, soit par le gang khadi de Manmohan Singh. Ce que ces dirigeants effectuent dans ces régions n’est pas du développement, mais de la destruction pure et simple. Ce n’est pas non plus un fait que les maoïstes s’opposent et empêchent tous les plans du gouvernement. Aucun projet soit gouvernemental soit d’ONG réellement bénéfique pour les pauvres n’est bloqué par nous. Une visite dans nos régions prouverait cela au-delà de tous les doutes. Pouvez-vous imaginer que les maoïstes, qui travaillent pour le peuple, s’opposent à quoi que ce soit qui soit bénéfique pour lui?
Et s’ils le faisaient, ne seraient-ils pas isolés de ce même peuple? Comment pouvez-vous expliquer le soutien de plus en plus massif à notre Parti, si nous faisions quoi que ce soit contre la volonté et les souhaits des gens? Nous ne nous opposons qu’aux projets qui entraînent des expropriations massives, qui immergent des villages entiers, qui enlèvent les terres fertiles des projets paysans tel que le Netrahat Frindge Range qui déplace 224 villages dans les districts de Palamau, Latehar et Gumla, des barrages tels que Mandal et Auranga, les aciéries Abhiject Power Project et Essar dans le Latehar, les projets Bhushan et Jindal dans les districts de Singbhum oriental et de Saraikela-Kharsewan, tous dans le Jharkhand, les mines de Pallamaad, le projet Bodhaghat et les aciéries Tata à Lohandiguda dans le Chhattisgarh, les aciéries Jindal ans le Salboni, les aciéries Posco et Kalinganagar en Orissa, le projet de mine de bauxite de Jindal dans l’Andhra nord,… L’autorisation de ces projets a été donnée sans le consentement des populations locales, et dans la plupart des cas, la terre a été acquise par la force avec l’aide de la police et des gestionnaires. Dans certains cas, on a mis en scène une convocation et l’accord du peuple (grâce à l’intimidation et parfois même au bout de l’arme) a été promulgué. Nous devons mener le peuple contre ces projets anti-peuple et les accords secrets établis par les dirigeants avec les impérialistes et les acheteurs capitalistes. Seuls les sans-coeur peuvent affirmer que notre prise de position est contre le développement.
Chidambaram vous a décrit comme des bandits, des terroristes, des meurtriers et des escrocs,…
Cette attitude belliqueuse de la part du Ministre de l’Intérieur, qui a beaucoup de points communs avec le belliciste Donald Rumsfeld, ne nous surprend pas du tout. Cela reflète l’esprit fasciste et la banqueroute politique de nos dirigeants réactionnaires qui sont incapables de mener des batailles politiques avec les révolutionnaires maoïstes. C’est un signe de leur désespoir et de leur extrême faiblesse idéologico-politique. Maintenant, je voudrais faire trois remarques sur le refus de Chidambaram de reconnaître le CPI(Maoïste) en tant que parti politique. Premièrement, ce gars est trop épris d’une solution militaire à la question naxale, il souhaite juste nous exploser hors de l’existence en nous décrivant comme des terroristes. S’il reconnaissait le CPI(Maoïste) en tant que parti politique, alors, il devrait logiquement tenter de commencer par une solution politique avec nous. Mais dès que vous décrivez votre ennemi comme un terroriste et un bandit engagé dans une violence impitoyable et insensée, alors vous n’avez aucun souci à l’expulser de l’existence. Pas de parti politique, ce qui entraîne qu’aucune solution politique ne traverse la logique pervertie de ce gentleman à la tête du Ministère de l’Intérieur qui a reçu son apprentissage dans l’industrie prospère de la ‘guerre terroriste’ des impérialistes américains. Le cabinet de guerre comprenant Manmohan, Chidambaram, GK Pillai