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[INDE] Interview sur le travail culturel révolutionnaire des maoïstes

01/31/2010

(source : http://www.bannedthought.net/India/PeoplesMarch/PM2006-8-9.pdf  Aout/Septembre 2006, traduction Futur Rouge)


Interview du camarade Lenj à propos du travail et de la philosophie de l’organisation de masse du CPI(Maoïste) pour les écrivains et les artistes.

Quels sont les objectifs du Chaitanya Natya Manch?

L’art et la littérature populaire sont un héritage culturel riche préservé par le peuple depuis l’éternité. Mais aujourd’hui, il est détruit par la culture consumériste impérialiste. L’héritage culturel populaire est englouti par la culture pourrie de l’exploitation se répandant dans tous les coins. Donc, de grandes tâches se sont présentées à nous. D’une part, nous devons préserver l’ancien héritage culturel parmi la population. Nous devons étudier profondément et à fond ce qui est dépassé et ce qui est bon en lui. Chaitanya Natya Manch (CNM) est une organisation révolutionnaire de masse composée d’écrivains et d’artistes. Elle a beaucoup d’occasions pour étudier et révolutionner les arts populaires. Elle doit étudier les arts et la littérature du peuple. Cela doit être fait de manière subordonnée à la tâche de construction de zones de base. Chaque organisation de masse doit s’efforcer de faire progresser la guerre. Et la guerre doit aider chaque organisation à mener ses activités de manière efficace. Il y a un lien inséparable entre les deux. Le front culturel doit aider les efforts de guerre pour construire cette zone de base. De même, les guerres populaires se poursuivent dans des états adjacents comme le Jharkhand, le Bihar,… Nous devons étudier leurs efforts sur le front de la culture et transmettre ces expériences au mouvement culturel ici. En d’autres mots, notre effort sera de détruire la culture féodale et impérialiste et de développer une nouvelle culture démocratique.

La formation du CNM aide-t-elle à la centralisation du travail culturel? Et si oui, comment?

Sans aucun doute. Nous pourrions mettre en avant beaucoup de nouveaux artistes et écrivains.
Nous étudions les formes d’art populaire et essayons de les révolutionner. Nous préservons l’héritage culturel populaire. De même, nous étudions les efforts culturels qui ont lieu dans d’autres régions. Récemment, nous sommes allés dans une autre région afin d’étudier le mouvement révolutionnaire et le front culturel là-bas. Nous essayons d’étudier et de comprendre les changements sur le front culturel dans les autres états. A certaines occasions telles que les élections parlementaires le 8 mai, ou les classes du parti le 28 juillet, nous préparons et envoyons aux cadres les inévitables chansons, des groupes de danse et de théâtre qui conviennent à l’événement. Nous essayons d’imprimer des chansonniers. Nous tentons même d’enregistrer le mouvement coopératif et collectif qui a lieu ici sous la forme d’un documentaire. La formation du CNM a enthousiasmé les artistes dans ces champs théorique, politique et des questions culturelles. Sachant qu’il est composé de membres ayant une expérience spécialisée dans le champ culturel, cela aide au développement dans la bonne direction et à donner le leadership au mouvement culturel.

Camarade, raconte-nous le contexte de la naissance de CNM dans le Dandakaranya.

Pour répondre à cette question, nous devons retourner aux jours où le mouvement révolutionnaire a posé les pieds dans la région du DK. Les activités culturelles révolutionnaires sont apparues dans le DK en même temps que le mouvement révolutionnaire il y a 25 ans. Comme vous le savez, la région du DK est totalement adivasi. Ici, les arts sont une part indivisible de la vie du peuple.
Donc, depuis le début, les révolutionnaires ont soulevé les masses avec différentes formes d’art comme des chants, des danses,… En fait, aucun meeting n’a jamais eu lieu ici dans le DK sans une performance culturelle. Dans le passé, seuls les guérilleros faisaient des performances culturelles, basées sur des chansons et des danses de l’AP Jana Natya Mandali, bien sûr en les traduisant dans la langue Gondi locale. Plus tard, les guérilleros ont commencé composer des chansons inspirées d’airs de chansons traditionnelles adivasis. A ce moment, le mouvement révolutionnaire est déjà devenu un mouvement de masse, avec des centaines de personnes se présentant pour prendre différentes responsabilités. Beaucoup d’entre eux ont commencé à composer des chansons et on donné une expression à leur nouvelle ferveur révolutionnaire à travers différentes formes d’art, apportant ainsi une transformation tant dans la forme que dans le contenu. De cette manière, des centaines de nouveaux écrivains et d’artistes ont émergé des masses au cours du développement rapide du mouvement révolutionnaire. Jusqu’à 1997, les équipes culturelles composées d’artistes issus d’escadrons de la guérilla, ou de différentes organisations de masse, ou issus des deux, donnaient des performances dans les villages en fonction des besoins de la base. Du coup, le parti a décidé de former le CNM dans le but de canaliser toutes les énergies de ces centaines d’artistes en une seule organisation pour qu’un accent concentré puisse être donné au travail dans le champ culturel.

