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[PHILIPPINES] Le Parti Communiste des Philippines à propos des élections réactionnaires soumises à un double pouvoir

03/02/2010

(source : http://ndfp.net/joomla/index.php?option=com_content&task=view&id=779&Itemid=53 27/02/10 traduction Futur Rouge)


Les autorités révolutionnaires demandent aux candidats d’observer les politiques au sein des zones révolutionnaires –Parti Communiste des Philippines

Depuis plusieurs semaines maintenant, les officiels et les porte-paroles des Forces Armées des Philippines (AFP) ont intensifié leurs attaques de sale guerre psychologique contre les forces révolutionnaires, dénigrant leur politique exigeant que les partis politiques et les candidats respectent les règles et les directions concernant le déroulement des élections réactionnaires au sein des régions sous juridiction révolutionnaire.

Il est regrettable que l’avis émis l’autre jour par la Commission des Droits de l’Homme se soit retrouvé d’une manière ou d’une autre prise dans la toile des contes à dormir debout tissée par l’AFP. Celle-ci a étiqueté l’émission d’autorisations par les autorités révolutionnaires pour faire campagne comme une «forme d’extorsion » en «violation des droits humains et de la loi humanitaire internationale », y compris les « droits à la participation électorale et au suffrage » ainsi que les « droits d’égalité, de libre expression, de liberté de mouvement et de la liberté contre la discrimination ».

Etant donné les effets accrus de la guerre psychologique environnant l’avis et la confusion que de tels effets ont provoqués dans d’autres décisions, nous avons besoin maintenant de clarifier notre position dans cette affaire. Nous sommes sûrs que le CHR et sa direction garde l’esprit ouvert et donnera l’attention nécessaire aux réelles questions politiques et socio-historiques entourant l’affaire. Pour une complète compréhension, l’affaire doit être vue, cependant, d’un point de vue socio-historique plus large, et pas seulement du point de vue défini par le système réactionnaire dominant, encore moins de la manière avec laquelle le gouvernement réactionnaire des forces fascistes et des hommes politiques réactionnaires veulent la faire apparaître.

Le Parti Communiste des Philippines et l’ensemble du mouvement révolutionnaire s’en tiennent avec exactitude à leurs politiques sur l’inscription et la conduite des candidats dans les élections réactionnaires au sein des régions sous la juridiction des autorités révolutionnaires. Le CPP et l’ensemble du nouveau mouvement révolutionnaire démocratique respectent, protègent et se battent entièrement pour les droits humains de la population et de la loi humanitaire internationale, et ses droits de libre expression, de liberté de mouvement et de liberté contre la discrimination. Il est donné une attention importante à l’intérêt et aux droits des masses.

Au coeur de cette question se trouve le fait que le mouvement révolutionnaire dirigé par le CPP n’est pas un «acteur non-étatique » vu qu’il dispose de son propre pouvoir d’état et dirige son propre gouvernement. Il existe en fait dans le pays aujourd’hui une double puissance politique. Sur plus de 120 fronts de guérilla nationale démocratique aujourd’hui, il existe pratiquement deux gouvernements et deux systèmes politiques. D’un côté, il y a l’état fantoche réactionnaire dirigeant qui représente, protège et fait progresser les intérêts des classes dirigeantes des impérialistes et des propriétaires terriens, des grands compradors bourgeois et des grands capitalistes bureaucrates. De l’autre, il y a le gouvernement populaire révolutionnaire émergeant et grandissant et de nouveaux organes démocratiques de pouvoir politique qui représente, protège et fait professer les intérêts des masses opprimées et exploitées, et qui règne sur de larges parties du pays. Ces deux gouvernements, leurs forces armées et leurs disciples sont actuellement coincés dans une guerre civile qui dure depuis plus de 40 ans maintenant.

Dans de nombreuses régions de la campagne, ces deux gouvernements existent côte à côte et où le pouvoir politique effectif est déjà de plus en plus exercé par l’émergeant Etat démocratique populaire et le mouvement révolutionnaire alors même que l’Etat réactionnaire dirigeant reste officiellement au pouvoir et que certaines activités du système réactionnaire, telles que les élections réactionnaires se poursuivent à des degrés divers.

Les autorités révolutionnaires laisse libres cours à des activités politiques révolutionnaires et gouvernementales dans les régions révolutionnaires. Les élections authentiquement démocratiques sont menées dans les régions révolutionnaires où les masses peuvent sélectionner librement les officiels qui les servent dans un système vraiment démocratique.

En contraste, les élection de l’Etat et du système réactionnaire fantoche dominant sont grotesques et servent seulement de cirques pour les masses et de concours concentrés sur la supériorité par les armes, les milices et l’or parmi les partis réactionnaires de l’élite et des candidats. Il n’y a aucun exercice réel de la démocratie. Pire, ce sont les masses et les quelques partis et candidats progressistes en lice pour le bureau et leurs disciples qui sont le plus souvent devenus les victimes de la violence et des tactiques grossières qui caractérisent les élections réactionnaires.
Cependant, dans la mesure où les masses ont encore quelque chose à gagner des élections réactionnaires, le mouvement révolutionnaire autorise l’exercice libre d’élections réactionnaires dans les régions révolutionnaires. Mais, en faisant cela, les autorités révolutionnaires doivent prendre des mesures pour s’assurer que ces exercices politiques réactionnaires et gouvernementaux restants sont menés d’une manière qui reste compatible avec les droits et les intérêts de la population et ne les violera pas, et puissent encore leur bénéficier d’une manière ou d’une autre.
Par conséquent, le mouvement révolutionnaire, par l’intermédiaire de ses organes dûment constitués, maintient des politiques et des lignes directrices sur les questions des élections réactionnaires au sein des régions révolutionnaires. Dans la pratique, tous les partis politiques des Philippines, leurs homologues locaux et leurs candidats, sauf les fascistes les plus farouches et activement contre-révolutionnaires, reconnaissent ces politiques et ont coopéré, à un degré ou à un autre, avec les autorités révolutionnaires afin de soutenir ces politiques.