nous rappelle le cabinet de guerre sous Georges Bush. Deuxièmement, la déclaration infâme qui assimile les maoïstes à des bandits trahi la complète ignorance de l’homme qui, pour le malheur d’une grande majorité de la population indienne, a fini par prendre la barre du Ministère de l’Intérieur. Il ignore l’idéologie, le programme politique, la stratégie et les tactiques d’un des plus grands partis politiques du pays, un Parti qui est la seule réelle opposition à ce que l’on appelle les partis politiques dominants. On ne peut que se sentir désolé pour cette autruche qui refuse de prononcer la vérité en même temps qu’il hurle que les maoïstes sont la ‘seule plus grande menace pour le pays’, qu’il a répandu plus de 2.000 commissariats dans 200 districts de 17 états,etc
Donc, ce qui l’empêche d’appeler le CPI(Maoïste) un parti politique est quelque chose qu’il ne sera jamais capable d’expliquer. Je suppose qu’il imagine qu’un parti politique doit être quelque chose de semblable à son propre parti, géré par des coteries et des cliques comprenant une poignée de chefs et de pouvoirs extra-constitutionnels qui ne sont responsables devant rien, une culture dynastique odieuse, ou en un mot, une structure non-transparente et autocratique sans aucun fonctionnement démocratique dans le vrai sens du terme. En fait, aucun des partis parlementaires dominant ne se rapproche de notre Parti en terme de fonctionnement démocratique. Notre parti organise des plénières à tous les niveaux tous les deux ans, des conférences aussi fréquemment que possible et un Congrès central tous les cinq ans. Même le comité du Parti est élu durant ces forums.
Pas seulement dans le Parti, mais aussi dans toutes nos organisations de masse, les organes de pouvoir du peuple et les autres départements les mêmes pratiques sont suivies. Et vous pouvez imaginer combien il est extrêmement difficile pour un parti clandestin agissant au milieu de l’attaque de l’ennemi le plus sévère de mener de telles méthodes démocratiques. Troisièmement, je voudrais dire qu’en un sens, ce titre de bandit que nous donne notre ennemi sans coeur est un compliment pour nous. Quand nous entendons un tel ton agressif de la part de nos ennemis, nous sommes doublement assuré que nous allons dans la bonne direction. En Chine, le dirigeant réactionnaire et traître Chiang Kaishek, qui était un agnet des impérialistes anglo-américains, a décrit le Parti Communiste de Chine comme un parti bandit et les communistes comme des bandits rouges. Le camarade Mao l’a pris pour un compliment et a dit que si les révolutionnaires communistes attendaient de bons mots de la part de l’ennemi, alors il doit y avoir quelque chose de fondamentalement faux dans leur ligne et leur pratique. Même en supposant que nous sommes de bandits rouges qui volent les riches pour nourrir les pauvres, comme une sorte de Robin des Bois, comme certains le croient, ce n’est pas encore une chose trop grave. Mais Chidambaram & Co sont des bandits blancs qui volent les pauvres pour payer les riches. De manière intéressante, alors que Chidambaram refuse de nous reconnaître en tant que Parti politique même si certains fonctionnaires de police tels que le premier DG de BSF ML Kumawat, ont plus de clarté au moins sur cette question. Des gens comme Arnab Goswamy de ‘Times Now’, qui ne reflètent pas uniquement les vues de Chidambaram et des hauts fonctionnaires de police mais les embellissent aussi avec leur propre logique pervertie, deviennent sauvage quand quelqu’un dit que le PCI(Maoïste) est un parti politique. Comment un parti qui décapite un Inspecteur peut-il être appelé parti politique, tonne-til?
