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Jose Maria Sison : La valeur et la pertinence de la Révolution d’Octobre en réponse aux défis du 21° siècle

02/28/2010


La valeur et la pertinence de la Révolution d’Octobre en réponse aux défis du 21° siècle

Par Jose Maria Sison
Président Fondateur
Parti Communiste de Philippines

Je propose de discuter des conditions objectives et des facteurs subjectifs qui ont provoqué la Révolution d’Octobre, du maintien de la valeur de la Révolution d’Octobre en dépit de la désintégration de l’Union soviétique et des autres sociétés où régnait le révisionnisme et de la valeur et de la pertinence de la Révolution d’Octobre à faire face aux conditions du 21e siècle.

1. Les conditions objectives et facteurs subjectifs qui ont provoqué la Révolution d’Octobre

Depuis le début du 20e siècle, le monde est entré dans l’ère de l’impérialisme moderne et de la révolution prolétarienne. Le capitalisme monopoliste est devenu dominant dans les pays du capitalisme avancé. Le capital financier est né de la fusion du capital bancaire et du capital industriel. L’exportation du capital excédentaire a pris le dessus sur l’exportation des marchandises excédentaires.

Les sociétés monopolistes des pays impérialistes se sont assemblés et se sont concurrencées entre elles en formant des cartels, des associations et des alliances. Les puissances coloniales et impérialistes ont divisé le reste du monde en colonies, semi-colonies et pays dépendants en termes politiques tout comme sources de matières premières, de marchés, de terrains d’investissement et de sphères de l’influence, en termes économiques. Mais elles ont continué à lutter pour un repartage du monde selon le rapport de force changeant entre elles.

Comme la bourgeoisie à l’époque du capitalisme de libre concurrence, la bourgeoisie monopoliste a utilisé le slogan du « libre-échange » pour pénétrer les marchés étrangers et pour y accroître ses investissements directs et indirects. Mais dans leur concurrence, les puissances impérialistes sont en fait devenues de plus en plus protectionnistes économiquement et agressives politiquement. Elles ont été guidées par leur intérêt national vers la première guerre inter-impérialiste, la Première Guerre mondiale.

Kautsky et ses disciples, qui sont devenus dominants dans la Deuxième Internationale, ont interprété l’expansion globale du capital impérialiste comme un processus unilinéaire continu de dissolution des formations pré-capitalistes et de développement effectif du capitalisme industriel dans les pays arriérés. Mais Lénine a correctement souligné le développement inégal et spasmodique du capitalisme, les crises récurrentes qui aggravent la surproduction et le caractère décadent, agressif et destructeur de l’impérialisme.

Il s’est opposé à la ligne opportuniste et révisionniste de Kautsky, qui a favorisé le social-chauvinisme, le social-pacifisme et le social-impérialisme. Après avoir bien saisi les leçons de la Commune de Paris et la nécessité d’amener la dictature du prolétariat par la lutte de classe, il était bien préparé pour diriger les Bolcheviks, le prolétariat et le peuple dans l’accomplissement de la grande Révolution socialiste d’Octobre en Russie.

Cet énorme pays avec ces quelques îles de développement industriel dans un océan féodal et médiéval, était le plus faible parmi les puissances impérialistes et était lui-même objet de pénétration et de manipulation par les puissances impérialistes concurrentes plus puissantes. En même temps, c’était un véritable oppresseur géant des nations et des peuples dans l’Empire russe. Le prolétariat et le peuple ont dû faire face au tsarisme, qui représentait le féodalisme et le médiévalisme, et également à la bourgeoisie qui dominait le secteur industriel moderne et qui essayer de décapiter la révolution.

Lénine a vu les conditions d’appauvrissement et de désespoir de la Russie comme favorables pour l’avancé du parti bolchevik comme parti révolutionnaire du prolétariat, menant les larges masses du peuple pour renverser le tsarisme et pour instaurer la république démocratique, rassemblant les masses paysannes en tant qu’allié de mase digne de confiance du prolétariat, par la nationalisation de la terre et la réforme agraire et mobilisant le prolétariat avec l’exigence de la journée de huit heures.

