J.O. : En défense du black bloc : un communiqué des résistants aux Jeux olympiques de Vancouver 2010
(source : http://no2010.com/ , traduction http://www.hns-info.net/spip.php?article21857 )
(source : http://no2010.com/ , traduction http://www.hns-info.net/spip.php?article21857 )
Les 12 et 13 février 2010, des milliers de courageux individus sont venus ensemble pour résister aux Jeux olympiques de 2010 de l’Etat policier et pour attaquer les entreprises qui pillent la terre et augmentent la pauvreté. Nous écrivons ce communiqué en tant que participants et organisateurs de la présence du black bloc à ces manifestations, appelées “Reprenons notre ville” et “Attaque au coeur des Jeux de 2010″.
Le 12 février, la police de Vancouver s’est occupée de nous avec une force de police montée. Les jours suivant l’attaque au coeur, ils ont déployé la police anti-émeutes, armée de fusils d’assaut M4. Ils prétendent que c’était nécessaire pour arrêter la marche “de la mise en danger de la sécurité publique” – alors que les seules menaces à la sécurité publique étaient dans leurs propres mains. Les participant-e-s à la manifestation n’ont réalisé que des attaques stratégiques contre les entreprises qui sponsorisent les JO et n’ont pas attaqué les gens présents.
Les médias sont maintenant occupés à dénoncer la violence politique de destruction de la propriété, comme la destruction des vitrines de la Hudson’s Bay Company, comme si c’était le seul acte de violence arrivant dans cette ville. Ils oublient que la violence économique est quotidienne à Vancouver. Les gens souffrent et meurent d’événements évitables parce que les aides sociales ne sont pas suffisantes pour payer un loyer, de la nourriture ou des soins médicaux, et parce que les autorités ignorent systématiquement les urgences médicales des pauvres ou sans-logis. Cette violence économique a empiré parce que nous avons perdu des logements et des services sociaux à cause des Jeux Olympiques. En réponse à cet assaut, des milliers de gens sont descendus dans la rue, des centaines ont rejoint ce qui est appelé le black bloc.
Le black bloc n’est pas une organisation formelle ; il n’a pas de chef, de membre ou de quartier général. Au lieu de ça, le black bloc est une tactique : c’est quelque chose que les gens font pour atteindre un objectif particulier. En étant vêtus de noir et en se masquant, le black bloc offre une plus grande protection à ceux/celles qui choisissent la défense active. La majorité des gens impliqués dans le black bloc ne participent pas aux destructions de proriété privée. Toutefois, en se masquant ils expriment leur solidarité avec ceux/celles qui choisissent l’action directe autonome contre les entreprises, les autorités et les politiciens qui font la guerre à nos communautés.
La participation au black bloc est un acte de courage. Avec seulement nos chemises sur le dos et des masques sur nos visages, nous prenons les rues contre la plus grande force de police en “temps de paix” de l’histoire du Canada. Protégé-e-s seulement par du tissu noir et le soutien de nos camarades, nous sommes resté-e-s debout face aux flics anti-émeutes armés de fusils d’assaut, de pistolets et de matraques. Nous avons prouvé que 1 milliard de $ de “sécurité” ne pouvait pas nous empêcher de boucher le coeur de la ville de Vancouver et de faire s’effondrer une fête de 100 000 personnes — et en échappant aux flics.
Vous ne saurez jamais qui était dans le black bloc ce week-end, mais vous nous connaissez. Nous sommes les gens qui organisent des repas communautaires, qui dansent pendant les festivals de rue, qui sont artistes, défendent la terre, construisent des coopératives cyclistes et des jardins communautaires. Quand nous mettons nos vêtements noirs, nous ne sommes pas une menace pour vous, mais pour les élites.
Qui que vous soyez, un jour vous nous rejoindrez. Tant que le gouvernement et les sociétés attaquent nos communautés, nous allons nous défendre – et cela signifie l’attaque.
Signé : deux organisateurs et participants de la présence anarchiste à la manif “Reprenons notre ville” et “Attaque au coeur des Jeux de 2010″, février 2010, Coast Salish Territories.
Traduit de l’anglais par Gachet, HNS-info