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[INDE] Suite de l’Interview de Ganapathy. Sur le développement du CPI (maoïste)

02/20/2010

(source : http://sanhati.com/articles/2138/ , traduction Futur Rouge)


[Note de FR : nous avons préféré détaché cette parti de l’interview de Ganapathy du CPI (maoïste) (voir l’interview ici) pour qu’elle soit plus visible, car il s’agit d’une partie sur le développement du Parti Communiste d’Inde (maoïste)]

Introduction au développement de notre Parti

Depuis que Jan Myrdal a écrit le livre ‘India Waits’ en 1980, dans lequel il parle du mouvement, il y a eu plusieurs développements à divers niveaux, tant politiques que militaires. C’est depuis lors que nous avons vu le développement d’une perspective prenant en compte la spécificité concrète indienne. Il ne restait seulement que quelques dirigeants expérimentés de l’époque du camarade CM. Beaucoup avaient dévié vers la droite, d’autres vers la gauche et peu seulement sont venus ici. Donc, c’était en grande partie une nouvelle génération, une nouvelle jeunesse et pour les transformer en cadres expérimentés, il a fallu investir beaucoup de temps.
Quand vous, Jan Myrdal, êtes venu ici en 1980, le Parti subissait encore ce problème. Ce n’est qu’après 6-7 autres années qu’un leadership propre dans le contexte du PW est apparu. Lorsque Jan Myrdal s’est rendu à dans l’AP en 1980, à ce moment là, il y avait seulement le comité d’état du CPI(ML) ainsi que le comité d’état du TN. Il y avait également un Comité Central, mais évidemment, seulement confiné dans ces deux états. Son étendue était limité. Le MCC travaillait dans le Bengale et le Bihar à cette époque; cependant, il était très faible dans le Bengale. De la même manière, le PW travaillait dans l’AP et le Tamil Nadu, mais dans le TN, il était très fragile. Il s’agit d’une observation rétrospective du travail dans ces deux centres, dans ces deux régions. Le camarade Kobad Gandhi et certains camarades du Maharashtra ont rejoint le PW plus tard. Dans le MCC, le camarade KC a commencé un travail incluant l’Assam, mais de manière très limitée. Maintenant, nous sommes présents dans vingt états, mais le Parti reste faible dans beaucoup d’entre eux. Donc, il y a un développement inégal en vertu de la guerre populaire prolongée où selon notre force, il y a différents niveaux du mouvement dans différentes régions. Dans ce contexte, nous devons observer le développement et le rôle d’un parti révolutionnaire qui est important et dont je vais parler.

Camarades, en 1980, le Parti essayait d’émerger suite à un recul. Il essayait de se réorganiser et de se consolider. D’un côté, il y avait le problème du sectarisme et de l’autre, la masse de base était largement perdue. Donc, nous devions tout faire renaître, tant en termes de lutte de masse que militaire. En conséquences, nos tactiques ont aussi changé. A ce moment, c’était principalement des luttes anti-féodales, et une campagne de propagande anti-impérialiste qui avaient été déchaînées pour créer une opinion anti-étatique et pour ouvrir les mouvements dans les régions urbaines.

Précédemment, sous le camarade Charu Mazumdar, la ligne avait été de mépriser les organisations de masse. Plus tard, nous avons repensé, et après avoir traversé un examen auto-critique intense, nous avons reconnu qu’il y a avait eu certaines erreurs dans les dernières années, et sur cette base, afin d’avancer, nous avons reconstruit le mouvement. L’Examen Auto-Critique a été fait en 1974 et ce n’est qu’en août 1977 que les forces du Parti ont été convaincues. En pratique, cela a été réaffirmé dans la Conférence d’Etat du Parti dans l’AP en septembre 1980, qui marque le commencement d’une nouvelle réalité.

C’est à partir de ce moment que nous avons vu le développement d’une pespective prenant en compte la spécificité concrète indienne. Il ne restait que quelques leaders expérimentés de l’époque du camarade CM. Beaucoup avaient dévié à droite, d’autres à gauche, et seulement quelques uns étaient venus ici. Donc, il s’agissait largement d’une nouvelle génération, d’une nouvelle jeunesse et pour les transformer en cadres, il a fallu investir beaucoup de temps. Quand vous êtes venus ici, le Parti subissait encore ce problème. Ce n’est qu’après 6-7 autres années qu’un leadership propre au contexte du PW a émergé.

