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Bretagne : La précarité traverse tous les paysages bretons

01/26/2010

(source : Ouest-France 26/01/2010)


2010 est l’année européenne de la lutte contre la pauvreté. En Bretagne, elle prend de nouveaux et nombreux visages. À commencer par celui de l’emploi, bien sûr. Mais aussi ceux de l’habitat, de l’âge et de l’isolement.

La Bretagne moins mal lotie ?

Globalement, oui. Elle est moins touchée par la pauvreté que les autres Régions. Mais si elle bénéficie de nombreux amortisseurs sociaux, la situation diffère vivement selon les territoires. Rennes et Brest seraient ainsi plus protégées, grâce à l’économie et aux politiques de logements. En Centre-Bretagne, en revanche, la situation devient préoccupante. La pauvreté y est souvent isolée, voire cachée, doublée comme souvent de problèmes de santé.

Fort taux d’emploimais revenus faibles

Si la Bretagne a l’un des plus faibles taux de pauvreté en France, elle a aussi une forte proportion de personnes vivant à la limite de la pauvreté. Avec la question des travailleurs pauvres, note la Caisse d’allocations familiales Bretagne. Une spécificité bretonne à relier au poids important d’emplois peu qualifiés et peu rémunérés, souvent précaires, dans l’agroalimentaire, le bâtiment, les services à la personne. Ce qui explique ce paradoxe régional : un fort taux d’emploi, mais des revenus plutôt faibles.

Les personnes âgées

Plus nombreuses en Bretagne que dans les autres régions, elles sont aussi plus fréquemment touchées par la pauvreté, en particulier lorsqu’elles vivent seules. 23 000 personnes âgées perçoivent, en Bretagne, le minimum vieillesse. La moitié d’entre elles vivent en zone rurale, essentiellement en Bretagne centrale, 25 % sont seules, 10,2 % vivent sous le seuil de pauvreté (contre 7,8 % pour la moyenne nationale). Dans les Côtes-d’Armor,cette proportion s’élève même à 12,2 %.

Ne pas réduire la pauvreté aux SDF

Pas de caricature, la pauvreté est beaucoup plus banale qu’on ne le pense. Près de 10 % des 3 120 288 Bretons vivent sous le seuil de pauvreté. Juste au-dessus de ce seuil, beaucoup travaillent et ne peuvent vivre normalement. « On voit surgir une nouvelle pauvreté, notamment chez les jeunes (23 % de chômeurs) : entre 18 et 25 ans, il n’y a pas de filets sociaux… », remarque Jean-Jacques Danton, président de la Fnars Bretagne (Fédération nationale des associations de réinsertion sociale). Inquiétant, d’autant qu’environ 20 % des personnes les plus précaires ne sont pas prises en charge, révèle l’enquête menée par la Fnars voilà deux ans. Elles passent au travers des filets sociaux « par pudeur », parce que « c’est trop compliqué ».

La question des migrants

Elle devient très difficile. Et perturbe « toutes nos logiques d’actions », remarque Jean-Jacques Danton. Rennes et l’Ille-et-Vilaine concentrent désormais tous les problèmes depuis que les trois autres centres d’accueil départementaux ont été fermés. « Ces conditions d’accueil se dégradent terriblement. » Sans angélisme ni naïveté sur ce sujet, la Fnars rappelle que « la loi pose l’inconditionnalité de l’accueil ».

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