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[Euskal Herria] Après 23 jours de grève de la faim, Lorentxa Guimon toujours « déterminée »

01/26/2010

(source : http://www.paysbasqueinfo.com/component/zine/article/226-aprs-23-jours-de-grve-de-la-faim-lorentxa-guimon-toujours-dtermine-.html  25/01/2010)


Depuis le 2 janvier, Lorentxa Guimon ne s’alimente plus. La prisonnière basque, originaire d’Anglet, en est à son 23e jour de grève de la faim pour dénoncer ses conditions de détention et notamment les difficultés imposées à sa fille de 7 ans. L’administration reste sourde à la situation. Samedi, des bus partiront du Pays Basque vers Roanne.

Lorentxa Guimon, 40 ans, est incarcérée à la prison de Roanne (Loire) à 700 kilomètres d’Anglet. Arrêtée en janvier 2003, elle a été condamnée en 2006 à 17 ans de réclusion pour participation à l’appareil logistique de l’ETA. Ce n’est pas la première fois qu’une action est engagée par les prisonniers basques pour dénoncer des conditions d’incarcération indignes et surtout pour revendiquer leur rapprochement dans des lieux de détention proches de leur famille.

La politique carcérale appliquée par la France envers les prisonniers basques consiste en effet à les disperser au maximum (de façon à empêcher qu’ils soient plusieurs dans un même établissement) et à les incarcérer à des centaines de kilomètres du Pays Basque et de leur famille. Et ce, alors que le droit français prévoit notamment d’assurer le maintien des liens du détenu avec son entourage, le respect du droit à la vie privée et familiale et le respect des droits politiques élémentaires des membres d’une même communauté.

Ainsi dans le cas de Lorentxa Guimon, détenue à Gradignan (Gironde) jusqu’en juillet dernier, le transfert à Roanne se traduit par l’impossibilité de voir régulièrement sa fille de 7 ans. Mirentxu Guimon, la sœur de Lorentxa, a expliqué la semaine dernière lors d’une conférence de presse organisée à Roanne avec les associations Askatasuna et Etxerat, que sa sœur ne voyait sa fille que tous les mois et demi et qu’elle ne l’avait notamment pas vue depuis décembre.

Des bus du Pays Basque vers Roanne

L’une des demandes de la prisonnière basque est que son compagnon Iñaki Esparza Luri, qui purge une peine de 19 ans de réclusion à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), soit incarcéré dans le même établissement qu’elle pour faciliter les déplacements et voir plus régulièrement sa fille.

Depuis le début de sa grève de la faim, Lorentxa Guimon a perdu près de 7 kg. Sa famille est particulièrement inquiète car la jeune femme souffre de la maladie de Crohn, une maladie inflammatoire de l’intestin. Ses proches ont déclaré que la militante était « faible » mais restait « déterminée ».

« On n’est pas là pour faire pleurer, on demande seulement que les droits des prisonniers basques et de leur famille soient reconnus » a déclaré Janine Beyrie, porte-parole d’Etxerat, lors de la conférence de presse à Roanne jeudi dernier.

Askatasuna, Etxerat et la famille Guimon ont dénoncé l’attitude de l’administration carcérale qui n’a pour l’instant eu aucune réaction dans cette affaire. Elles avaient demandé à rencontrer la directrice de la prison à l’occasion de leur venue dans la Loire. La discussion n’a pas eu lieu alors que selon les associations, lors d’une discussion téléphonique la veille, les responsables de la prison leur avaient dit que cela serait possible. Contactée par l’AFP, la direction de la prison n’a pas non plus voulu faire de commentaires.

La semaine dernière, Askatasuna avait engagé une campagne d’interpellation du ministre de la Justice et de la direction de l’administration pénitentiaire sur le cas Guimon. Samedi prochain, des bus seront organisés depuis le Pays Basque pour un rassemblement devant le centre de détention de Roanne.

L’une des grèves de la faim les plus marquantes menées par un détenu basque dans une prison française fut celle de Daniel Derguy en 2000. Le militant bayonnais emprisonné à Fresnes avait cessé de s’alimenter durant 63 jours avant d’être mis sous perfusion hydratante parce qu’il vomissait de l’eau et du sang. Le militant revendiquait le rapprochement familial des détenus basques incarcérés.

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