Premièrement, un parti révolutionnaire a besoin d’une direction pour comprendre les conditions nationales et internationales, ainsi que les conditions économiques et politiques pour établir les tactiques en conséquence. Certaines des perspectives dont j’ai parlé, dans la période post-1980, si nous y ajoutons cette expérience, nous nous voyons que dans les années suivantes, nous avons fait des avancées dans cette sphère de compréhension.

Deuxièmement, un parti révolutionnaire doit organiser la population et diriger la lutte de classe. Dans cette perspective stratégique, des plans ont été élaborés et des endroits ont été sélectionnés. Un certain développement s’est effectué depuis 1980 en termes de lutte populaire sous la direction du parti, qui est ressorti comme un développement concret.

Troisièmement, pour un parti révolutionnaire, il est important d’organiser la lutte armée. Le groupe CP Reddy avait le nom du CPI(ML) et faisait partie du CPC sous la direction du SNS. Au moment où vous êtes venu, c’étaient les seuls qui avaient des brigades dans la région de Godavari. C’est seulement alors que la Guerre Populaire a commencé avec certains bataillons armés sous forme de bataillons paysans, alors qu’ils avaient déjà 60-70 cadres armés à ce moment là.

Plus tard, comme nous avons développé la lutte de classe selon l’idée de saisie rationnelle du pouvoir dans la région, pour construire l’armée populaire, le PW ici et le MCC là-bas ont commencé à former des bataillons de guérilla armés aux niveaux de 5, 7, 9, 11. Certaines sections et régions de guérilla ont émergé de cette façon. Dans certaines régions, juste avant la fusion de 2004, des compagnies ont même émergé. Le PW d’autrefois avait la People’s Liberation Guerilla Army (Armée de Guérilla de Libération Populaire). Dans le processus de fusion, nous avons trouvé la PGLA sous le CPI (Maoïste). La prochaine étape est celle de bataillons s’acheminant progressivement vers la formation de la PLA. Selon les principes de base, nous avons développé les étapes supérieures de puissance politique et militaire, et de la puissance politique peuple. Cette vision était présente même avant 1980. Le MCC (Centre Communiste Maoïste) était présent aussi. Mais dans la pratique, cela n’a abouti, en terme de développement concret, qu’après la fusion.

Il y a encore deux développements que je voudrais signaler. Un parti qui en pratique développe des tactiques ou une politique impliquant une large masse dans ses rangs et ses fichiers doit agir en impliquant des dizaines de milliers de personnes. En réalité, alors que nous faisions face au problème et que nous réparions les erreurs, il y avait une lutte interne et externe amère. Ce n’est qu’à travers le processus de cette lutte idéologique et politique amère que nous avons atteint la position actuelle. Après la correction et la révision des années 70, le PW est apparu et il a du faire face à une grave crise interne sous la forme de 1) sectarisme et dogmatisme au milieu des années 80 2) l’obstacle posé par le leadership du camarade Kondapalli Seetharamiah au début des années 90. Alors encore, les conflits entre le MCC et le PW ont été une expérience violente et inoubliable, un chapitre noir de l’histoire. Afin de faire face aux enjeux politiques et idéologiques, le parti a tactiquement développé deux approches: discussion, critique et lutte. Les trois fois, le parti est sorti victorieux de ces crises. Le MCC a émergé de la même manière de sa propre crise interne. Une section de celui-ci avait l’intention de continuer le combat. Il y avait aussi des différences concernant le maoïsme et le dogmatisme desquelles il est sorti vainqueur. Le PU a également combattu contre des forces qui opposaient la guerre populaire prolongée et la révolution agraire, et a émergé avec succès. Même le PW et le MCC à ce moment, se sont réduits. Pendant ce temps, les groupes Vinod Mishra et Satya Narain Singh sont devenus plus forts et plus influents. Alors que le VM s’est déplacé vers l’opportunisme de gauche, le SNS s’est déplacé vers l’opportunisme de droite. Et en réalité, ils se sont divisés et finalement ont été confronté à une liquidation virtuelle avec aujourd’hui, une présence extrêmement nominale.