Mais même un enfant sait que pas uniquement les décapitations, mais brûler vif et massacrer des milliers de musulmans, de sikhs et de chrétiens, violer les femmes des communautés de la minorité, et organiser des génocides sur plus de 10.000 révolutionnaires dans les 40 dernières années n’a pas disqualifié le Congrès ni le BJP en tant que partis politiques. Au contraire, ils restent les deux plus grands représentants des classes dirigeantes. Si seule la violence doit être prise comme un critère pour déterminer si une organisation est un parti politique ou pas, il ne resterait pas un seul parti sur la scène politique du pays. Par exemple, même à l’apogée de la guerre révolutionnaire dans l’Andhra Pradesh, les études ont montré que dans n’importe quelle période donnée, la violence entre les deux partis de la classe dirigeante, le Congrès et le TDP dans la seule région de Rayalaseema s’est fait sentir d’une manière plus forte sur la vie des peuples que les victimes dans l’entièreté de l’état dans les mains des naxalites. De telles histoires de sévices et de violence brutale entre les sections des classes dirigeantes dans leur combat pour le pouvoir abondent dans les états du Bengal occidental, UP, Bihar, Timil Nadu, Kerala et d’autres. Alors avec quelle logique ces prétendus analystes soutiennent-ils que quelques punitions de la part des maoïstes les disqualifient en tant que parti? Toutes ces autruches trahissent leur stupidité en imaginant qu’ils peuvent transformer un parti politique en une entité non-politique d’un geste de la main. Ces autruches sortiront-elles un jour la tête du sable?
Parlant à des chaînes de télé, Chidambaram a dit qu’il adorerait être Ministre de l’Environnement et des Forêts pour pouvoir s’asseoir dans un chalet et étudier des livres. Commentaire?
(Riant bruyamment) C’est la blague la plus cruelle de la décennie. Si, pour notre malheur, Chidambaram devenait Ministre de l’Environnement et des Forêts, alors resterait-il aucune forêt digne de ce nom? La raison pour laquelle Chidambaram lorgne sur le ministère de l’environnement n’est pas difficile à comprendre pour n’importe quel observateur enthousiaste des événements passés. Les dossiers de nombreux projets miniers ou de soi-disant développement languissent sur les étagères du Ministère de l’Environnement faute de dédouanement. Le projet du bauxite de Vedanta Aluminium Ldt, une filiale de la société britannique Vedanta, a reçu l’autorisation du ministère de l’environnement en avril de cette année après une longue période d’attente. La compagnie est en train de dévaster les Niyamgiri Hills dans le Kalahandi et de détruire une des plus anciennes tribus d’Inde, les Dongria Kondhs. Les grands entrepreneurs du fer, de l’aluminium et de la forêt veulent quelqu’un qui leur soit proche, qui donnera son feu vert à leur projet sans tracas. Si le ministère de l’environnement est dans les mains de leurs loyaux agents, ce serait la fin de leurs malheurs. Pas étonnant que Chidambaram lorgne à l’obtention du job. Une chose est certaine: avec Chidambaram à la tête du ministère de l’environnement, plusieurs millions d’adivasis en plus seraient expropriés de leurs terres d’origine, les forêts seraient décimées, la manière de vivre traditionnelle et l’identité culturelle des adivasis serait détruite, les sources polluées et la balance écologique s’aggraverait encore plus. De plus, toutes les forêts prendront feu comme la guerre populaire se répandra encore plus rapidement suite aux politiques répressives actuelles du gouvernement. Le pauvre Chidambaram pourra-t-il donc dès lors réaliser son rêve longtemps caressé d’étudier des livres en paix?
Le gouvernement souhaite établir son autorité sur toutes les régions contrôlées par les maoïstes. Chidambaram a parlé d’une politique de clear-and-hold (nettoyé et maintenir) et de développement du contrôle de la lutte ou de la domination des régions dans les poches maoïstes majeures. Son argument est de dire qu’il ne peut y avoir aucun développement sans récupération préalable des territoires des maoïstes. Comment ripostez-vous à cette politique?