Quelles étaient les missions du CNM lorsqu’il a été formé?

Le parti propage ses buts et ses tâches à travers ses différents départements. Donc, le front culturel a aussi pour tâche de les répandre grâce à des formes artistiques et différents écrits. Donc, sa première mission est de transmettre les tâches du mouvement parmi la population à une grande échelle. La seconde est d’étudier les arts populaires, la troisième est de révolutionner les formes d’art populaire. Quand le CNM a été formé, il n’y avait qu’une seule équipe pour tout le DK.
Donc, nous nous sommes occupés de former davantage de ces équipes et d’entraîner un grand nombre de nouveaux artistes. C’était notre quatrième mission.

Pourriez-vous nous expliquer les progrès accomplis dans l’accomplissement de ces tâches?

L’effort des dix dernières années était un processus de développement du mouvement, dechangement des idées, de changements dans la compréhension, les résultats s’ensuivant dans la pratique et ça, encore, a développé notre compréhension. Pratiquement, cela nous a pris plusieurs années pour développer le CNM en tant qu’organisation de masse dans le DK. Ces trois dernières années, il s’est consolidé comme organisation de masse au niveau des racines dans les villages. Il est capable d’unifier et de renforcer les écrivains et les artistes adivasis et non adivasis dans les villages. Aujourd’hui, nous avons rassemblé des milliers d’artistes et d’écrivains dans le CNM.
C’était un grand aboutissement en soi. C’était un bon progrès que le CNM se soit développé au niveau local en tant qu’organisation révolutionnaire de masse. Un manifeste et une constitution ont été ébauchés, un drapeau a été décidé. Une autre réussite est que ‘Jhankar’, un magazine culturel qui a débuté en 1994 est devenu l’organe officiel du CNM. Nous développons la culture populaire
et révolutionnons ses formes artistiques. La tâche du renforcement des superficies de base a été donné par le 9ème Congrès de l’ancien People’s War Party. En conséquence, le front culturel a également formulé cette tâche de jouer le rôle qui lui est dévolu en remplissant cette mission et en consolidant le pouvoir populaire émergeant dans le cadre de celle-ci. Donc, le travail du CNM est fait en accord avec ces quatre tâches et celles qui apparaissent en cours de route. Nous sentons que
c’est un bon progrès.

Quels sont vos efforts dans la construction d’équipes CNM?

Il n’y avait qu’une seule équipe CNM dans le Bastard Sud en 1997. Graduellement, plus d’équipes ont été formées partout dans le DK. Les résultats étaient prometteurs et donc des équipes ont été formées dans toutes les divisions (approximativement les districts) avant 2003. Des équipes régionales ont également été formées sous ces équipes de divisions dans certaines zones. En premier lieu, nous avons formé les équipes avec les personnes parmi les plus jeunes de ceux qui rejoignaient le mouvement, disposant de talents artistiques et culturels. Aujourd’hui, les équipes sont formées à plus grande échelle aussi au niveau du centre du village (comprenant 4-5 villages).
Un autre aspect est que ces artistes – autant hommes que femmes – dont le niveau de conscience est élevé et qui sont prêts à travailler avec dévouement pour la population, choisissent de travailler à temps plein pour le CNM. Ils travaillent au niveau régional et des districts conformément à son manifeste et à sa constitution. L’entraînement est une nécessité pour développer toute organisation.
Actuellement, les équipes des districts se concentrent sur la consolidation et le développement des équipes régionales dans la sphère culturelle. De la même manière, les équipes régionales se concentrent sur le développement d’équipes locales et d’équipes travaillant dans le centre. Ainsi, le CNM fait des efforts pour développer le mouvement culturel et entraîner des équipes à différents niveaux.