Lénine était conscient de la nécessité d’effectuer une révolution en deux étapes, où la démocratie doit d’abord être gagnée contre le féodalisme et la répression, et où le socialisme doit être établi et développé ensuite. Pour que la classe ouvrière mène une telle révolution en deux étapes, elle doit pouvoir constituer l’Armée Rouge et mobiliser le peuple pour briser l’appareil militaire et bureaucratique de l’Etat contre-révolutionnaire. Elle doit se fonder sur l’alliance ouvriers-paysans, y compris les soldats d’origine ouvrière et paysanne. Ainsi, les Bolcheviks ont réussi à défaire le tsarisme et puis la bourgeoisie et à construire le premier pays socialiste viable sur un sixième de la terre.

2. Validité de la Révolution d’Octobre en dépit de la désintégration de l’Union soviétique et d’autres sociétés socialistes

La Révolution d’Octobre 17 est parvenue à représenter tous les grands accomplissements révolutionnaires du Parti bolchevik de Lénine et de Staline en instaurant la dictature du prolétariat comme condition requise de la révolution socialiste, surmontant la guerre civile et l’intervention militaire étrangère, rétablissant l’économie par des mesures de transition, construisant l’industrie socialiste, collectivisant et mécanisant l’agriculture, développant le système d’éducation et culturel de la classe ouvrière, soutenant le mouvement communiste international, combattant et défaisant le fascisme et promouvant davantage la révolution et la construction socialiste face aux menaces de l’impérialisme états-unien après la Seconde Guerre mondiale.

Ces réalisations ne pourront jamais être niées. Les révolutions socialistes en Europe de l’Est, en Asie et ailleurs se sont inspirées de la Révolution d’Octobre, des accomplissements de l’Union soviétique et du travail de la Troisième Internationale. L’Union soviétique était incontestablement un pays socialiste pendant les décennies de 1917 à 1956. Ses grandes réalisations n’ont pas pu être complètement détruites d’un jour à l’autre. Cela a pris des décennies aux révisionnistes modernes pour renverser et démanteler le socialisme, depuis le coup anti-Staline de Khrouchtchev en 1956 à la restauration manifeste et complète du capitalisme et la désintégration de l’Union Soviétique en 1991.

Il y a des principes et des leçons à tirer des expériences positives du Parti bolchevik et de l’Union soviétique aussi bien que des expériences négatives impliquant les opportunistes de « gauche » et de droite (représentés par Trotski et Boukharine, respectivement) et les révisionnistes modernes de Khrouchtchev à Gorbatchev. Depuis l’extérieur, les impérialistes ont lancé une série d’attaques contre l’Union soviétique, y compris la guerre d’intervention étrangère, le blocus économique et militaire, l’invasion fasciste et la Guerre froide. Ceux-ci n’ont pas vaincu l’Union soviétique. Mais l’ennemi le plus mortel de l’Union soviétique s’est avéré être le révisionnisme moderne, la cause principale de sa destruction finale.

En ce qui concerne le combat contre l’impérialisme, le révisionnisme classique et la réaction et l’entreprise de la révolution et la construction socialiste la construction, la Révolution d’Octobre et les enseignements de Lénine demeurent valides et appropriés à ce jour. Mais en combattant le révisionnisme moderne, nous devons étudier et apprendre de l’histoire de l’Union soviétique et d’autres anciens pays socialistes les leçons sur la façon dont les bureaucrates et les intellectuels se sont dissociés de la classe ouvrière et la façon dont ils ont abandonné la lutte de classe et la position de classe du prolétariat révolutionnaire. À cet égard, nous devons comprendre la lutte de Mao contre le révisionnisme moderne depuis 1956 et sa théorie et pratique de la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat depuis 1966.

