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« Est-ce qu’on peut vivre avec 460 euros par mois ? »

02/16/2010

(http://www.mncp.fr/ 15/02/2010 )


Les quatre organisations de chômeurs AC !, Apeis, MNCP, CGT chômeurs, dans un communiqué commun, appellent à une journée d’action le 26 février, date d’une possible rencontre entre Medef et syndicats sur la question des fins de droits. Les organisations rappellent leur revendication d’un revenu décent pour tous, du retrait de l’indemnisation liée aux ressources du ménage.

Huit ans après la fermeture de l’usine Moulinex de Caen, au moins 200 anciens salariés sont dans une situation critique, explique Maguy Lalizel, de l’association Apic-Mx.

« On dit que pour les chômeurs en fin de droits qui vont toucher le RSA ou l’ASS, il n’y a pas de problème, ils continuent à être indemnisés. Mais est-ce qu’on peut vivre avec 460 euros par mois ? Quel homme politique a essayé de vivre avec ça, alors que le seuil de pauvreté est à plus de 800 euros ? » Maguy Lalizel est une femme en colère. Ancienne ouvrière et syndicaliste chez Moulinex à Cormelles-le-Royal, près de Caen (Calvados), elle anime aujourd’hui l’association Apic-MX [1], qui maintient le lien entre les ex-salariés de l’usine, fermée en novembre 2001. Á ce titre, elle a suivi le destin d’une partie des 1 300 salariés du site — dont 66 % de femmes — jetés à la rue après des années de travail. Huit ans après, le bilan est lourd : sur les 700 adhérents de l’association, 180 sont dans une situation critique, sur le point de basculer dans les minima sociaux. Et encore, une bonne partie des anciens ont été « sauvés par l’amiante », comme ils disent amèrement : l’exposition au poison a permis à la moitié de l’effectif, comme Maguy, de partir en retraite anticipée, leur épargnant quelques années de galère.

« Même si on est fort, le chômage est une vraie souffrance, souligne Maguy. Quand vous avez envoyé 300 CV et reçu seulement cinq ou six réponses, toutes négatives, que votre demande de formation est rejetée, que vous avez cinquante-trois ans, vous vous demandez : à quoi je sers ? est-ce que j’existe encore ? Moi aussi j’aurais pu plonger, comme d’autres. » Il faut en plus subir le discours ambiant, culpabilisant : « On fait des cadeaux sans contrepartie aux banques responsables de la crise, mais, en revanche, le chômeur qui touche 1 000 euros, on l’accuse de pas vouloir bosser, et on lui rappelle qu’il a des droits et des devoirs ! », s’emporte la militante, pour qui le fait de s’organiser, de rester liés après un plan social est un « camouflet pour le Medef, les patrons, le gouvernement ».

Parmi les anciennes collègues, il y a toute la palette de situations. « Pour celles qui sont en ASS ou au RSA, c’est très dur, raconte Maguy. Une fois que le loyer est payé, certaines n’ont que 1 euro par jour pour vivre. J’en ai connu une qui se nourrissait de café au lait avec du pain et de la margarine. Pour des femmes qui ont été indépendantes toute leur vie, c’est une grande honte d’aller aux Restos du cœur. Et puis toute vie sociale disparaît quand la priorité c’est de payer le loyer et de trouver à bouffer. » D’autres ne touchent rien, parce que leur conjoint travaille et que les allocations sont versées en tenant compte des revenus du ménage. « Ces femmes ont fait trente ans à l’usine, elles ont cotisé, mais arrivées en fin de droits elles dépendent de leur mari ! », peste Maguy. Une minorité a retrouvé un CDI. « D’autres s’en sont sorties en tournant en intérim sur toutes les boîtes du coin. Mais avec la crise, ça devient difficile. » C’est le cas de Martine, cinquante-trois ans, qui, jusqu’à présent, avait réussi à travailler huit ou dix mois par an en intérim. « Mais depuis le 11 décembre, je n’ai plus rien. Je suis inquiète car j’arrive en fin de droits en août, et le temps défile à toute allure. » Industrie, ménage, transport, elle est prête à tout prendre malgré sa « facture Moulinex » : deux coudes bousillés qui la font souffrir au travail.