De quelle manière tentez-vous de construire le CNM en tant qu’organisation de masse? Parlez-nous des structures.

Jusqu’à présent, nous avons été capables d’unir 5000 à 6000 activistes séparément. Dans le DK, en général, il y a de petits hameaux. Chaque hameau est constitué de 20 ou 30 huttes. Les hommes et les femmes sont membres des DAKMS et de KAMS, respectivement l’organisation paysanne et l’organisation des femmes. Mais il n’y a aucune restriction qui les empêche de se joindre à d’autres organisations. Un paysan devient membre de l’organisation paysanne, mais il peut aussi être intéressé par les activités culturelles et peut se joindre au CNM. La seule condition est qu’ils ne peuvent pas occuper des positions principales dans les deux organisations simultanément. Cela a été écrit dans la constitution pour ne pas perdre de vue les problèmes pratiques liés à l’exécution des responsabilités. C’est pourquoi nous avons pensé à former des unités culturelles non au niveau des villages, mais pour 4 ou 5 d’entre eux. Nous avons abouti à cette conclusion également en gardant en tête l’émergence d’un nouveau pouvoir. Un organe de pouvoir du peuple est formé pour 500 à 3000 personnes. Il représente une unité. Les habitants de 4 ou 5 villages élisent un gouvernement populaire. Donc, une unité du CNM est composée de ceux qui sont intéressés au sein de ces 4 ou 5 villages. Dans les gros villages, nous formons une unité pour le village. Des comités exécutifs sont élus au-dessus d’elles. Il y a des ECs au niveau du district et au niveau régional. Dans le futur, nous aurons aussi un EC au niveau du DK (Zone). De cette manière, nous essayons de consolider la structure en formant des EC depuis le niveau du village jusqu’au niveau de la Zone et en renforçant l’organisation de masse.

Donnez-nous les détails à propos des camps d’entraînement et des workshops que vous avez mené jusqu’à présent. Quels sont les résultats?

Il y a eu deux grands camps dans le DK – en 1998 et en 2001 – menés avec l’aide du JNM. Après le All India Workshop en mai 2002, nous avons fait un grand workshop dans le DK en décembre 2003 sur le thème ‘Révolutionnons l’art adivasi’. Nous avons soumis le projet de manifeste du CNM aux délégués ici et avons pris leur avis. Nous avons révolutionné certaines formes de danse à partir d’une multitude d’entre elles dans le DK, et avons essayé de les prendre dans la population de manière systématique. Nous avons même appris aux gens à créer de plus en plus de littérature révolutionnaire. Nous avons également entraîné les délégués à produire des pièces de théâtre en discutant avec eux sur la forme et le besoin de les amener parmi la population. Après ce workshop, des camps de formation ont été tenus au niveau du district, au niveau régional et local. Ils ont permis, dans une grande mesure, d’obtenir une uniformité du champ culturel dans tout le DK. Un workshop et deux camps se sont tenus dans le Bastar Sud en 2002. Grâce à cela, une atmosphère révolutionnaire a été créée où la jeunesse a formé des équipes par elle-même pour chanter ces chants dans les villages voisins. En gardant en tête ces résultats, nous avons mené de nombreux camps d’entraînement dans les divisions du Bastar Nord, du Bastar Ouest et du Maad. Grâce à eux, les jeunes écrivent des chansons par eux-même dans ces régions. Entre mai 2002 et décembre 2003, presque 1500 artistes se sont entraînés dans les camps menés par les équipes régionales et de district du CNM. Nous avons principalement entraîné les jeunes dans les villages sous RPC (Revolutionnary People’s Committee) ou ceux issus de villages où des RPC étaient en voie d’être mis en place. Le DCSC a donné des cours politiques, théoriques et culturels aux équipes CNM.
Ces équipes transmettent le message aux masses. Grâce à toutes ces sortes d’efforts collectifs, nous obtenons des résultats positifs.