Précédemment, en parallèle du combat contre le révisionisme, nous avons été confronté au problème d’avoir une ligne qui évoquait seulement la prise de pouvoir d’état et que les autres question politiques, telles que celles de la nationalité, des femmes, des dalits (castes des intouchables) et des minorités religieuses seraient adressées automatiquement. Cependant, plus tard, nous avons rectifié cette position et avons fusionné les slogans immédiats et les slogans finaux. C’était une nécessité pour le succès du NDR et vers son développement. Alors que divers autres groupes ML évoquaient seulement des slogans immédiats et ainsi, allaient vers le réformisme, nous avons pendant longtemps uniquement donné des slogans finaux. Mais maintenant, en mettant ensemble tant les slogans immédiats que finaux, nous nous dirigeons vers un meilleur développement.

Pour l’éducation du Parti, il y a plusieurs Magazines du Parti au niveau Central, de l’Etat et des Districts. Environ 25 d’entre eux sont du Parti. Plusieurs autres sont des Magazines des Organisations de Masse. Par exemple, au niveau du Centre, nous publions People’s War/Laal Pathaaka (Guerre Populaire), un magazine idéologique et politique, simultanément en anglais et en hindi ainsi que dans d’autres langues; Awami Jung, un magazine militaire en différentes langues; Maoist Information Bulletin (Bulletin d’Information Maoïste) en anglais. Dans le DK, nous publions les magazines suivants:
- Prabhath (en hindi, magazine politique du Parti)
- Viyyukka (en gondi/koyam, magazine politique et idéologique)
- Padiyora Pollo (en gondi/koyam, magazine militaire)
- Sangharsharath Mahlia (en hindi, magazine KAMS)
- Jhankar (multi-lingue, magazine littéraire et culturel)

Au niveau des Divisions/Districts en gondi/koyam: Division du Bastar Sud: Pituri (rébellion); Division du Bastar occidental: Midangur (feu ouvert); Division de Darbha: Moyil Gudrum (éclair); Divisions du Nord et du Sud du Gadichiroli: Poddhu (soleil); Division conjointe du Maad et du Bastar Sud: Bhoomkal (tremblement de terre); Division du Bastar Est: Bhoomkal Sandesh (message de rébellion). D’autres, comme la présente Janata Sarkar ont aussi fait un magazine appelé Janata Raj (Etat Populaire).

Il y a également des classes d’étude, qui sont organisées avec des notes d’étude et des syllabus. Des classes politiques sont organisées à différents niveaux d’états. Parfois, des campagnes de redressement sont organisées pendant 4-6 mois jusqu’à un an, lorsque l’histoire des révolutions chinoise, philippine et péruvienne sont discutées pour une formation politique et idéologique. Il y a des équipes d’instructeurs militaires pour les écoles militaires et le Awami Jung en tant que magazine militaire du Comité Central.

Dans la région de DK, le Parti est confronté au problème de l’illettrisme et du manque d’éducation primaire et donc, nous avons organisé des MAS ( éducation mobile) dans le but d’un enseignement universitaire de base pour les cadres du parti. Des centaines de cadres ont été formés depuis son commencement. Les organisations de masse organisent également des programmes académiques avec leur propre syllabus qui est réalisé en concertation avec la direction et les membres du comité.

Introduction sur le développement de la People’s Army (Armée Populaire – actuellement appelée People’s Liberation Guerilla Army – Armée de Guérilla de Libération Populaire)
Je vous demande de vous référer à nos documents centraux pour un tableau complet de notre développement armé dans les conditions spécifiques du pays et dans lequel la situation internationale est formée. Je vous demande d’y être attentif à cause de sa vitalité dans toute révolution.