Bien que nous ayons une influence sur une zone plus large, notre contrôle actuel est confiné dans une petite région comparé à la vaste étendue géographique de notre pays. Et cette zone est le témoin d’un réel développement comme je l’ai expliqué plus tôt. Les classes exploitantes ont un contrôle absolu de plus de 90% des zones géographiques du pays. Si tout ce qu’ils veulent, c’est tendre le bras aux masses avec leurs soi-disant réformes, qui les empêche de le faire? Au lieu d’aborder le problème brûlant des pauvres dans les vastes régions qui sont sous leur contrôle absolu, ils parlent de reprendre le territoire des maoïstes. Cette politique de ‘clear-and-hold’ tout à l’inverse des opérations ‘search-and-clear’ (chercher et nettoyer) ou de balayage est une copie conforme de la politique menée par les impérialistes britanniques en Malaisie et les impérialistes américains au Vietnam dans les années 50 et 60. Cette politique a été décrite en détail par Robert Thompson dans son livre ‘Defeating Communist Insurgency’. Le double objectif de la politique du ‘clear-and-hold’ est de tuer les insurgés et de détruire leurs infrastructures. L’élément clé est de restaurer l’autorité de l’état et le contrôle des hameaux stratégiques en est le programme. L’ennemi s’est rendu compte que les raids à court-terme dans les régions et les bases maoïstes, à quelle que grande échelle ils puissent être, ne rapporteront pas des résultats durables et que les révolutionnaires peuvent se regrouper. D’où un accent grandissant sur les opérations ‘clear-and-hold’ avec la création de hameaux stratégiques comme la clé. La base de la stratégie militaire de l’ennemi est de déployer autant de forces que possible dans la même zone d’opération que celle des guérilléros. Et le village stratégique est une condition préalable pour rétablir l’autorité de l’état car il assure l’isolation physique et politique des guérilléros d’avec la population. Ainsi fonctionne les principes de base de la politique de Thompson actuellement poursuivie par Chidambaram & Co, d’abord dans le Larlgrah. Le succès des britanniques en Malaisie n’est pas du à la grandeur de cette politique, mais à la ligne révisionniste de la direction du Parti Communiste à la tête de la révolution de ce pays. Pour en revenir à notre propre expérience en Inde, nous voyons la lutte armée agraire glorieuse de Telangana en 1946-61, environ 3.000 villages ont été libérés mais nous les avons perdu au contrôle de l’ennemi à cause de la trahison de la direction du Parti Communiste. Si une ligne révolutionnaire est suivie par le Parti et qu’il utilise les principes de la guérilla convenablement, il sera impossible pour l’ennemi de nettoyer et de tenir complètement une zone pendant longtemps, sans parler de développement. L’échec colossal des hameaux stratégiques à travers la campagne militaire combinée de la milice et de l’état en est une preuve. Le gouvernement indien va verser des fonds gigantesques et exécuter certaines réformes pour convaincre une partie de la population dans quelques régions. Mais même dans celles-ci, il ne peut supporter longtemps, tout comme il ne peut mettre en place des hameaux stratégiques sur un vaste territoire. De toute façon, son objectif principal est de nettoyer la zone des maoïstes et de passer la main de la richesse minérale au secteur corporatif. Donc, même s’il nous oblige à nous retirer de certaines zones grâce à sa force brutale, l’entièreté de la population sera de notre côté et notre guerre sera menée à une échelle beaucoup plus grande contre les occupants. Le cas du Vietnam est une illustration classique de l’échec total de la politique du ‘clear-and-hold’ prônée par Thompson. Bien que 8.000 hameaux stratégiques aient été établis en seulement deux ans, l’ennemi n’a pas pu les protéger et les isoler de l’influence du Vietcong et plusieurs d’entre eux ont été repris par les guérilléros ou utilisés pour leurs opérations contre les forces ennemies. La chose la plus importante à garder en tête est que: la guérilla