Quel est le rôle du CNM dans le All India Workshop? Comment cet atelier vous a-t-il aidé dans vos efforts?

La rédaction d’un document de perspective durant le workshop était une bonne chose pour le mouvement culturel. Comme les camarades dirigeant le mouvement culturel dans différents états ont discuté ce document, ce qui a permis d’obtenir une clarté théorique. Le CNM a partagé ses idées et ses expériences avec des organisations culturelles de différents états et a joué son rôle en discutant le document. Nous avons abordé les différents problèmes, défis et expériences qui ont émergé dans le mouvement culturel du DK. C’est un fait que l’influence de l’atelier est bien là, dans le fonctionnement du CNM en tant qu’organisation de masse aujourd’hui.

Quels types d’éducations transmettez-vous aux jeunes hommes et femmes, et aux enfants dans les villages?

Nous donnons une formation à tous les membres des CNM. Des enfants, à partir de 10 ans et plus âgés sont membres de CNM. Nous les invitons à des camps spéciaux selon leurs activités et leur enthousiasme. Nous essayons d’apprendre aux enfants des chants de manifestation, des chansons avec des mots simples pour améliorer leur réflexion scientifique et des danses. Nous nous concentrons plus sur les jeunes hommes et les jeunes femmes. Nous devons faire face à une répression policière sévère lorsque nous donnons ces formations. C’est un gros problème pour donner des formations, spécialement dans des régions telles que Gadchiroli (Maharashtra). Nous nous rendons dans les villages et rassemblons les membres du CNM. Nous fixons un agenda, sur 4-5 jours, ou 2 jours selon leurs travaux agricoles, salariés et de collecte de produits forestiers.
Nous participons au travail de production à leur côté et nous leur donnons la formation. Nous ne leur apprenons pas beaucoup de chants, de danses, de pas ou d’instruments d’un seul coup. Nous enseignons une chanson ou une danse ou un instrument à la fois. Nous donnons les entraînements en tenant compte de leur talent, de leurs intérêts et de leur capacité d’apprentissage. Cela donne de bons résultats. Parfois, nous leur apprenons à écrire des chansons dans le cadre de la formation.
Par exemple, nous avons tenu un camp d’entraînement de cinq jours dans le Bastar Sud en 2002.
Nous nous sommes concentrés à les encourager à écrire des chants. Les gens ici sont des experts pour improviser des chants. Donc nous nous concentrons à révolutionner les chansons qu’ils chantent à propos de leurs propres expériences et leurs problèmes. Les hommes et les femmes qui ont assisté au camp ont écrit la chanson ‘Palapitta keyamuntha’ sur le camarade martyr Ranadev et ‘Erranjanda dadimithie’ (sous le drapeau rouge) durant ce camp. Cette chanson décrit comment un nouveau pouvoir populaire se développe sous le drapeau rouge. L’inspiration, le fait, la pratique que ces nouveaux organes de pouvoir émergent pour leur propre bien se reflète dans cette chanson.
Leur confiance pour écrire des nouvelles chansons augmente. C’est ce que nous voulons. Il est très important pour eux de pouvoir dire avec confiance qu’ils sont capables d’écrire, de chanter et de réfléchir le mouvement révolutionnaire dans nos formes traditionnelles. Ce phénomène a un grand avenir. C’est digne de mentionner qu’un des principes directeurs du CNM est ‘La population fabrique l’histoire et les gens sont les créateurs de la nouvelle culture’.

Expliquez-nous quelles sont les caractéristiques principales de la culture adivasi?

Les arts et la littérature adivasi sont principalement oraux. Leur littérature est improvisée. Sa plus grande qualité est que tout en elle est collectif. Dans les nuits éclairées par la lune, spécialement en hiver quand les champs sont prospères – avant la moisson et après la saison des pluies – l’ensemble du village se rassemble joyeusement autour de feux et danse avec joie. Tout le monde participe gaiement à cela. C’est un sentiment collectif. Il n’y a aucune restriction qui ferait que certains pourraient participer et d’autres pas. Si quelqu’un commencer à chanter, tous les danseurs se joignent en choeur. Dans la culture adivasi, il y a des chants pour danser et la danse avec des instruments. Mais il n’y a aucune fusion de chant, instrument et danse. Cela doit être développé.
Lorsque les gens dansent sur la musique des instruments, c’est très rythmique et ils semblent ne former qu’un. Ils jouent des instruments de manière mélodique et harmonique. La caractéristique la plus importante, commune et remarquable est l’esprit collectif dans tout. Il n’y a pas de classe parasite d’artistes, d’écrivains ou de poètes comme à l’extérieur. C’est une particularité significative.