F. D. Notes : [1] Affiliée au Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP)

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  1. 02/16/2010 7:12

    Bonsoir,
    je peux vraiment affirmer que on ne peux pas vivre avec 460€, c’est impossible!!! Je suis italienne, mais depuis plus de dix ans je vive en France, car j’ai rejoint mon compagnon… J’ai travaillé tout au débout sans être déclarée car j’ai attendue presque dix mois pour avoir un titre de séjour. Après l’obtention du titre de séjours, j’ai fait des stages, et enfin on m’as proposé un CES de un an dans une association qui s’occupe de la formation pour les adultes et les jeunes, et de l’insertion au monde du travail. Après mon année en CES, on m’as proposé un CEC de cinq ans. J’ai donc travaillé six ans, pendant lesquelles on m’as fait miroiter un CDI… Le CDI je ne l’ai pas eu, car ils ont préféré emboucher à nouveau une personne avec des contrats qui ne font pas payer beaucoup de charges aux patrons, comme avant étaient le CES et CEC. J’ai aimé beaucoup ce boulot, car j’avais un contact avec les gens, c’était du social, et quand j’ai su que on m’aurait jamais fait de CDI, j’ai commencé à être pas bien. On m’as mis en arrêt maladie, et deux après à la fin de mon contrat, j’ai du lutter pour me faire payer un mois d’heurs supplémentaires. Depuis je suis en invalidité, j’ai une maladie orpheline qui ne me permet pas de travailler, donc je vive avec 460€ environs par mois, j’ai un fils de 16 ans et mon compagnon a un allocation d’adulte handicapé. Cette situation est très dure, difficile, je me demande si ils se rendent compte de comme on vifs quand on est précaires… Je pense que ils devraient essayer de vivre avec cette somme un mois, pour voir comme c’est possible, de payer un loyer (même si on a une APL il faut quand même en rajouter de notre poche), payer l’EDF, le gaz, le téléphone, l’assurance pour la maison, la voiture, et même que j’ai un 100% pour mon invalidité et mon compagnon aussi, nous devons payer une mutuelle car on a pas droit à la CMU, vu que on dépasse de peu, et on arrive pas à la payer, et donc on doit demander des aides. Nous achetons notre nourriture dans les magasin discount, car tout est très, trop chère, mais même si on fait attention à chaque centimes, on n’arrive pas à la fin du mois. Nous n’avons aucun vie sociale, je ne sais plus quand c’était la dernier fois que nous sommes allés par exemple au cinéma, … Ma priori est mon fils, il travail très bien au lycée, mais je me fait du souci, car je me demande si j’arriverais à subvenir à ses études. Je cherche un boulot à faire chez-moi, mais ce n’est pas facile à trouver, et je ne peux pas me rendre au boulot tout les matins, car ma maladie me l’empêche vu que je ne sais jamais comment je vais être de un jour à l’autre, ou le matin et après l’après-midi. En Italie, c’est pire car beaucoup des personnes même s’ils ont travaillé ne bénéficient pas du chômage, et les aides sont très peu… Par contre qui nous gouverne vive largement au dessous de la moyenne… J’aimerais que tout les politiques soit italiens que français ou autres vivent quelque temps avec 460€ au mois, pour qu’ils réalisent, car pour eux nous sommes souvent des feignants que ne cherchent pas du boulot, mais aujourd’hui même qui a un boulot est par fois précaire, et cette situation est de plus en plus réelle. Je pense que on doit être unis, tous, et lutter en toutes les façons pour essayer de changer les choses, une lutte vrais. Ils ont sortie des millions d’euros pour les banques mais pour le peuple les caisses sont vide.

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