La théorie et la pratique de Mao en ce qui concerne la poursuite de la révolution visait à combattre le révisionnisme moderne et à empêcher la restauration du capitalisme et à consolider le socialisme en Chine. Elle a obtenu des victoires au cours des dix ans de la grande Révolution Culturelle prolétarienne, de 1966 à 1976. Bien qu’elle ait été par la suite défaite, elle a réussi à poser le problème du révisionnisme moderne et à présenter certains principes et méthodes pour résoudre le problème. Elle constitue un important enseignement pour les révolutionnaires prolétaires et pour qu’ils se développent davantage afin d’expliquer la désintégration des anciens systèmes socialistes et éviter la restauration du capitalisme quand dans l’avenir ils établiront et développeront les sociétés socialistes dans plusieurs pays, jusqu’à ce qu’ils puissent défaire l’impérialisme à l’échelle globale et amener le communisme.

Dans cette période de défaite provisoire du socialisme à l’échelle globale, les révolutionnaires prolétaires doivent être capables répondre aux questions du prolétariat et des peuple au sujet du passé, du présent et du futur de la cause révolutionnaire du socialisme. Ils doivent faire face aux déclarations des impérialistes et des réactionnaires que le socialisme est mort. Suite à la désintégration de l’Union Soviétique et d’autres systèmes où régnait le révisionnisme, les ennemis du socialisme ont propagé des notions qui ont pour but de démoraliser le prolétariat et le peuple.

De telles notions sont les suivantes : il n’y aurait pas de socialisme scientifique mais seulement un socialisme utopique et irréaliste, l’enrichissement personnel plutôt que les préoccupations sociales pourraient créer l’équilibre et le progrès social, que l’histoire ne peut pas aller au-delà du capitalisme et de la démocratie libérale, que l’ère de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne est révolu, que la « mondialisation néolibérale » est le moyen du développement global du capitaliste et que les luttes des peuples pour la libération nationale, la démocratie et le socialisme sont vaines.

En fait, le monde n’a pas dépassé l’ère de l’impérialisme moderne et de la révolution prolétarienne, justement à cause de la vaste mais temporaire défaite du socialisme provoquée par le révisionnisme moderne. Les conditions globales ont régressé au niveau de celles avant la Révolution d’Octobre, quand il n’y avait aucun pays socialiste comme rempart de la révolution prolétarienne mondiale et quand les puissances impérialistes semblaient pouvoir faire tout ce qu’elles voulaient contre les masses laborieuses.

Avec la naissance du révisionnisme moderne et finalement avec la restauration complète du capitalisme dans les grands Etats socialistes, les conditions de l’oppression et de l’exploitation des travailleurs par l’impérialisme et la réaction se sont aggravés davantage. Mais la résistance du peuple augmente fermement à l’échelle mondiale.

Dans un temps très court, la concentration et la centralisation du capital dans les pays impérialistes et la chronicité et l’intensité de la crise économique et financière se sont aggravés plus que jamais sous les auspices de la « mondialisation néolibérale ». Ceci a mené à l’intensification de la production militaire, au terrorisme d’Etat et aux guerres d’agression.

Nous sommes pratiquement de retour aux Etats du grand désordre d’avant la Première Guerre mondiale, mais qui étaient le prélude à l’émergence du premier pays socialiste.

Tant qu’il y aura de l’oppression et de l’exploitation par la bourgeoisie monopoliste, il y aura de la résistance du prolétariat et des peuples du monde. La lutte épique entre la bourgeoisie et le prolétariat se poursuit. De même que toutes les formes concrètes de luttes nationales et de lutte des classes dans divers pays. Le peuple ne veut pas que l’enrichissement de certains les rendent victimes sans fin. Ils ont combattu pour leur libération nationale et sociale contre l’impérialisme et de la réaction. Et ils luttent pour que davantage de liberté et de justice sociale prévalent et se maintiennent sous les principes du socialisme scientifique.