Introduction au développement du l’UF

En terme d’organisations de masses, nous nous sommes, au fil des années, développé sur différents fronts, y compris la paysannerie, les femmes, les étudiants, la jeunesse, les groupes de droits civils, les groupes littéraires et culturels, les enfants, la nationalité, les ouvriers, les employés,… Le plus fort parti dans un état, plus l’organisation et les fronts. Dans les régions les plus faibles, il y a moins d’organisations de masse au niveau de l’Etat, conformément à la force du parti. Aujourd’hui, le parti possède des organisations de masse tant au niveau des états que de l’Inde entière et l’idée est de représenter les organisations de quatre classes, conformément avec l’alliance des quatre classes et aussi d’autres sections. Avec l’accent mis sur les organisations de masse, nous avons actuellement 30 à 40 d’entre elles qui travaillent sur divers fronts. Durant les années 80, le MCC avait quelques organisations de masse qui travaillaient secrètement avec une portée limitée dans l’AP. La paysannerie, les étudiants et les sections culturelles et littéraires aux côtés de la jeunesse ont eu une certaine influence, mais maintenant, avec le développement de notre compréhension, différentes organisations de masse existent, depuis le niveau local, au niveau de l’état jusqu’à celui de toute l’Inde. Durant le 9ème Congrès du PW, il a été décidé de développer les organisations de masse et les fronts communs qui seraient axés sur les enjeux et la tactique. Sur certaines questions, même les classes ennemies et les dirigeants locaux pourraient se rassembler à court et à moyen terme. Ceux-ci se sont encore plus développé après la fusion. Donc la lutte de classe doit être menée au niveau des sections, clandestins ainsi que visibles. Les occasions légales doivent être utilisées, certaines organisations de masse travaillent selon la ligne de conduite générale MLM, alors que d’autres travaillent sous le couvert complet, même avec les autres.

A propos des relations internationales

Dans les années 80 naissent à la fois le MCC et le PW avec une portée régionale, à cause de laquelle nous avons échoué dans une large mesure à nous connecter avec des mouvements internationaux plus vastes. Cependant, dès le milieu des années 90, les deux Partis, et particulièrement après la formation du CPI(Maoïste) ont commencé à jouer un rôle au niveau international. Nous prenons part à certains débats internationaux et envoyons des délégations aux forums internationaux, même si de nombreux progrès doivent encore être faits sur ce front. Néanmoins, c’est mieux que dans les années 80 et 90. Pour ce qui est du RIM, le MCC s’y est joint en 2002. Cependant, le PW s’est opposé à se joindre au RIM car il croyait que ce n’est qu’après des délibérations, des compréhensions et des discussions approfondies qu’une telle plate-forme internationale peut se développer afin d’éviter une approche sectaire. Par conséquent, le PW n’a pas rejoint le RIM (mouvement révolutionnaire internationaliste (maoïste)), pendant que le MCC allait de l’avant. Après la fusion, il a cependant été décidé que tout ce que le nouveau Parti déciderait serait mis en pratique. Et depuis lors, conformément à la décision de tout le Parti, celui-ci est resté en dehors du RIM. Nous sommes restés en dehors du RIM qui a aujourd’hui virtuellement disparu. Il est important, pour le succès de la révolution indienne en tant que partie inséparable de la grande révolution socialiste mondiale, de défendre activement le MLM, de combattre l’impérialisme et de soutenir la lutte de classe à travers le monde et également de prendre appui sur les Partis et Organisations maoïstes, les forces internationales, le prolétariat et la population. A cet effet, il faut maintenir les relations fraternelles avec les forces maoïstes et anti-impérialistes. Nous croyons qu’il est à la fois important d’étendre l’aide ainsi que de prendre l’aide internationale pour le succès de toute révolution mais à cause de la répression en cours. En général, je dis une fois encore que nous collons aux bases du MLM. Nous invitons les suggestions critiques de n’importe quel Parti et Organisation maoïste.

Nous croyons que le CPI(Maoïste) est un détachement de la révolution prolétarienne mondiale. Si elle réussi, nous dirions qu’une partie du monde réussirait – ce n’est pas indépendant. Elle constituerait une partie de la révolution socialiste mondiale et elle est strictement liée au succès ou à l’échec de la révolution socialiste mondiale. Plus de luttes de la classe ouvrière dans les pays impérialistes/capitalistes aura un impact favorable sur la révolution indienne.

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