est développée précisément pour ‘hit and run’ (frapper et s’enfuir), par exemple pour frapper l’ennemi là où il est vulnérable, le harceler nuit et jour, lui couper les vivres, créer l’instabilité et un sentiment d’insécurité parmi les forces ennemies, les annihiler petit à petit et finalement, les rejeter de la zone. C’est pourquoi si l’ennemi veut ériger des camps policiers et armés à l’intérieur, il ne durera pas longtemps. Il sera constamment attaqué et harcelé par notre PLGA et par les milices populaires. Combien de temps l’ennemi peut-il rester dans ces régions sujettes au paludisme, inhospitalières et où l’eau est rare sans aucun soutien ou coopération populaire? Il finira par se révéler être un cimetière pour ces forces mercenaires. Je peux dire avec certitude que dans peu de temps, il y aura une démoralisation et une désertion dans ces forces répressives. Nous devons attendre pour voir comment Chidambaram gèrera ces désertions et quelles mesures il adoptera pour remonter le moral de ses forces. Raman Singh et Vishwa Ranjan ont boosté le moral de leurs forces en effectuant les massacres d’adivasis désarmés comme dans le Singaram, le Tongapal, le Singanamaduyu… et en affirmant que plusieurs maoïstes avaient été tués par leurs braves forces. Chidambaram doit également suivre ce sentier battu et ainsi nous envoyer plus de recrues. Et au plus ces forces essayent de reprendre ces régions, au plus profondément elles seront enlisées dans une guerre civile sans fin. Les forces que Chidambaram est actuellement en train de déployer dans les zones maoïstes ne peuvent pas contrôler une fraction de l’entièreté de la région. Ces forces, qui répandent une terreur d’état – CRPF, BSF, EFR, IRB, CISF, ITBP, NSG, les Cobras et d’autres forces spéciales anti-naxalites et commandos d’élites tels que les Greyhounds, STF, SOG, C-60,… – et leurs gangs terroristes parrainés par l’état tels que la Salwa Judun, Sendra, TPC, JPC, NSS, Shanti Sena, Tigers et Cobras sous différents noms, s’enliseront de plus en plus profondément dans les sables mouvants de la guerre populaire. Le rêve tendre de Chidambaram ne pourra jamais aboutir s’il transforme les soi-disant corridors rouge en, littéralement, un corridor en rouge avec le sang des adivasis et des révolutionnaires maoïstes en permettant de sanglants bains de sang. Les dirigeants réactionnaires ne peuvent ni ravir, ni contrôler, ni développer aucune de ces régions, mais vont se trouver mêlés à une guerre d’usure causant des milliers de morts parmi les innocents adivasis et perdant leurs propres forces en grand nombre. Ils peuvent seulement détruire les villages à travers leur politique de ‘tuer tout, brûler tout, détruire tout’ telle qu’elle a été poursuivie par leur homologue réactionnaire Chiang Kai-shek en Chine pré-révolutionnaire. Au plus ces forces mercenaires causeront de destructions et de dégâts, au plus vite grandira notre armée populaire et au plus notre guérilla se répandra à des régions plus larges dans le pays. Grâce à la milice Salwa Judum, notre guerre a accompli en quatre ans ce qu’elle aurait fait, dans d’autres circonstances en vingt ans. Maintenant, grâce à Chidambaram, notre guerre va s’étendre dans des régions plus vastes, mobiliser des masses plus grandes, mais va aussi prendre de la vitesse et trouver un nouveau dynamisme. Chaque force répressive mercenaire, par sa nature même et sa logique d’insécurité dans les zones rebelles, finira par tuer la population et détruire ses biens. C’est ce que même la plus puissante armée est en train de faire en Irak et en Afghanistan, devenant rapidement étrangère pour la population.
Mais le ministre de l’intérieur dit que le gouvernement se doit d’établir un état de droit.
Un état de droit, heu! Le ministre de l’intérieur est-il sérieux à ce propos? Si oui, pourquoi permetil à sa police et à son armée d’enlever des gens, de les détenir illégalement indéfiniment, de les torturer dans des chambres secrètes de torture de la manière la plus brutale et de les assassiner?
