A Dresde, extrême-droite et antifascistes s’affrontent autour de la mémoire du bombardement
02/14/2010
(source : AP 14/02/2010)
Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi à Dresde pour former une chaîne humaine, dans le but de contrer les défilés d’extrême-droite commémorant le bombardement de la ville en 1945.
Les forces de l’ordre déployées pour éviter aux deux camps de se rencontrer étaient très nombreuses, y compris des unités de police anti-émeutes. Cinq hélicoptères de police ont également survolé la ville.
L’extrême-droite avait réuni 5.000 manifestants, selon la police, qui les a cantonnés dans les environs d’une gare. Les laisser défiler était considéré comme trop dangereux, dans la mesure où des contre-manifestants avaient dressé des barrages en s’enchaînant sur leur passage prévu.
Environ 10.000 contre-manifestants se sont par ailleurs rassemblés pour former une chaîne humaine censée protéger la ville.
La maire de Dresde y figurait: “Dresde ne veut pas d’eux, ces voyous n’ont rien à faire ici”, a-t-elle déclaré. La ville avait tenté, mais en vain, de faire interdire en justice le défilé prévu des manifestants d’extrême-droite.
Il n’y a eu que des incidents mineurs selon la police, qui a arrêté trente personnes, des manifestants et contre-manifestants. Quelques personnes ont subi des légères blessures, mais les deux camps ont été maintenus séparés. Les manifestants d’extrême-droite ont quitté la ville sans incidents.
Le bombardement de Dresde, pendant trois jours à partir du 13 février 1945, a ravagé la ville et fait des milliers de morts. Le nombre exact de victimes est un enjeu sensible. En 2008, une commission d’historiens mandatée par le gouvernement avait proposé le chiffre de 25.000.
L’anniversaire de ce drame est un enjeu symbolique autour duquel se disputent l’extrême-droite néo-nazie et les antifascistes. Pour les néo-nazis, le bombardement de la ville est un crime de guerre, le symbole des crimes des Alliés. AP
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