Quel est le programme du CNM dans ces conditions concrètes?

Nous faisons très attention de ne pas endommager ce sentiment collectif. Donc, quand nous formons une équipe CNM, nous ne prêtons pas d’importance au nombre de membres, qu’ils soient 8 ou 10, peu importe. Surtout qu’une fois qu’une équipe entre dans un village, tout le village se rassemble. Donc ils présentent des pièces en les prenant tous ou certains d’entre eux pour jouer les rôles. Donc les gens deviennent les acteurs. Les activistes CNM font participer tout le village à la danse et développe ainsi les danses. Quand un chanteur chante une chanson, ce ne sont pas seulement les membres de l’équipe, mais l’entièreté du village qui reprend en choeur. Nous enseignons les chants collectivement. Nous avons introduit une nouvelle forme. Dans la tradition orale, une personne improvise une chanson et une autre lui répond. Maintenant, ce que nous avons fait, c’est qu’une personne prépare le premier couplet et la direction de la chanson. Un autre prépare le couplet suivant et deux ou trois personnes la continue. Puis une autre suit. Ainsi, ils écrivent une chanson tous ensemble. S’il y a dix membres dans une équipe CNM, tous les dix écrivent une chanson, par exemple, collectivement. La chanson ‘Narayanpur atum the baathal naiku keyantha’ a été écrite de manière sarcastique sur la police et sa répression. Il y a beaucoup de telles chansons écrites collectivement. Puis, il y a la tradition orale. Les chansons qu’ils chantent de manière improvisée sont nos nouvelles écritures. Ils mélangent la pratique révolutionnaire avec leurs expériences de vie. Nous les mettons par écrit. Tout est fait collectivement. Pendant ce temps, nous essayons également de développer l’écriture poétique.

Comment enregistrez-vous l’art et la littérature adivasi?

Spécialement, nous collectons les matériaux sur certaines formes d’art ancien telles que Gotul Paata et Gotul Peto. Nous avons étudié dans l’histoire que le peuple primitif exprimait sa joie et d’autres sentiments grâce à des sons. Nous pouvons toujours trouver ça dans le Maad. Aujourd’hui, ils sont en voie d’extinction. Même Gotul Paata et Gotul Peto sont en train de disparaître. Seuls restent quelques Gotul Peto Gurus. Lorsque nous allons dans ces régions, nous nous renseignons auprès du peuple pour savoir qui sont les vieux artistes, combien d’anciens villageois sont là, quels types d’artistes sont disponibles dans la région… Nous les rencontrons, nous passons du temps avec eux et étudions leur art. Nous assistons à des mariages. Nous allons à leurs Karsads (fêtes du village).
Nous assistons aux cérémonies de naissance, de mort, d’attribution de prénom aux nouveaux-nés…
Nous les observons et les enregistrons. Nous prenons des photos lorsqu’un appareil est disponible et enregistrons des cassettes audios. Depuis 4-5 ans, le processus de préservation reprend. Après la formation du DCSC, cela a pris de la vitesse.

Quel est le rôle de la femme dans le CNM?

Durant les mariages et les festivals ou les soirées où se rassemblent les jeunes, à Gotul, elles chantent des chansons. Bien qu’elles n’ont reçu aucune formation en chant classique, les femmes adivasis chantent clairement, de manière mélodieuse et d’une seule voix. Il y a presque 50% de femmes de le mouvement du DK, également dans le CNM où depuis le niveau local jusqu’au niveau des divisions, le nombre de femmes dépasse les 50%. Parmi les cadres de dirigeants du CNM également, plus de la moitié sont des femmes. Dans les conditions sociales prévalant ici, les femmes sont libres jusqu’à ce qu’elles se marient. Donc de manière générale, le rôle des femmes dans les arts est considérable. C’est un aspect positif pour le CNM. Leur rôle est en train d’augmenter dans la littérature écrite. Le CNM a formé des équipes spéciales de femmes pour augmenter leur rôle dans le mouvement culturel. Cela a vu le jour en premier dans le Bastar Sud.
Nous obtenons de très bons résultats grâce à elles. Dans tous les villages, les femmes artistes sentent que c’est notre équipe. Elles procurent une protection à l’équipe. Beaucoup de femmes se mobilisent derrière elle et se consolident. Le nombre d’équipe de femmes augmente dans les régions de différentes divisions.