Pourquoi a-t-il permis aux SIB de AP d’enlever, torturer et assassiner notre camarade Patel Sudhakar, membre de notre comité central? Pourquoi n’a-t-il pas demandé à ses hommes de faire comparaître le camarade Kobad Ghandy devant un tribunal dans les 24 heures après son arrestation au lieu de le maintenir en détention illégale durant quatre jours? Chidambaram a prouvé combien c’est un grand menteur en annonçant que Kobad avait été arrêté le 20 septembre et traduit en justice 24 après. Il y a juste dix jours, deux de nos camarades, Ravi Sharma et Anwadha, ont été arrêtés dans le Jharkhand mais la police l’a nié de manière véhémente même après que la nouvelle soit apparue dans les médias et que la Haute Cour de AP ai demandé une explication de la police après qu’un habeas corpus ait été déposé. Ce n’est qu’après avoir été complètement exposé et qu’une pression générale ait été mise en place, que la police les a fait comparaître le 14, prétendant qu’ils avaient été arrêtés la veille. La liste d’incidents comparables est sans fin. Quant aux atrocités vis à vis d’innocents, je les ai déjà décrites en détails. Le soi-disant état de droit répandu par Manmohan, Chidambaram, Raman Singh, Buddhadeb et les autre n’est qu’une phrase vide qui n’existe que sur papier. Aux yeux du peuple, c’est seulement de la poudre aux yeux, et plus encore, c’est un instrument utilisé pour les opprimer et les supprimer. Si un état de droit est réellement appliqué, toute la bureaucratie corrompue et sans foi ni loi, la police et la classe politique languiraient en prison.
L’interview au format PDF ici : interviewAzad
En fait, cette offensive sans précédent a déjà commencé. Dans la zone de Chintafuga dans le district du Dantewada, plus de 4.000 policiers conduits par 600 commandos d’élite de la force CoBRA anti-naxal ont exécuté l’opération de contre-révolution la plus grande jamais réalisé durant la troisième semaine de septembre, nommée Opération Green Hunt. Certains reporters des médias l’ont appelée Opération Red Hunt. Mais quel que soit son nom, ça a été la première tentative des forces centrales et de l’état d’arracher une partie du territoire des mains du peuple opprimé conduit par les maoïstes. Cette opération était en quelque sorte une répétition pour l’offensive centralisée et simultanée à travers tout le pays dans nos zones de guérilla, qui va se dérouler prochainement.
détails concrets de nos tactiques précises pour affronter et battre cette énorme, impudente offensive sans précédent contre le peuple le plus opprimé, enchaîné par les classes dirigeantes au nom des impérialistes et des grands business. Je ne peux qu’assurer une chose actuellement: tous nos plans, nos politiques, nos stratégies et nos tactiques seront entièrement basées sur l’implication active de la vaste masse de la population dans cette guerre d’auto-défense. La classe ennemie ne peut pas nous décimer sans décimer toute la population des zones que nous contrôlons. Et si elle ose se lancer dans une guerre d’extermination de la population tribale, toute la scène socio-politique en Inde subira un changement fondamental et sera le témoin d’un réalignement radical des forces de classe.
silence quand plus de cent adivasis sont tués de sang froid par le CRPF et les gangs de la milice dans les districts du Dantewada et du Bijapur en l’espace de seulement trois ans? Pourquoi leur sang bout-il quand un inspecteur est décapité, tout en se gardant de prendre en compte des milliers d’autres décapitations et mutilations qui rendent le cas de Induvar relativement insignifiant? Je répète une nouvelle fois assurément que le cas de Francis Induvar est une exception et pas la règle.
