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Renault Douai : les salariés anticipent le mouvement de grève et prennent de court les syndicats

03/05/2010

(source : La Voix du Nord 05/03/10)


Deux assemblées générales étaient prévues à 11 h et à 16 h …

- une pour l’équipe du matin, une pour celle de l’après-midi – afin de décider de la mobilisation pour une prime de 1 000 E par salarié. Pourtant, dès 5 h 30, en arrivant à l’usine Georges-Besse, beaucoup ont décidé de ne pas travailler. « Je n’avais pas vu ça depuis Vilvoorde », assure Lydie Librizzi, de la CFTC, faisant allusion à la mobilisation en 1997 contre la fermeture du site de Renault en Belgique. Elle assure avoir vu tous les ateliers à l’arrêt, tandis que la direction parle de 320 grévistes.

L’intersyndicale CFTC-SUD-CGT Confédérés (à ne pas confondre avec la CGT historique, les désaccords entre syndicats étant nombreux dans l’entreprise), réunie à 11 h à l’entrée de l’usine, reconnaît avoir été prise de court. « Venez demain voir le résultat », auraient lâché avant-hier quelques salariés à leurs représentants. Qui ont découvert des banderoles, des caisses « 1 000 E » brandies dans les ateliers. « Nous aimons notre usine, mais nous voulons prévenir les dirigeants à Douai et à l’échelon national : attention à ne pas vous faire dépasser par la base », assure Lydie Librizzi. Car la direction douaisienne ne peut que subir les débordements, sans apporter de réponse aux revendications. Elle explique que face aux deux chaînes de montage ralenties par la grève, les managers ont décidé vers 11 h d’en fermer une pour avoir un fonctionnement normal sur la deuxième. La Mégane coupée cabriolet fabriquée à Douai est très attendue par les concessionnaires.

1000 E par salarié

Dans toute la France, les salariés de Renault sont mobilisés pour une revalorisation des salaires. A l’usine Georges-Besse, depuis environ deux semaines, les récriminations se concentrent sur les primes attribuées en 2010. L’an dernier, à cause de la crise, cadres et salariés avaient dû faire une croix dessus.

Cette année, les syndicats assurent que l’entreprise a prévu de débourser 27 millions d’euros pour ses 55 000 salariés (soit une prime de 500 E par personne) contre 32 millions d’euros pour récompenser 2 800 de ses cadres. « La direction a inventé un nouveau métier, trader chez Renault », ironise Lionel Lérèche, du syndicat SUD.

Une annonce qui s’ajoute à une année de crise, un déficit partiellement comblé par l’Etat qui alimente des investissements à l’étranger… Il semble que les salariés qui se sont mobilisés n’avaient pas besoin de leurs syndicats pour se mobiliser. Leur ras-le-bol suffisait. Les deux assemblées générales ont finalement conclu à une poursuite de la grève lundi. Reste à savoir lundi (aujourd’hui est un jour de chômage technique) si le mouvement sera toujours aussi suivi. •

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