La nécessité d’un parti révolutionnaire du prolétariat est toujours en vigueur. Sa tâche est de mener le prolétariat et le peuple à effectuer la révolution par étapes sur la base des conditions concrètes. Il maintient la ligne idéologique marxiste-léniniste contre le révisionnisme moderne et toutes formes de subjectivisme. Il s’assure que la ligne politique générale ne puisse pas être détournée par l’opportunisme de « gauche » ou de droite et qu’elle puisse amener la victoire de la démocratie et du socialisme contre l’impérialisme et toutes les formes de réaction. Il concentre la volonté collective et la force matérielle des révolutionnaires prolétariens en suivant le principe organisationnel du centralisme démocratique.

Le parti révolutionnaire du prolétariat doit réveiller, organiser et mobiliser les larges masses du peuple par diverses formes de lutte. La forme la plus importante de lutte est finalement de briser la machine militaire et bureaucratique de l’Etat contre-révolutionnaire et d’établir la dictature du prolétariat ou la dictature démocratique du peuple sous la direction de la classe ouvrière, selon les conditions concrètes.

3. Traiter les conditions et les défis du 21e siècle

Sur base des conditions et des tendances contemporaines que nous voyons clairement, nous pouvons être optimistes que dans la décennie prochaine les peuples intensifieront d’une manière importante et sur une échelle sans précédent, leur lutte révolutionnaire pour la libération nationale, la démocratie et le socialisme, contre l’impérialisme et la réaction. Voici les conditions principales que les révolutionnaires prolétariens devront traiter au 21e siècle, en particulier dans les premières décennies que nous vivons maintenant. Le siècle sera trop long pour de grands sauts dans l’avance cumulative des forces révolutionnaires ou trop court pour l’époque historique entière requise pour que le socialisme maîtrise le capitalisme.

D’abord, soulignons immédiatement que la désintégration des systèmes où régnait le révisionnisme a mené à la crise aiguë du système capitaliste mondial et à l’oppression et à l’exploitation déchaînée des travailleurs par l’impérialisme et la réaction. Les Etats-Unis ont été clairement à la tête de la création de la crise économique, de l’agitation politique et des guerres d’agression. Ils ont profité d’une position sans précédent d’unique superpuissance aux commandes d’un système capitaliste évidemment élargi par l’intégration complète de presque tous les anciens pays où régnait le révisionnisme.

Mais l’expansion du système capitaliste mondial a mené réellement à une augmentation du nombre de puissances impérialistes et à l’intensification des contradictions inter-impérialiste. Le monde ne peut s’accommoder de trop de puissances impérialistes. L’alliance impérialiste menée par les Etats-Unis est frappée par une crise, particulièrement avec le phénomène de la stagflation, quand les perdants de la Seconde Guerre mondiale ont été reconstruits et renforcés économiquement vers la fin des années 60. L’arrivée de la Russie, de la Chine et de l’Inde comme grands joueurs dans le terrain de jeu de l’impérialisme augure d’autres crises et problèmes pour le Groupe original des 7 et des pays initiaux de l’OCDE.

En second lieu, la politique « de la mondialisation néolibérale » a connu un grand échec en surmontant le problème de la stagflation sous le keynésianisme et en évitant aux puissances impérialistes une pire crise économique et financière. Le problème de la stagflation est persistant et a été simplement dissimulé par les niveaux élevés d’endettement des pays impérialistes et des pays sous-développés. Les puissances impérialistes, les Etats-Unis en tête, ont appliqué la politique « de la mondialisation néolibérale » (dénationalisation, libéralisation, privatisation et déréglementation des économies) aux dépens du prolétariat du monde, des nations et des peuples opprimés. Et ils ont aggravé et approfondi la crise de surproduction et du capital financier et poussé les puissances impérialistes à se concurrencer entre elles et à d’adopter des mesures protectionnistes comme dans les décennies avant la Première Guerre mondiale et avant la Seconde Guerre mondiale.