Cela doit être gardé à l’esprit lorsque l’on tente de juger la violence maoïste. Quant à l’acte luimême, nous n’encourageons pas de tels comportements même si la police mène de telles brutalités.
leur campagne terroriste cruelle par la Salwa Judum à Dandakaranya, la Sandra et NSS dans le Jharkhand, Harmad Vahini et les fascistes sociaux dans le Madnipur occidental. La répression engendre la résistance. Et au plus les hommes de Chidambaram vont terroriser les gens, les tuer, les torturer, les violer et faire des dégâts dans les zones adivasis, au plus intense et considérable sera la résistance armée des masses et au plus notre armée deviendra vigoureuse. C’est la logique du développement historique. D’où le fait que nous utiliserons la situation créée par la terreur blanche de l’ennemi pour organiser la résistance armée à une échelle beaucoup plus large et vaste que jamais. Comme je l’ai dit avant, nous vivons parmi le peuple, et si l’ennemi détruit l’entièreté de la population, nous sommes prêts à mourir avec elle plutôt qu’à nous soumettre à l’ennemi. C’et le peuple qui fait l’histoire et pas un Georges Bush, un Manmohan Singh ou un Chidambaram. Ces vautours qui prient sur les cadavres de millions de gens impuissants seront nettoyés par le
déploiement du tsunami des révoltes populaires à travers le pays.
Et s’ils le faisaient, ne seraient-ils pas isolés de ce même peuple? Comment pouvez-vous expliquer le soutien de plus en plus massif à notre Parti, si nous faisions quoi que ce soit contre la volonté et les souhaits des gens? Nous ne nous opposons qu’aux projets qui entraînent des expropriations massives, qui immergent des villages entiers, qui enlèvent les terres fertiles des projets paysans tel que le Netrahat Frindge Range qui déplace 224 villages dans les districts de Palamau, Latehar et Gumla, des barrages tels que Mandal et Auranga, les aciéries Abhiject Power Project et Essar dans le Latehar, les projets Bhushan et Jindal dans les districts de Singbhum oriental et de Saraikela-Kharsewan, tous dans le Jharkhand, les mines de Pallamaad, le projet Bodhaghat et les aciéries Tata à Lohandiguda dans le Chhattisgarh, les aciéries Jindal ans le Salboni, les aciéries Posco et Kalinganagar en Orissa, le projet de mine de bauxite de Jindal dans l’Andhra nord,… L’autorisation de ces projets a été donnée sans le consentement des populations locales, et dans la plupart des cas, la terre a été acquise par la force avec l’aide de la police et des gestionnaires. Dans certains cas, on a mis en scène une convocation et l’accord du peuple (grâce à l’intimidation et parfois même au bout de l’arme) a été promulgué. Nous devons mener le peuple contre ces projets anti-peuple et les accords secrets établis par les dirigeants avec les impérialistes et les acheteurs capitalistes. Seuls les sans-coeur peuvent affirmer que notre prise de position est contre le développement.
Pas seulement dans le Parti, mais aussi dans toutes nos organisations de masse, les organes de pouvoir du peuple et les autres départements les mêmes pratiques sont suivies. Et vous pouvez imaginer combien il est extrêmement difficile pour un parti clandestin agissant au milieu de l’attaque de l’ennemi le plus sévère de mener de telles méthodes démocratiques. Troisièmement, je voudrais dire qu’en un sens, ce titre de bandit que nous donne notre ennemi sans coeur est un compliment pour nous. Quand nous entendons un tel ton agressif de la part de nos ennemis, nous sommes doublement assuré que nous allons dans la bonne direction. En Chine, le dirigeant réactionnaire et traître Chiang Kaishek, qui était un agnet des impérialistes anglo-américains, a décrit le Parti Communiste de Chine comme un parti bandit et les communistes comme des bandits rouges. Le camarade Mao l’a pris pour un compliment et a dit que si les révolutionnaires communistes attendaient de bons mots de la part de l’ennemi, alors il doit y avoir quelque chose de fondamentalement faux dans leur ligne et leur pratique. Même en supposant que nous sommes de bandits rouges qui volent les riches pour nourrir les pauvres, comme une sorte de Robin des Bois, comme certains le croient, ce n’est pas encore une chose trop grave. Mais Chidambaram & Co sont des bandits blancs qui volent les pauvres pour payer les riches. De manière intéressante, alors que Chidambaram refuse de nous reconnaître en tant que Parti politique même si certains fonctionnaires de police tels que le premier DG de BSF ML Kumawat, ont plus de clarté au moins sur cette question. Des gens comme Arnab Goswamy de ‘Times Now’, qui ne reflètent pas uniquement les vues de Chidambaram et des hauts fonctionnaires de police mais les embellissent aussi avec leur propre logique pervertie, deviennent sauvage quand quelqu’un dit que le PCI(Maoïste) est un parti politique. Comment un parti qui décapite un Inspecteur peut-il être appelé parti politique, tonne-til?