Ces politiques ont été longuement exigées par la population victime d’élections pourries, de l’absence d’une vraie démocratie et du mépris de ses droits humains dans le système socio-économico-politique semi-colonial, semi-féodal dominant. Les masses paysannes particulièrement ont été longtemps les victimes des politiciens, des propriétaires fonciers tyranniques, des seigneurs de la guerre et des bureaucrates fascistes qui influencent les votes non pas à travers des discours démocratiques, mais à travers une pure force armée, la menace et l’intimidation. Ils emploient des brutes armées et même les forces militaires et policières du gouvernement pour éliminer ou menacer les candidats de l’opposition ainsi que leurs partisans. Les gros politiciens soudoient les seigneurs de guerre locaux avec des millions de pesos pour l’achat en gros des votes de l’entièreté des clans et des communautés.

L’objectif principal de publier ces lignes directrices est de s’assurer que les activités de campagne relatives aux élections ne violent pas les droits et les intérêts de la population et sont menées de manière disciplinée et pacifique. De nombreux partis politiques et les candidats qui respectent sincèrement ces directives sont en fait devenus des alliés du mouvement révolutionnaire et ont été utiles dans les entreprises de coopération bénéfiques pour les masses.

Les partis politiques et leurs candidats ont rencontré volontairement les représentants des autorités révolutionnaires afin de discuter ces lignes directrices et de forger des engagements pour respecter et soutenir ces politiques et les mesures qu’elles contiennent. Ces meetings sont menés librement, même si secrètement, aux niveaux nationaux, régionaux, provinciaux et locaux.

Parmi d’autres, ces lignes directrices s’assurent d’abord et avant tout que les intérêts des masses dans la région sont protégés et qu’on les fait progresser. Elles empêchent l’accès des brutes armées, y compris les escortes militaires et policières ainsi que les armées privées accompagnant les candidats. Elles interdisent l’exercice des tactiques d’élections sales, y compris l’utilisation de pots-de-vin pour acheter les votes. Elles exigent la coordination avec les organisations populaires dûment constituées dans le but de faciliter l’inscription et les activités de campagnes douces et de prévenir les incidents malencontreux.

Les représentants du gouvernement populaire et des organisations populaires tirent parti de ces consultations pour discuter des problèmes spécifiques de la population au sein de l’étendue de leur autorité et de ce qui peut être fait mutuellement pour promouvoir les programmes socio-économiques, médicaux, d’éducation, littéraires et culturels menés par les organisations populaires locales. Dans ces meetings, il est également donné l’opportunité aux candidats et aux partis de discuter leurs programmes gouvernementaux. Des zones de rencontre possible d’idées, de coopération et de coordination sont discutés.

Les forces révolutionnaires se réservent le droit d’empêcher l’inscription de candidats qui ont été coupables de crimes graves contre le peuple et le mouvement révolutionnaire, y compris les incorrigibles fonctionnaires corrompus qui ont pillé l’argent du peuple, les magnats de la drogue, les patrons d’enlèvements en vue d’obtenir une rançon ainsi que ceux qui collaborent activement avec les forces d’état fascistes et qui utilisent leur «campagne » au service des manoeuvres militaires offensives, des services de renseignements et d’opérations de guerre psychologique. Les partis et les individus qui ont commis de sérieuses transgressions contre le peuple sont considérés persona non grata et par conséquent sont interdits d’entrée dans les régions sous juridiction révolutionnaire. On ne peut pas les autoriser à se cacher derrière la cape de leurs soi-disant droits démocratiques juste pour piétiner les droits de la population.

Ces dernières années, ces politiques ont efficacement éliminé les incidents violents liés aux élections dans les régions sous juridiction révolutionnaire, excepté bien sûr ceux initiés et poussés par les forces de l’état fasciste et des coriaces propriétaires terriens réactionnaires.

En tant que puissance politique naissante, l’Etat populaire démocratique émergeant continue de s’efforcer à améliorer ses méthodes de leadership en éduquant continuellement la population et en l’impliquant directement, et en apprenant de ses expériences pour corriger ses erreurs.

Nous continuons à garder un esprit ouvert et à exprimer notre volonté pour échanger nos visions avec les partis intéressés. Par l’intermédiaire de nos représentants dans le National Democratic Front of the Philippines (NDFP – Front National Démocratique des Philippines), les forces révolutionnaires des Philippines sont disposées à discuter à fond la question avec les représentants du CHR. Nous sommes disposés à entendre leurs contributions dans l’espoir qu’elles accroissent la capacité des autorités révolutionnaires à exercer leur autorité politique et leur gouvernance démocratique.

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