Parlez-nous des vêtements et des instruments que vous utilisez?

Nous avons un costume pour les danses. Dans les pièces de théâtre, comme vous le savez, cela dépendra de la scène ou du personnage joué. Cependant, nous avons essayé d’adopter le costume de Guru dans la forme d’art populaire nommée ‘Gotul Peto’ en jouant son rôle, mais cela ne s’est pas bien passé chez nos cadres. Ils ont trouvé que le costume n’était pas assez attirant. Nous n’avons pas réussi à les convaincre. Les costumes de différentes organisations culturelles avaient l’air plus intéressants que celui de Guru. Petit à petit, le CNM a pensé qu’il devrait avoir un costume spécial durant les performances. Nous avons décidé du costume en fonction de la tâche du DK. Sachant que les zones libres devaient y être construites, tout est lié à la guerre populaire et à l’activité militaire. Nous devons faire nos performances au milieu de la répression. Donc, nous avons choisi un costume qui se mêle à la forêt et qui nous protège. Nos artistes portent une combinaison verter (lehenga). Ils portent une veste de la même couleur dessus. Les femmes portent un demi sari par dessus. Le vert reflète la beauté de la forêt et se confond avec elle. Les instruments du DK sont très anciens. Il y en a 18 sortes. Seuls quelques uns sont utilisés aujourd’hui. Nous utilisons ces instruments mais également des modernes. L’importance des instruments ne peut pas être sous-estimées. Nous n’avons imposé aucune restriction imposant que seuls les instruments locaux devraient être utilisés. Nous utilisons une combinaison d’instruments variés. La musique ne doit pas dominer la chanson et ses paroles. Donc nous utilisons des instruments modernes et locaux en fonction des besoins de la performance et d’une manière qui l’accroit. Les principaux sont le ‘Dappi’ (un instrument de percussion) et le ‘Melam’ (un instrument à vent).

Comment sont vos relations avec les gens? Comment appliquez-vous une ligne de masse à votre travail?

Le CNM obtient de bons résultats à ce niveau. Si une équipe se rend dans un village, son entièreté, y compris les enfants, se rassemble autour d’elle. Les gens prennent soin de l’équipe avec amour et affection. La nouvelle de l’arrivée de l’équipe se répand rapidement et tout le monde essaye de terminer son travail rapidement pour pouvoir la rencontrer. Elles sont très populaires parmi les villageois. Les activistes CNM se rendent également dans leur maison, se mêlent à eux, prennent part à leur travail et construisent des relations intimes avec eux. Le CNM suit une ligne de masse autant qu’une ligne de classe. Le CNM exprime les souffrances, les problèmes et les solutions à ces problèmes dans ses chants, ses danses et ses spectacles. Il soulève également la conscience de la population et se bat contre la culture consumériste impérialiste se répandant dans tous les coins. Le CNM développe une proximité avec la population en prenant en compte ses problèmes.

A quel type de répression le CNM fait-il face? Comment la surmontez-vous?

Le CNM est né au milieu de la répression. Il est en train de devenir la victime de toutes sortes de mesures répressives adoptées par le gouvernement central et de l’état, directement ou indirectement.
La surveillance de l’ennemi des équipes CNM augmente de jour en jour. S’ils apprennent la tenue d’une performance, ils alertent les forces et mènes des opérations de ratissage. Parfois, ils ont tenté d’encercler les lieux de campement des équipes CNM. Mais cela s’est transformé en exercices vains, grâce au soutien de la population. Dans des régions telles que le Gadchiroli, il y a également eu des fusillades contre les équipes. Lorsque les jeunes villageois dansent ensemble durant les festivals ou les mariages, ils les attaquent sans distinction, pensant que ce sont des membres du CNM. Mais la population protège le CNM comme la prunelle de ses yeux. Le CNM dispose aussi d’un vaste soutien de la milice. Lors d’occasions spéciales, les forces du PGLA fournissent une protection. Sous la protection des milices, les équipes CNM donnent des performances à la demande de la population, même à une distance d’un ou deux kilomètres des commissariats. Les artistes du peuple continuent la propagande révolutionnaire au milieu d’une répression sévère. Le 29 avril, le gouvernement du Chhattisgarh a banni le CNM.