La politique de la « mondialisation néolibérale » a causé une telle crise que les USA ont eu recours au keynésianisme militaire. L’administration de Bush a cherché à stimuler l’économie des USA en intensifiant la production militaire. À cet égard, elle a également lancé l’hystérie de guerre, les guerres de l’agression et le terrorisme d’état sur une échelle globale sous le prétexte de combattre le terrorisme et des prétendus Etats voyous. Mais le problème avec la production militaire élevée est qu’il a peu de potentiel d’emploi. Les USA ont également maintenu un à niveau élevé de consommation en externalisant des marchandises, en accroissant le déficit de la balance des paiements et encourant une dette extérieure excessivement grande.

Troisièmement, en dépit de l’échec éclatant « de la mondialisation néolibérale» qui constitue réellement un appât du gain déchaîné des monopoles, camouflés par le terme petit-bourgeois de « marché libre », la bourgeoisie monopoliste continue à camoufler ses idées et politiques en termes petit-bourgeois et donne le plein jeu à l’idéologie petite bourgeoise comme instrument pour subjuger non seulement la petite bourgeoisie mais également les travailleurs à propos des réalités sociales, économiques, politiques et culturelles. Ainsi, les impérialistes financent et encadrent les organisations non gouvernementales (ONG) sous contrôle de la petite bourgeoise réformiste et les présentent comme la « société civile » et comme la partie populaire de « l’entente sociale » à trois des Etats, des milieux d’affaires et d’une population docile.

La bourgeoisie monopoliste utilise un éventail d’instruments (le système culturel et d’éducation, les mass media, le processus électoral, les think tanks, les instituts de politique, les fond de charités, les établissements religieux, etc.) pour promouvoir les idées de la grande et de la petite bourgeoisie afin de prévenir la réapparition de l’idéologie révolutionnaire prolétarienne et des mouvements de masse révolutionnaires contre l’impérialisme et pour le socialisme.

Bien sûr, les divers courants petits bourgeois déguisés en prolétaire, tel que le révisionnisme classique (démocratie sociale), le trotskisme et le révisionnisme moderne sont toujours prêts à aider la bourgeoisie monopoliste et à tenter de contourner la théorie et la pratique du véritable marxisme-léninisme.

Mais quels que soit l’intelligence des pièges idéologiques et politiques de la bourgeoisie monopoliste, ceux-ci deviennent futiles pendant que la crise du système capitaliste mondial empire et que les révolutionnaires prolétaires et le mouvement de masse révolutionnaire surgissent, persévèrent et développent davantage la lutte révolutionnaire. Comme à la veille de la Révolution d’Octobre, depuis la défaite de la révolution de 1905 jusqu’à la révolution de février 1917, quand les bolcheviks semblait peu nombreux et faibles, leurs successeurs révolutionnaires prolétaires d’aujourd’hui apparaissent pareils, particulièrement au lendemain de la désintégration des systèmes où régnait le révisionnisme, de 1989 à 1991. Mais une fois de plus, les conditions objectives sont favorables pour la réapparition des forces révolutionnaires du prolétariat et du peuple.

Quatrièmement, l’utilisation des technologies de pointe dans la production et la consommation sous les auspices de la « mondialisation néolibérale» a accéléré la concentration et la centralisation du capital dans quelques pays impérialistes. Ceci a aggravé la crise de surproduction dans tous les types des marchandises et de services. Au lendemain de chaque crise de surproduction, on constate une augmentation du chômage de longue durée et une baisse des revenus. La destruction des forces productives n’est pas suivie par un nouvelle vague d’expansion de la production et de l’emploi.

L’adoption des technologies de pointe par la bourgeoisie monopoliste dans le but de maximiser ses bénéfices, d’accumuler du capital et de réduire le capital variable du travail, peut seulement aggraver la crise de surproduction et le rétrécissement du marché. Les technologies de pointe utilisées pour déterminer les besoins et la demande du marché, l’extension de la production et l’accélération de la distribution conviennent au socialisme et non au monopole capitaliste.

