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[INDE] Un massacre de la police dévoilé dans le Chhattisgarh

02/23/2010

(source : http://southasiarev.wordpress.com/2010/02/22/police-massacre-in-chhattisgarh-exposed/ 22/10/2010, traduction Futur Rouge)


La police a tué des villageois, affirment des témoins de Gompad

Ruines du jour: il ne reste rien de la maison des Madavi dans le village de Gompad dans le district de Dantewada du Chhattisgarh.

GOMPAD: Un poteau en bois calciné et trois tombes sont tout ce qu’il reste de la famille Madavi dans ce village lointain du district de Dantewada dans le Chhattisgarh. ‘Madavi Kanni était couchée face contre terre devant la maison brûlée’ a affirmé un témoin oculaire. ‘Elle avait été entaillée avec une épée et avait une balle dans la poitrine’. Les corps de son père, Madavi Bajar, de sa mère Madavi Sabbhi et de sa soeur de douze ans Madavi Mutti, ont été retrouvés sous un arbre, à cinquante mètres de là.

Les témoignages récoltés par ‘The Hindu’ de Gompad prétendent qu’une force composée d’officiers de la police spéciale adivasi et de la force de sécurité régulière est apparue aux abords du village aux premières heures du 1er octobre 2009. ‘Nous nous sommes encourus lorsque nous avons vu la force’ a dit le témoin, parlant sous le couvert de l’anonymat. ‘Nous avons trouvé les corps à notre retour’. ‘La police a tué mon frère Soyam Subaiah, et a poignardé à mort sa femme, Soyam Jogi’ a dit Soyam Bhadra, pointant la cour où les corps ont été trouvés. ‘Ils ont aussi tué Madavi Venka et brûlé deux maisons’.

‘The Hindu’ a interviewé Madavi Lachcha, le fils de Madavi Venka, en janvier cette année. Lachcha affirme qu’il a vu des hommes en uniforme tirer sur son père dans leur étable, alors qu’il courrait vers la forêt.

En tout, neuf villageois adivasis, y compris deux visiteurs de Bandarpet, ont été tués ce matin là à Gompad. Les témoignages des villageois corroborent les dépositions remplies par douze villageois et Himanshu Kumar dans une pétition judiciaire déposée à la Cour Suprême. Cet acte judiciaire accuse les forces de sécurité d’avoir tué deux villageois des villages voisins de Velpocha et de Nalkathong ainsi que les neuf de Gompad le 1er octobre 2009 et les tient pour responsables des morts de six villageois à Gachanpalli le 17 septembre 2009.

Dans un interview le 3 février, le Directeur Général de Police du Chhattisgarh Viswaranjan a nié toutes les accusations et a souligné la volonté de la police du Chhattisgarh à enquêter sur l’affaire.
Des sources de la police à Raipur ont dit à ‘The Hindu’ que les forces de sécurité étaient entrées dans les forêts entourant Gompad le 30 septembre 2009, un jour avant le massacre. La source ne pouvait pas confirmer quand les forces étaient retournées dans leurs casernes. L’information de la source ajoute foi au rapport du IANS qui indique que le SP Amresh Mishra de Dantewada a dit que deux maoïstes avaient été tués le 1er octobre 2009 à Nalkathong, une région proche de Gompad.
Des détails épars du massacre de Gompad ont circulé à travers la région densément forestière du bloc de Konta dans le district du Dantewada. Les renseignements de l’autopsie, dirigée par la police le 23 janvier janvier, se sont répandues de village en village – particulièrement le prélèvement d’échantillons d’os sur les cadavre. ‘Pourquoi la police ôte-t-elle les os?’ a demandé un villageois de Maitha. Les échantillons ont été prélevés pour établir les identités des victimes.
Les adivasis des villages de Gompad, de Velpocha, de Nalkhathong, et de Maitha reconnaissent que la région est un terrain de marche pour les naxalites et les forces de sécurité et leurs semblables. Une information non vérifiable de journalistes locaux affirme que les naxalites étaient présents aux alentours de Gompad la nuit précédant le massacre, mais étaient partis avant l’arrivée des forces.

Un tract naxalite signé par le South Bastar Regional Committee (Comité Régional du Bastar Sud) ramassé par un correspondant dans le district de Bijapur en février, fait référence aux assassinats de Gompad et exige que le CRPF (Central Reserve Police Force) et le Commandos Koya comparaissent devant un tribunal populaire.
Comme rapporté dans ‘The Hindu’, la police a pris le contrôle total des mouvements d’au moins trois des douze pétitionnaires de l’acte judiciaire déposé à la Cour Suprême: Sodi Sambo, à qui on a tiré dans la jambe à Gompad, a été prise par la police le 3 janvier cette année. Les autres pétitionnaires, Soyam Dulla et Soyam Rama, ont été emmené d’un meeting public organisé par une ONG dans le Dantewada le 6 janvier et n’ont pas été vus au village depuis.

Le mari de Madavi Kanni, Kattam Dulle, et son bébé Kattam Suresh, était également présent au meeting, tout comme le mari de Sodi Sambho – Sodi Bhadra. Ils ne sont pas revenus à Gompad depuis lors. ‘Mon père, Soyam Dulla, est un pétitionnaire dans cette affaire’ a confirmé Soyam Bhadra. ‘Nous ne l’avons pas vu depuis que la police l’a pris le 6 janvier à Dantewada’.
Le 15 février, la police du Chhattisgarh a traduit en justice trois pétitionnaires à New Delhi. L’avocat général Gopa Subramanium a reconnu de facto que les pétitionnaires étaient sous le contrôle de la police, lorsqu’il a déclaré que les pétitionnaires avaient été confrontés à des menaces vu qu’ils étaient considérés comme informateurs de la police et que la police avait pris la peine de les protéger.

Les villageois de Gompad ont contesté les affirmations de la police que Soyam Rama, Soyam Dulla et Sodi Sambo étaient considérés comme des informateurs de la police. ‘Personne n’a émis aucune menace’ a dit un villageois, parlant sous le couvert de l’anonymat.

Des déchets de gants chirurgicaux jonchent le cimetière aux alentours de Gompad, preuve de l’autopsie menée le mois dernier. Des bouts de vêtements mis au rebut pendent à un arbre surplombant les tombes de la famille Madavi. ‘Lorsque les médecins ont exhumés les corps, ils ont enlevé les vêtements et les ont laissé sur l’arbre’ a dit un villageois. Les vêtements, qui pourraient contenir la preuve des trous de balle ou des échantillons d’ADN ont été exposés aux intempéries durant plus d’un mois.

La famille Modavi s’est révélée inséparable même dans la mort. Leurs tombes se trouvent côte à côte: Subbi et son mari Bajar ont été enterré dans la même tombe, tout comme l’ont été Kanni et sa soeur Mutti. Dans la tombe contigüe git Madavi Venka.

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