Parlons de ‘Jhankar’ maintenant. Expliquez-vous le contexte de sa formation, son histoire, vos efforts?

Depuis le commencement du mouvement du DK en 1980, il y avait quelques écrivains et artistes parmi les révolutionnaires et ils ont produit de la littérature sous forme d’histoires, de poèmes, d’articles ou de courtes nouvelles. Tout a été écrit à cause des besoins pressants du mouvement. La révolution exige tout. Qui peut répondre à toutes ces demandes? Quelques personnes externes (à la révolution) ne peuvent pas y répondre. Le mouvement révolutionnaire doit remplir les exigence de la révolution et de la population. Alors seulement le mouvement révolutionnaire peut se développer dans tous les domaines. La langue est différente ici. Les problèmes sont différents. Il y a une différence dans l’arriération. Il y a certaines spécificités. La littérature est produite en gardant tout cela en vue. Pour encourager ces écrivains et ces artistes, pour enregistrer leurs écrits dépeignant la vie de la population et préserver la littérature populaire, nous avons pensé à publier un magazine.
En conséquence, il a commencé en juillet/août 1994. Chaque camarade ici est impliqué dans son contenu. C’est publié au milieu de la répression. Comme l’attaque de l’ennemi a de multiples facettes, notre résistance doit en avoir aussi. Les camarades écrivent en Gondi, Hindi, Marathi, Bengali et Telugu dans ce magazine, ce qui est une autre caractéristique spéciale de Jhankar. Ils peuvent écrire dans n’importe quelle langue grâce à laquelle ils peuvent s’exprimer. Il y a par exemple aujourd’hui des adivasis, des non adivasis, des gens du Bengal, du Telugu, du Matatha, d’Odiya, des gens appartenant à différentes régions ou de différentes nationalités dans le mouvement du DK. Donc Jhanka est un magazine multilingue. Nous n’essayons pas seulement de faire des écrivains dans la population, mais aussi parmi les cadres. En ce qui concerne la population, sachant que les gens s’improvisent déjà poètes, le besoin est plus de les révolutionner que de les transformer en écrivains. Ils expriment parfaitement leurs problèmes, leurs souffrances, leurs joies et leurs sentiments dans ces chants. Nous devons principalement leur donner une vision révolutionnaire pour qu’ils écrivent également à propos des solutions. Aujourd’hui, les membres du CNM apprennent aussi à écrire et à lire. Nous corrigeons et publions leurs écrits et les développons. Mais il y a aussi des défauts dans ces efforts. Nous ne sommes pas capables de nous concentrer totalement sur ce que les nouveaux auteurs écrivent, pour qu’ils s’améliorent. En corrigeant cela, nous pourront produire de meilleurs résultats.

Quels sont les objectifs que vous souhaitez atteindre dans le contexte de la publication du numéro de la dixième année de Jhankar?

La publication du numéro du dixième anniversaire de Jhankar est un heureux événement. Nous avons mentionné les problèmes rencontrés par nos écrivains dans le numéro. Les écrits sont principalement dans le même moule. Donc, nous devons changer ça. Notre principal objectif est d’aider les écrivains à prendre les questions du peuple et à les exprimer d’une manière remarquable et à les faire écrire dans de nouvelles formes littéraires. Il y a beaucoup de problèmes ici. Vu qu’il n’y a que des formes littéraires limitées dans cette société, nous devons prendre d’autres formes dans le monde extérieur. Il ne peut y avoir aucun développement nul part sans échange d’idées.
Nous devons exprimer les sacrifices, les expériences de lutte et les problèmes du peuple dans des formes artistiques et littéraires. Nous ne sommes pas capables de rattraper tous ces besoins. Donc nous devons donner une direction à nos écrivains pour les rattraper. Jhankar va jouer un rôle pour les mouler comme des écrivains.