Les technologies de pointe pour rassembler, stocker, traiter et communiquer l’information et les connaissances sont principalement en main de la bourgeoisie monopoliste. Ce genre de technologies sont utilisées pour favoriser l’idéologie et la politique bourgeoises des monopoles avec les fioritures de la phraséologie petite bourgeoise, pour propager l’idéologie petite bourgeoise de l’intérêt personnel et occuper le public avec le message du consumérisme, des sports et des loisirs. La plupart des ordinateurs personnels et d’autres instruments de diffusion de l’information sont aux mains de la petite bourgeoisie, en particulier des professionnels et de la jeunesse avec un niveau élevé d’enseignement traditionnel. Cependant, à mesure que la crise du système capitaliste mondial s’approfondit, la petite bourgeoisie devient plus mécontente et plus inclinée à rejoindre les travailleurs dans des alliances progressistes contre l’impérialisme et la réaction.

C’est un signe de désespoir et de faiblesse pour la bourgeoisie monopoliste d’avoir été forcée, par la crise et la concurrence, à dégager des bénéfices pour de nouveaux produits en commercialisant la technologie de l’information et d’autres formes de technologie réservées aux militaires. Aujourd’hui, ces technologies sont ouvertement disponibles et peuvent être employées par les forces révolutionnaires pour l’information, les campagnes éducatives et pour lancer des offensives tactiques. Les outils multimédia des ordinateurs personnels sont employés pour propager la théorie révolutionnaire, les messages politiques et pour mobiliser des personnes pour des actions de masse. Les téléphones portables sont employés pour des offensives tactiques précises par les armées révolutionnaires.

Cinquièmement, les contradictions entre les travailleurs du monde et les puissances impérialistes et de la réaction s’intensifient. Il en est de même pour les pays affirmant leur indépendance nationale face aux puissances impérialistes. Les puissances impérialistes se trouvent de plus en plus en désaccord avec les institutions politiques et économiques qu’elles ont créé pour harmoniser leurs relations contre les travailleurs du monde.

L’aggravation continue de la crise du système capitaliste mondial dans le cadre de la politique de la « mondialisation néolibérale» peut pousser les puissances impérialistes à recourir au keynésianisme, à davantage à de capitalisme monopoliste d’Etat, à la concurrence intensifiée entre monopoles, au protectionnisme et aux guerres d’agression pour la redivision du monde. L’intensification des contradictions inter-impérialiste produit des conditions plus favorables à la résistance du prolétariat et des peuples du monde.

Les partis révolutionnaires du prolétariat doivent diriger la résistance du peuple dans tous les pays, dans les pays impérialistes et dans les pays dominés. L’augmentation des puissances impérialistes en concurrence approfondit la crise dans chaque pays impérialiste. Le prolétariat dans chaque pays est conduit par l’aggravation des conditions à intensifier la résistance par des grèves, des manifestations et d’autres actions concertées. Les travailleurs et les nations opprimées et les peuples souffrant le plus du pillage et de la guerre impérialistes sont les plus proches de la révolution armée.

Les conditions de la crise actuelle amènent les questions immédiates de la lutte contre les monopoles capitalistes et la réaction locale. Mais en recrutant et en formant leurs membres, les partis révolutionnaires du prolétariat doivent leur inculquer la mission historique de la construction du socialisme, y compris la théorie et la pratique de la poursuite de la révolution sous la dictature du prolétariat. Il est nécessaire de contrer la propagande de l’ennemi selon laquelle le socialisme a été victorieux jusqu’à un certain point, puis aurait échoué. Il est nécessaire d’assurer le prolétariat et le peuple que le révisionnisme moderne et la restauration du capitalisme peuvent être empêchés et que le socialisme peut être consolidé en plusieurs étapes jusqu’à ce qu’il prenne le dessus sur l’impérialisme à l’échelle globale et atteigne le seuil du communisme.

Contribution au 16ème Séminaire communiste international

Bruxelles, 4-6 mai 2007

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