Mais même un enfant sait que pas uniquement les décapitations, mais brûler vif et massacrer des milliers de musulmans, de sikhs et de chrétiens, violer les femmes des communautés de la minorité, et organiser des génocides sur plus de 10.000 révolutionnaires dans les 40 dernières années n’a pas disqualifié le Congrès ni le BJP en tant que partis politiques. Au contraire, ils restent les deux plus grands représentants des classes dirigeantes. Si seule la violence doit être prise comme un critère pour déterminer si une organisation est un parti politique ou pas, il ne resterait pas un seul parti sur la scène politique du pays. Par exemple, même à l’apogée de la guerre révolutionnaire dans l’Andhra Pradesh, les études ont montré que dans n’importe quelle période donnée, la violence entre les deux partis de la classe dirigeante, le Congrès et le TDP dans la seule région de Rayalaseema s’est fait sentir d’une manière plus forte sur la vie des peuples que les victimes dans l’entièreté de l’état dans les mains des naxalites. De telles histoires de sévices et de violence brutale entre les sections des classes dirigeantes dans leur combat pour le pouvoir abondent dans les états du Bengal occidental, UP, Bihar, Timil Nadu, Kerala et d’autres. Alors avec quelle logique ces prétendus analystes soutiennent-ils que quelques punitions de la part des maoïstes les disqualifient en tant que parti? Toutes ces autruches trahissent leur stupidité en imaginant qu’ils peuvent transformer un parti politique en une entité non-politique d’un geste de la main. Ces autruches sortiront-elles un jour la tête du sable?
Pourquoi a-t-il permis aux SIB de AP d’enlever, torturer et assassiner notre camarade Patel Sudhakar, membre de notre comité central? Pourquoi n’a-t-il pas demandé à ses hommes de faire comparaître le camarade Kobad Ghandy devant un tribunal dans les 24 heures après son arrestation au lieu de le maintenir en détention illégale durant quatre jours? Chidambaram a prouvé combien c’est un grand menteur en annonçant que Kobad avait été arrêté le 20 septembre et traduit en justice 24 après. Il y a juste dix jours, deux de nos camarades, Ravi Sharma et Anwadha, ont été arrêtés dans le Jharkhand mais la police l’a nié de manière véhémente même après que la nouvelle soit apparue dans les médias et que la Haute Cour de AP ai demandé une explication de la police après qu’un habeas corpus ait été déposé. Ce n’est qu’après avoir été complètement exposé et qu’une pression générale ait été mise en place, que la police les a fait comparaître le 14, prétendant qu’ils avaient été arrêtés la veille. La liste d’incidents comparables est sans fin. Quant aux atrocités vis à vis d’innocents, je les ai déjà décrites en détails. Le soi-disant état de droit répandu par Manmohan, Chidambaram, Raman Singh, Buddhadeb et les autre n’est qu’une phrase vide qui n’existe que sur papier. Aux yeux du peuple, c’est seulement de la poudre aux yeux, et plus encore, c’est un instrument utilisé pour les opprimer et les supprimer. Si un état de droit est réellement appliqué, toute la bureaucratie corrompue et sans foi ni loi, la police et la classe politique languiraient en prison.