Quels sont les objectifs que vous avez formulé en rapport avec la guerre populaire qui se développe dans le DK?

Si nous devons réussir quelque chose dans ce domaine, alors, nous devons nous développer nous-mêmes d’abord. Notre évolution est liée à celle de la guerre populaire dans ce domaine. Lorsque la guerre populaire est la scène initiale, les artistes et les écrivains devraient être un pas devant et y préparer la population. Ils doivent améliorer leurs standards d’écriture et leur style linguistique.
Tous leurs écrits doivent aider à faire progresser la guerre. Ici, comme nous travaillons dans une perspective de superficie de base, nous devons expliquer à la population à travers les écrits et les formes artistiques ce qu’est une superficie de base, comment s’exerce le pouvoir populaire, comment deux classes se battent pour le pouvoir et comment la révolution signifie le pouvoir politique pour le peuple. Sachant que la conscience de la population dans ces régions est relativement plus élevée, le niveau des écrits doit également s’élever en conséquence. Ils doivent à leur tour élever le niveau de cette population. Donc nos auteurs révolutionnaires doivent être un pas plus loin que le peuple ordinaire et envisager le futur pour la population.

Comment la formation du CPI(Maoïste) va-t-elle renforcer les efforts dans le domaine culturel?

La fusion des deux courants a augmenté les espoirs de tous les travailleurs. De manière semblable, elle a inspiré et stimulé les écrivains et les artistes dans le domaine culturel. Cela va beaucoup nous aider à nous développer davantage. Cela sera très utile pour apprendre les expériences des auteurs et des artistes qui ont travaillé avec une perspective de superficie de base ces trente dernières années dans une autre région. Ce sera utile pour eux d’apprendre nos expériences ici. Il y avait de tels efforts dans le passé aussi. (………) Mais du membre du comité, le commandant de peloton, camarade Rammohan, alias Naresh. Six de ces martyrs étaient des camarades féminines. Dans le second incident près du PRC Tanda, dans le mandal Pullalacheruvu dans le Nallamala le 16 juin, le camarade Ravi Kumar, alias Sridhar, un membre du comité d’état et du secrétariat du comité d’état a été assassiné. Trois autres camarades, qui ont été pris a un lieu de rendez-vous le 15 juin, ont été torturé durant deux jours, et fusillés le lendemain. Le camarade Sudhakar, alias Suresh, membre du comité de district de Guntur a été arrêté et assassiné deux jours après. Dans le troisième incident, dans la dernière semaine de juin, un peloton du PLGA dans le Mahbobnagar a été encerclé et dans la rencontre qui a suivi, huit camarades ont été tués. Le quatrième incident était l’attaque sur le APSC HQ le 23 juillet durant lequel huit camarades, dont le camarade secrétaire d’état Madhav, sont devenus martyrs. Dans la dernière rencontre le 3 août, le peloton du comité de division Anantapur-Cuddapah a été attaqué et quatre camarades morts, dont le camarade Sathyam, alias Kranti, un organisateur du comité de district. Les camarades du PGLA se sont battus héroïquement alors que le collectif était sous deux partis, sous deux directions. Maintenant, cela sera mené sous un parti unifié et cela aidera à aller de l’avant de manière consolidée. Cela permettra de construire une nouvelle culture démocratique rapidement.

Finalement, quel est votre appel aux écrivains et aux artistes de l’extérieur?

(Souriant) Que peut dire n’importe quelle personne en lutte à une autre personne en lutte? Nous nous battons ici. Nous demandons aux autres de se battre. C’est tout. Nous luttons de toutes nos forces pour construire une nouvelle culture anti-impérialiste et anti-féodale. Notre appel à la population est d’oser se battre pour éradiquer la culture des classes dominantes. Sachant que notre but est le même, essayons de mener cette lutte en nous unifiant de manière plus solide.
‘Construisons une nouvelle culture démocratique en nous unissant. Nous étendons notre Lal Sal à People’s March (qui a mené l’interview) pour être venu ici au milieu de beaucoup de difficultés pour faire cette interview et nous donner une chance de parler de notre mouvement culturel à la population de notre pays et d’autres pays aussi.

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